PANTHÈRE
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PANTHÈRE

ITALIE, PROBABLEMENT PADOUE, XVIE SIÈCLE

Details
PANTHÈRE
ITALIE, PROBABLEMENT PADOUE, XVIe SIÈCLE
En bronze, les yeux incrustés d'argent, reposant sur une base postérieure rectangulaire en marbre Campan
H.: 27,8 cm. (11 in.) ; L.: 28 cm. (11 in.) ; H. totale : 32 cm. (12 ½ in.)
Provenance
Comte James-Alexandre de Pourtalès dit Pourtalès-Gorgier (1776-1855), 7 rue Tronchet, Paris ; vente de la collection Pourtalès, 7 rue Tronchet, Paris, 7 février 1865, catégorie « Bronzes antiques », lot 701 où achetée par,
M. Milani, Francfort-sur-le-Main ; sa vente en 1883, lot 429 où probablement achetée par ou pour le compte de,
Baron Maximilian de Goldschmidt-Rothschild (1843-1940), Grand Hall du palais Goldschmidt-Rothschild, Bockenheimer Landstrasse, Francfort-sur-le-Main, puis par descendance à sa fille,
Lili Jeannette Schey de Koromla née Goldschmidt-Rothschild (1883-1925), puis par descendance à sa fille,
Alix de Rothschild, née Schey de Koromla (1911-1982), Paris.
Collection privée, Paris.
Literature
Souvenirs de la galerie Pourtalès. Tableaux, antiques et objets d'art, Paris, 1863, pl. 47.
S. Reinach, « Panthère de bronze (Collection de M. le baron Edmond de Rothschild) », in Monuments et mémoires de la Fondation Eugène Piot, Paris, 1897, t. 4, fascicule 1, p. 110.
F. Moens, V. Pomarède, P. Prévost-Marcilhacy (dir.), Collectionneuses Rothschild. Mécènes et donatrices d'exception, Liège/Paris, 2022, p. 85.
M. Wagner et K. Weiler, The collection of Maximilian von Goldschmidt-Rothschild, Cologne, 2023, p. 85, fig. 18 et p. 546, no. 617.

Bibliographie comparative
Comte F. de Clarac, Musée de sculpture antique et moderne (…) du Louvre et des Tuileries, t. IV, Paris, 1836-1837, pl. 678E, 688, 696, 711.
S. Reinach, « Panthère de bronze (Collection de M. le baron Edmond de Rothschild) », in Monuments et mémoires de la Fondation Eugène Piot, Paris, 1897, t. 4, fascicule 1, pp. 105-114.
L. Planiscig, Piccoli bronzi italiani del Rinascimento, Milan, 1930, p. 19 et pl. LXXXVII, ill. 145.
L. Planiscig et E. Kris, Katalog der Sammlungen für Plastik und Kunstgewerbe, Vienne, 1935, p. 56, no. 33.
E. F. von Sacken, Die antiken Bronzen des K.K. Münz und Antiken Cabinetes in Wien, t. 1, Vienne, 1871, pp. 120-122, et pl. LIV, fig. 1.
Katalog der Sammlung für Plastik und Kunstgewerbe, Renaissance, t. 2, Vienne, 1966, p. 28, no. 231.
M. Leithe-Jasper, Renaissance Master Bronzes from the collection of the Kunsthistorisches Museum, Vienna, cat. expo. Vienne, 1986, pp. 94-95, no. 13.
A. Gady, Les hôtels particuliers de Paris du Moyen Âge à la Belle Époque, Paris, 2008, pp. 220-221.
Exhibited
Collectionneuses Rothschild. Mécènes et donatrices d'exception, 21 octobre 2022 - 26 février 2023, musée de la Boverie, Liège.
Further details
A BRONZE AND SILVER INLAID PANTHER, ITALIAN, PROBABLY PADUAN, 16th CENTURY

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Hippolyte de la Féronnière
Hippolyte de la Féronnière Head of European Furniture Department

