STATUE BANDA
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STATUE BANDA

RÉPUBLIQUE DÉMOCRATIQUE DU CONGO

Details
STATUE BANDA
RÉPUBLIQUE DÉMOCRATIQUE DU CONGO
Hauteur : 46 cm. (18 1⁄8 in.)
Provenance
Collection Xavier Bellouard, Mobaye, acquis ca. 1920
Transmis par descendance
Jean-Yves Coué, Nantes
Pierre Dartevelle (1940-2022), Bruxelles
Marc Leo Felix, Bruxelles (inv. n° FX 990201)
Geraldine et Darwin Reedy, Saint Paul, acquis auprès de ce dernier
Alain de Monbrison, Paris, acquis auprès de ce dernier
Collection Robert T. Wall, Telluride, acquis auprès de ce dernier en 2003 (inv. n° W-0352)
Sotheby's, New York, 14 mai 2010, lot 138
Collection Jean-Louis Danis, acquis lors de cette vente
Literature
Lehuard, R., Arts d'Afrique Noire, Arnouville, printemps 1999, n° 109, p. 41
Grunne (de), B., Masterhands. Afrikaanse beeldhouwers in de kijker. Mains de maîtres. A la découverte des sculpteurs d'Afrique, Bruxelles, 2001, p. 223, n° 78
Barbier-Mueller, J.-P., et alii, Arts & Cultures, Genève, 2004, n° 5, p. 297
Grootaers, J.-L., Ubangi. Art and Cultures from the African Heartland / Ubangi. Art et culture du cœur de l'Afrique, Bruxelles, 2007, p. 200, pl. V, n° 14
Exhibited
Bruxelles, Espace Culturel BBL, Masterhands. Afrikaanse beeldhouwers in de kijker. Mains de maîtres. A la découverte des sculpteurs d'Afrique, 2 mars - 24 juin 2001
Further details
BANDA FIGURE, DEMOCRATIC REPUBLIC OF THE CONGO

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Alexis Maggiar
Alexis Maggiar International Head, Arts of Africa, Oceania & the Americas

Lot Essay

par Bernard de Grunne

La statue Banda de la collection Danis fait partie d'un corpus restreint d’un sculpteur que j’ai nommé « le Maître de Mobaye », un des rares artistes identifiables de toute la région oubanguienne du nord Congo. La découverte en 2001 de ce nouveau style présentant une unité formelle aussi nette à l'occasion de mon exposition Mains de Maîtres montre que l'histoire de l'art africain peut nous réserver encore des surprises de nombreuses décennies après que la majorité des œuvres d'art ont quitté leur pays d'origine en Afrique1.

Le corpus du « Maître de Mobaye » compte huit statues très clairement de la même main et trois autres figures stylistiquement proches. Ces statues étaient utilisées par une société secrète initiatique dont les objectifs étaient d'accroître la chance des membres, de les protéger de tout mal, de régler les litiges et de consulter les oracles2.

Ce n’est qu’en 1969 que fut publiée3 la première sculpture du «Maître de Mobaye », appartenant au collectionneur et marchand de tableaux Joseph Hessel avant 1923. Une seconde statue ayant appartenu à Samuel M. Kootz, marchand de Picasso à New York, fut vendue aux enchères en 19834.

Sept autres statues par le « Maître de Mobaye », dont celle de la collection Danis, furent acquises par Xavier Bellouard durant son troisième séjour entre 1927 et 1930 comme chef de subdivision de Fort-Crampel en pays Banda5. Enfin, un dernier couple fut recueilli par Raymond Dauvin, en poste dans la région de l'Oubangui-Chari entre 1920 et 19226.

Définissons les principales caractéristiques formelles des figures du « Maître de Mobaye », toutes de taille moyenne (entre 40 et 46 cm). La tête est sculptée en forme de demi-sphère, le visage concave en forme de cœur avec des yeux insérés de petites perles blanches, le torse traité comme un cylindre allongé.

En 2001, j'avais identifié le « Maître de Mobaye » comme un sculpteur Zande. Marc Leo Felix suggéra en 2003 une réattribution au groupe Banda7. Enfin, en 2007, Jan-Lodewijk Grootaers confirma cette attribution Banda et George Meurant énuméra quatre traits stylistiques typiques des Banda au lieu de Zande : la présence d'une surface bicolore, leur plus grande taille, l'absence de toute trace de matière sacrificielle, d'anneaux métalliques ou de perles de verre sur les figurines et l'apparition de scarifications sur certaines d'entre elles8.

