Yves Klein (1928-1962)
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Yves Klein (1928-1962)

Monochrome bleu sans titre, (IKB 206)

Details
Yves Klein (1928-1962)
Monochrome bleu sans titre, (IKB 206)
pigment et résine synthétique sur papier
21.5 x 18 cm.
Réalisé en 1959.

dry pigment and synthetic resin on paper
8 1/2 x 7 1/8 in.
Executed in 1959.
Provenance
Galleria Obelisco, Rome
Galleria Blu, Milan
Galleria Martano, Turin
Collection privée, Europe
Vente anonyme, Sotheby's, Milan, 27 mai 2014, lot 44
Acquis lors de cette vente
Exhibited
Turin, Galleria d'Arte Martano, Yves Klein, novembre-décembre 1969, No. 16 (illustré au catalogue d'exposition).
Rome, Galleria Obelisco, Yves Klein: le monochrome, janvier 1970.
Paris, Galerie Gradiva, Exposition inaugurale, mai-juillet 2014.
Special notice

Artist's Resale Right ("droit de Suite"). If the Artist's Resale Right Regulations 2006 apply to this lot, the buyer also agrees to pay us an amount equal to the resale royalty provided for in those Regulations, and we undertake to the buyer to pay such amount to the artist's collection agent.

Brought to you by

Paul Nyzam
Paul Nyzam Head of Department

Lot Essay

« Il y a un au-delà imaginaire, un au-delà pur, sans en-deçà. D’abord il n’y a rien, ensuite il y a un rien profond, puis une profondeur bleue ». - Yves Klein

"There is an imaginary beyond, a pure beyond, with no beyond. First there is nothing, then there is a deep nothing, then a blue depth." - Yves Klein


A la question pourquoi ce bleu? Yves Klein répond dans une Conférence à la Sorbonne donné le 3 juin 1959 en empruntant un passage de L’Air et les songes de Gaston Bachelard : « Les autres matières durcissent les objets. Dans le domaine de l’air bleu plus qu’ailleurs, on sent que le monde est perméable à la rêverie la plus indéterminée. C’est alors que la rêverie a vraiment de la profondeur. Le ciel bleu se creuse sous le rêve. Le rêve échappe à l’image plane. Bientôt, d’une manière paradoxale, le rêve aérien n’a plus que la dimension profonde. Les deux autres dimensions où s’amuse la rêverie pittoresque, la rêverie peinte, perdent de leur intérêt onirique. Le monde est alors vraiment de l’autre côté de la glace sans tain. Il y a un au-delà imaginaire, un au-delà pur, sans en-deçà. D’abord il n’y a rien, ensuite il y a un rien profond, puis une profondeur bleue. ».

Yves Klein réalise ce Monochrome IKB 206 la même année que cette conférence où il explicite les éléments fondamentaux de sa recherche artistique. Le bleu du ciel, de la nuit et de la mer se comprennent chez Klein comme un seul et même bleu synonyme d’autant d’horizons infinis propices au rêve. Pour inventer cette couleur, Klein se réfère à la tradition picturale et poétique depuis la renaissance. Il lève la tête au plafond de la Chapelle Scrovegni pour admirer une nuit de Giotto, se baigne dans la Méditerranée, lit et relit Mallarmé et observe inlassablement le ciel. Il est en quête d’infini, de l’essence même de la peinture. Il confesse qu’il cherche ce que Delacroix nomme « l’indéfinissable » dans son journal. C’est dans le cadre d’une économie de moyens que le bleu Klein crée un espace sensoriel. Le vide profond, « matérialité sans matière », devient une matière pure, émancipée de la forme et de la représentation. Le bleu Klein se suffit à lui-même, figure d’absolu et de mystère.

Les bleus de Klein ne peuvent se confondre car leur particularité s’incarne avec une certaine matière. Ce monochrome réalisé en 1959 possède une surface texturée, accidentelle, riche qui lui confère son unicité. Dans la Conférence à la Sorbonne, Klein poursuit dans ce sens: « Chacune de ces propositions monochromes bleues, toutes semblables en apparence, sont reconnues par le public bien différentes les unes des autres, l’amateur passe de l’une à l’autre comme il convient et pénètre dans un état de contemplation instantané du monde bleu. ».


To the question why this blue? Yves Klein answered in a Conference at the Sorbonne given on June 3, 1959, by borrowing a passage from L'Air et les songes written by philosopher Gaston Bachelard: "The other materials harden the objects. In the realm of the blue air, more than elsewhere, one feels that the world is permeable to the most indeterminate reverie. This is when reverie produces really depth. The blue sky digs itself under the dream. The dream escapes the plane image. Soon, in a paradoxical way, the aerial dream only encompasses the deep dimension. The two other dimensions, where the picturesque reverie and the painted reverie amuse themselves, lose their dreamlike interest. The world then really finds itself on the other side of a one-way mirror. There is an imaginary beyond, a pure beyond, without any beyond. First there is nothing, then there is a deep nothing, then a blue depth.

Yves Klein produced this Monochrome IKB 206 the same year as this conference in which he explained the fundamental elements of his artistic research. The blue of the sky, the night and the sea are understood by Klein as one and the same blue, synonymous with infinite horizons conducive to dreams. To invent this color, Klein referred to the pictorial and poetic tradition since the Renaissance. He looked up at the ceiling of the Scrovegni Chapel to admire a night scene painted by Giotto, bathed in the Mediterranean Sea, read and reread Mallarmé and tirelessly observed the sky. He was in search of the infinite, of the very essence of painting. He confessed that he was seeing out what Delacroix called “the indefinable” in his journal. It is within the framework of an economy of means that Klein blue creates a sensory space. The deep void, “materiality without matter,” becomes pure matter, emancipated from form and representation. The Klein blue is self-sufficient, a figure of absolute and mystery.

Klein's blues cannot be confounded because their particularity is embodied in a certain matter. This monochrome created in 1959 has a textured, accidental, rich surface that conveys its uniqueness. In the Conference at the Sorbonne, Klein continues in this sense: “Each of these blue monochrome suggestions, all similar in appearance, are recognized by the public as being quite different from one another— the viewer passes from one to the other as is appropriate and enters a state of instantaneous contemplation of the blue world.”
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