Lot Essay

UN MODÈLE ANTIQUE

La panthère est assise sur sa patte arrière gauche, le pelage signifié par de petites boucles éparses ayant fait dire à certains auteur qu’il s’agissait d’une panthère femelle (Planiscig, 1924). Par son regard porté vers le haut et sa position ainsi qu’à cause du fait que l’intérieur de sa patte arrière gauche soit visible, tout indique que notre panthère faisait probablement initialement partie d’un ensemble plus important. En effet, les groupes antiques construits autour de la figure du dieu Dionysos en Grèce ou Bacchus dans l’Empire romain, ou parfois de satyres, sont très souvent accompagnés d’une panthère ou d’un tigre. Des représentations du dieu en mosaïque sont visibles notamment dans la villa romaine de Dionysos à Pella en Grèce, où le dieu chevauche l’animal et également dans la villa dite d’Halicarnasse du IVe siècle (fragment au British Museum, Londres, inv. 1857,1220.414). Plusieurs antiques célèbres peuvent être cités à l’instar de celui composé de Bacchus, d’un satyre et d’une panthère en marbre provenant de la villa Pozzuoli près de Naples (Ny Carlsberg Glyptotek, Copenhague, inv. 2010-3/SH1757), d’autres sont au musée du Louvre (inv. Ma 4724 ; le groupe ayant appartenu au pape Pie VI, inv. MR 111 et N494) ou encore en Italie (Bacchus du temple de Piacenza) et en Autriche (Bacchus provenant de Tunisie, Kunsthistorisches museum, Vienne, inv. I 156 a).

Le XVIe siècle italien reprit d’ailleurs le sujet. Trois intéressantes compositions antiques en marbre fortement restaurées au XVIe siècle et issues des anciennes collections Della Valle (dont palais Pitti, Florence, inv. OdA Pitti 634) représentent Bacchus debout présentant une grappe de raisins accompagné à ses pieds d’une panthère, patte droite levée. On connait d’autres compositions avec des réductions en bronze, notamment celle avec Bacchus et une petite panthère patte avant gauche levée initialement attribuée à l’orfèvre padouan Francesco da Sant’Agata,ou au cercle du florentin Benvenuto Cellini et aujourd’hui rattachée au cercle de Barthélemy Prieur (voir l’exemplaire de la collection Abbott-Guggenheim, Christie’s, New York, 13 avril 2016, lot 112). Une panthère similaire en bronze, de mêmes dimensions et aux yeux également incrustés d’argent est aujourd’hui conservée au Kunsthistorisches Museum de Vienne. Elle est issue de la collection du château d’Ambras et apparaît dans les inventaires en 1788, puis entre dans le cabinet impérial des Monnaies et Antiquités en 1847 avant d’être transférée au Kunsthistorisches Museum en 1891. Elle passait jusqu’au début du XXe siècle pour être un antique mais a été redonnée au XVIe siècle (voir fig., gravure au trait la représentant), tout comme notre panthère lors de la vente Pourtalès. En effet, notre sculpture était incluse dans la section « Bronzes antiques. 701.- Statuette.- Panthère couchée sur sa patte postérieure, tenant sa patte droite levée.- Haut., 28 cent. ». Technique de fonte et traitement de la surface sur les deux panthères indiquent clairement une origine nord-italienne du XVIe siècle, probablement de Padoue qui s’était spécialisé dans la production de petits bronzes, notamment animaliers au début du XVIe siècle. La question de la datation pourrait ainsi également se poser pour la panthère de l’ancienne collection du baron Edmond de Rothschild (voir fig. et Reinach, pp. 105-114) dont seule la patte levée diffère de la notre, ainsi que le lierre grimpant sur son corps. Elle pourrait être le modèle de sculpture antique de référence pour notre bronze si elle s'avère bien être romaine, mais, notamment à cause de ses nombreuses caractéristiques physiques similaires à notre bronze comme la tête, le cou et le pelage, elle pourrait également se révéler être plus tardive.


