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MASQUE FANG
GABON
Sont inscrites au revers du masque à l'encre blanche les initiales « EG ».
Hauteur : 31.5 cm. (12 3⁄8 in.)
Provenance
Collection Egon Guenther (1921-2015), Johannesbourg
Sotheby's, New York, African Art from the Egon Guenther Family Collection, 18 novembre 2000, lot 82
Collection Marie-Domitilla de Hemricourt de Grunne (1952-2014) et Philippe Guimiot (1927-2021), Bruxelles, acquis lors de cette vente
Sotheby's, Paris, Philippe Guimiot et Domitilla de Grunne. Collection d'art premier, 17 juin 2009, lot 30
Collection Jean-Louis Danis, acquis lors de cette vente
Further details
FANG MASK, GABON

Brought to you by

Alexis Maggiar
Alexis Maggiar International Head, Arts of Africa, Oceania & the Americas

Lot Essay

par Bernard Dulon

Le masque Ngontang, qui évoque l’esprit d’une jeune femme blanche, semble être une réponse coutumière à l’arrivée des Européens immédiatement perçus comme perturbateurs du monde Fang. La couleur blanche étant traditionnellement associée à l’univers des défunts et des esprits, la confusion fut sans doute à son comble et réclamait une forte riposte rituelle.

Ce masque Ngontang était bienveillant et intervenait lors des funérailles et autres grands évènements familiaux, mais aussi lors de cérémonies rendues en l’honneur des ancêtres. Son usage s’est généralisé dans tout le pays lors de la seconde moitié du XIXe siècle.

Plastiquement, il peut être composé d’un ou de plusieurs visages sculptés autour d’un cylindre de bois évidé. Lorsqu’il est constitué de plusieurs faces, seule l’une d’entre elles, la plus grande, possède des yeux percés afin de permettre la vision du danseur.

D’une extrême élégance, ce masque Ngontang montre un très grand visage incurvé suivant la configuration traditionnelle. La rigueur de sa composition et des tatouages coutumiers pyrogravés rappellent à s’y méprendre les dessins que le Pasteur Grébert exécuta chez les Fang dans le courant des années 1910.

Totalement aveugle, il constitue une singularité dans le corpus des Ngontang répertoriés à ce jour. Cependant il existe un masque du même artiste, en tout point similaire bien que légèrement plus grand de quelques centimètres que celui de la collection Danis1. Ses yeux sont ouverts et permettent le regard du danseur. Ces deux œuvres sont si semblables qu’il est difficile de les distinguer sur photos sans s’atteler à la tâche. Il devient donc envisageable de suggérer en ces lignes que ces deux masques ont certainement été conçus comme un binôme, fixés sur le même costume et portés par le même danseur.

by Bernard Dulon

The Ngontang mask, which evokes the spirit of a young white woman, seems to be a customary response to the arrival of Europeans, who were immediately perceived as disruptors of the Fang world. As the white colour was traditionally associated with the realm of the dead and spirits, the confusion was undoubtedly at its height and required a strong ritual response.

This benevolent Ngontang mask was used at funerals and other major family events, as well as during ceremonies in honour of the ancestors. It came into widespread use throughout the country in the second half of the 19th century.

Plastically, it may consist of one or more faces carved around a hollowed-out wooden cylinder. When it is made up of several faces, only one of them, the largest, has pierced eye sockets giving vision to the dancer.

Extremely elegant, this Ngontang mask displays a very large face curved in the traditional configuration. The rigour of its composition and the customary pyrographed tattoos are astonishingly reminiscent of the drawings made by Pastor Grébert among the Fang in the 1910s.

Totally blind, it is a singularity in the Ngontang corpus recorded to date. However, there is a mask by the same artist that is similar in every respect to this one, although a few centimetres taller than the one in the Danis collection1. Its eyes are open, allowing the dancer to see. These two works are so similar that it is difficult to distinguish them on photographs without paying great attention. It is therefore possible to suggest that these two masks were certainly conceived as a pair, attached to the same costume and worn by the same dancer

1 Ex-collection Olivier Le Corneur, ex-collection John Silberman, Sotheby’s, New York, 17 mai 2007, lot 139.

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