L’apparition du « Maître de Mobaye » est un événement unique dans l'histoire complexe de l'art oubanguien : un artiste au talent hors du commun qui a inventé un nouveau style à l'intérieur d'un canon et qui a produit un ensemble d'au moins huit statues, un phénomène artistique plus fréquemment observé dans les grands royaumes du bassin du Congo tels que les Luba, Hemba, Songye, Luluwa et Kongo.

by Bernard de Grunne

The Banda statue in the Danis collection is part of a small body of work by a sculptor I have named “the Master of Mobaye”, one of the few identifiable artists from the entire Ubangi region of northern Congo. The presentation in 2001 of this new style with such clear formal unity at my exhibition Mains de Maîtres shows that the history of African art can still hold surprises for us many decades after the majority of works of art left their African country of origin1.

The corpus of the “Master of Mobaye” includes eight statues clearly by the same hand and three other stylistically similar figures. These statues were used by a secret initiatory society whose aims were to increase members' luck, protect them from harm, settle disputes and consult the oracles2.

It was not until 1969 that was published the first sculpture of the “Master of Mobaye”, owned by the collector and art dealer Joseph Hessel before 19233. A second statue, which belonged to Samuel M. Kootz, Picasso's dealer in New York, was sold at auction in 19834.

Seven other statues by the “Master of Mobaye”, including the one in the Danis collection, were acquired by Xavier Bellouard during his third stay between 1927 and 1930 as head of the Fort-Crampel subdivision in Banda country5. Finally, the last couple was acquired by Raymond Dauvin, posted in the Ubangi-Chari region between 1920 and 19226.

Let's define the main formal characteristics of the figures by the “Master of Mobaye”, all of which are medium-sized (between 40 and 46 cm). The head is sculpted in the shape of a half-sphere, the concave face in the shape of a heart, the eyes set with small white beads, and the torso treated like an elongated cylinder.

In 2001, I identified the “Master of Mobaye” as a Zande sculptor. In 2003, Marc Leo Felix suggested reattribution to the Banda group7. Finally, in 2007, Jan-Lodewijk Grootaers confirmed this Banda attribution, and George Meurant listed four stylistic features typical of Banda figures rather than Zande: the presence of a two-tone surface, their larger size, the absence of any trace of sacrificial material, metal rings or glass beads on the figurines, and the appearance of scarification marks on some of them8.

The appearance of the “Master of Mobaye” is a unique event in the complex history of Ubangi art: an artist of extraordinary talent who invented a new style within a canon and produced a set of at least eight statues, an artistic phenomenon more frequently observed in the great kingdoms of the Congo Basin such as the Luba, Hemba, Songye, Luluwa, and Kongo.

1 Grunne (de), B., Mains de Maîtres. À la découverte des sculpteurs d’Afrique, Bruxelles, 2001.
2 Grootaers, J.-L., Ubangi. Art and Cultures from the African Heartland, Bruxelles, 2007, pp. 66-68.
3 Siroto, L., Congo, New York, 1969, pl. 69. La provenance est notée comme collection Essel, mais on peut supposer qu’il s’agissait de Joseph Hessel qui vendit sa collection d’art africain à Charles Ratton en 1926 / The provenance is noted as Essel collection, but one could suppose that it actually was Joseph Hessel who sold his collection to Charles Ratton in 1926. Cf. Lehuard, R., « Charles Ratton et l’aventure de l’art nègre», in Arts d'Afrique Noire, Arnouville, hiver 1986, n° 60, p. 14.
4 Grunne (de), B., Mains de Maîtres. À la découverte des sculpteurs d’Afrique, Bruxelles, 2001, p. 221, n° 76 et Felix, M., « To rub or not to rub: Ubangian Divination Figures », in Tribal Art Magazine, Arquennes, printemps 2003, n° 30, p. 111.
5 Jan Fandos-Ruis, communication personelle / personal communication, avril 2020.
6 Cf. Pierre Bergé & Associés, Salle des Beaux-Arts, Bruxelles, Arts primitifs, 5 juin 2007, lot 548a et 548b.
7 Felix, M., « To rub or not to rub: Ubangian Divination Figures », in Tribal Art Magazine, Arquennes, printemps 2003, n° 30, pp. 110-116.
8 Voir Grootaers, J.-L., « Open Borders in a Central African Crucible » et Meurant, G., « Ubangian Sculpture », in Grootaers, J.-L., Ubangi. Art and Cultures from the African Heartland, Bruxelles, 2007, pp. 174-176.

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