POURTALÈS, GOLDSCHMIDT-ROTHSCHILD, SCHEY DE KOROMLA, ROTHSCHILD : DES PROVENANCES INSIGNES

Notre bronze a fait partie de l’illustre collection du comte James-Alexandre de Pourtalès (1776-1855). Elle était rassemblée dans son hôtel de la rue Tronchet construit en 1838 par Félix Duban et modifié par Hippolyte Destailleur à la fin du Second Empire. Issu d’une famille de financiers originaire de Neuchâtel, sa collection d’antiques eut une renommée européenne, tout comme sa collection de tableaux qui comprenaient de nombreux chefs-d’œuvre de Rembrandt jusqu’à la modernité d’Ingres. Les différentes vues de ses salons et de sa galerie prouvent l’impressionnant volume d’œuvres amassées dans l’hôtel (Gady, p. 220).

Suite aux ventes de la collection organisées du 6 février au 21 mars 1865, la panthère est acquise par le marchand Milani installé à Francfort-sur-le-Main. Il cèdera le bronze a une personnalité de sa ville, le baron Maximilian de Goldschmidt-Rothschild (1843-1940). Banquier et collectionneur, héritier de la famille Goldschmidt installée à Francfort depuis le XIVe siècle, il épouse la fille de Wilhelm Carl von Rothschild, Minna Karoline (1857-1903), puis ajoutera à son nom celui de son épouse après le décès de son beau-père, dernier héritier masculin de la branche des Rothschild de Francfort. C’est suite à cette modification de nom que l’empereur Wilhelm I le titra baron de Goldschmidt-Rothschild. Notre panthère est visible en 1938 au sein du grand Hall du palais Goldschmidt-Rothschild, résidence familiale sur la Bockenheimer Landstrasse qui sera malheureusement détruite lors d'un raid aérien en 1943 (M. Wagner et K. Weiler, p. 85, fig. 18).
Leur fille Lili Jeannette (1883-1929) hérita probablement du bronze puisqu’il fit partie de la collection de la fille de cette dernière, Alix. Lili Jeannette épousa le baron Philippe Schey de Koromla (1881-1957), petit-fils du banquier d’origine austro-hongroise Friedrich Schey.

Alix de Rothschild, née Schey de Koromla (1911-1982) à Francfort, se maria à Guy de Rothschild et résida au 21 avenue Foch ainsi qu’au château de Reux. Collectionneuse, Alix réunit un ensemble de toiles de Picasso, de la Seconde École de Paris et d’impressionnistes allemands. Membre du conseil du Musée national d’art moderne de Paris, présidente de la Société des amis du musée de l’Homme, Chevalier des palmes académiques et de l’ordre des Arts et des Lettres, elle fit don de nombreuses pièces aux musées français.




FROM AN ANTIQUE MODEL

The panther is sitting on its left hind leg, its coat of small scattered curls has led some authors to say that it is a female panther (Planiscig, 1924). Its upward gaze and position, as well as the fact that the inside of its left hind leg is visible, indicate that our panther was probably originally part of a larger group. Indeed, ancient sculptural groups of the god Dionysus as he was called in Greece or Bacchus in the Roman Empire, or sometimes of satyrs, are very often accompanied by a panther or tiger. Representations of the god riding a panther can be seen in a mosaic at the Roman villa of Dionysus at Pella in Greece, and also in the 4th-century villa known as Halicarnassus (fragment in the British Museum, London, inv. no. 1857,1220.414). The motif also appears in several famous antique sculptures, such as that housed in the Villa Pozzuoli near Naples depicting Bacchus, a satyr and a panther (Ny Carlsberg Glyptotek, Copenhagen, inv. no. 2010-3/SH1757), in the Louvre Museum (inv. no. Ma 4724; the group that belonged to Pope Pius VI, inv. no. MR 111 and N494), in Italy (Bacchus from the temple in Piacenza) and Austria (Bacchus from Tunisia, Kunsthistorisches museum, Vienna, inv. no. I 156 a).

The subject was revived in 16th-century Italy. Three interesting antique marble compositions that were heavily restored in the 16th century and from the former Della Valle collections (including Palazzo Pitti, Florence, inv. no. OdA Pitti 634) depict Bacchus standing and presenting a bunch of grapes, accompanied at his feet by a panther with its right paw raised. The iconography can also be found in small scale bronzes, most notably that of Bacchus and a small panther with its left foreleg raised, initially attributed to the Paduan goldsmith Francesco da Sant'Agata, or to the circle of the Florentine Benvenuto Cellini, and today attached to the circle of Barthélemy Prieur (see the example in the Abbott-Guggenheim collection, Christie's, New York, 13 April 2016, lot 112). A similar panther in bronze, of the same dimensions and with eyes also inlaid with silver, is now in the Kunsthistorisches Museum in Vienna. It came from the Ambras Castle collection and appeared in the inventories in 1788, then entered the Imperial Cabinet of Coins and Antiquities in 1847 before being transferred to the Kunsthistorisches Museum in 1891. Until the early 20th century, it was thought to be an antique, but was reattributed to the 16th century (see fig., with the engraving), as was our panther at the Pourtalès sale. In fact, our sculpture was included in the ‘Antique bronzes - section. 701 - Statuette - Panther reclining on its hind leg, holding its right paw up - Height, 28 centimeters’. The casting technique and surface treatment on the two panthers clearly indicate a 16th-century Northern Italian origin, probably Padua, which specialised in the production of small bronzes, particularly animal bronzes, during the period. The question of dating could also arise for the panther in the former collection of Baron Edmond de Rothschild (see fig. and Reinach, pp. 105-114), of which only the raised paw and the ivy climbing up its body differ from ours. It could be that this composition, of a panther with ivy, originated in ancient Rome and thus served as the antique source for the present bronze given their many similarities. However, it is also possible that the ivy panther model was a later post-antique creation.


POURTALÈS, GOLDSCHMIDT-ROTHSCHILD, SCHEY DE KOROMLA, ROTHSCHILD: DISTINGUISHED ORIGINS

Our bronze was part of the illustrious collection of Comte James-Alexandre de Pourtalès (1776-1855). It was housed in his Hôtel particulier on the rue Tronchet, built in 1838 by Félix Duban and modified by Hippolyte Destailleur at the end of the Second Empire. Born into a family of financiers from Neuchâtel, his collection of antiques was renowned throughout Europe, as was his collection of paintings, which included many masterpieces from Rembrandt to the modern works of Ingres. The various views of his salons and gallery demonstrate the impressive volume of works amassed in the hôtel (Gady, p. 220).

Following the sales of the collection organised from 6 February to 21 March 1865, the panther was acquired by the Frankfurt-based dealer Milani. He sold the bronze to Baron Maximilian von Goldschmidt-Rothschild (1843-1940), a banker, collector and heir to the Goldschmidt family who had lived in Frankfurt since the 14th century. He married Wilhelm Carl von Rothschild's daughter, Minna Karoline (1857-1903), then added his wife's name to his own after the death of his father-in-law, the last male heir to the Frankfurt branch of the Rothschild family. It was following this change of name that Emperor Wilhelm I made him 'Baron de Goldschmidt-Rothschild'. Our panther can be seen in the Great Hall of the Goldschmidt-Rothschild Palace in 1938, the family residence on Bockenheimer Landstrasse, which was unfortunately destroyed in an air raid in 1943 (M. Wagner and K. Weiler, p. 85, fig. 18)..
Their daughter Lili Jeannette (1883-1929) probably inherited the bronze as it formed part of the collection of her daughter Alix. Lili Jeannette married Baron Philippe Schey de Koromla (1881-1957), grandson of the Austro-Hungarian banker Friedrich Schey.

Alix de Rothschild, born Schey de Koromla (1911-1982) in Frankfurt, married Guy de Rothschild and lived at 21 avenue Foch and Château de Reux. A collector herself, Alix assembled a collection of paintings by Picasso, the Second School of Paris and German Impressionists. A member of the board of the Musée national d'art moderne de Paris, president of the Société des amis du musée de l'Homme, Chevalier des palmes académiques and of the Ordre des Arts et des Lettres, she donated many pieces to French museums.

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