PAIRE DE BUSTES REPRÉSENTANT UN HOMME ET UNE FEMME
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PAIRE DE BUSTES REPRÉSENTANT UN HOMME ET UNE FEMME

ITALIE, FIN DU XVIIE OU DÉBUT DU XVIIIE SIÈCLE

Details
PAIRE DE BUSTES REPRÉSENTANT UN HOMME ET UNE FEMME
ITALIE, FIN DU XVIIe OU DÉBUT DU XVIIIe SIÈCLE
En marbres noir et blanc, incrustations de marbres et de pierres dures, les yeux incrustés de nacre, ornementation de cuivre repoussé et doré, les verreries des montures postérieures, les piédouches en marbre noir postérieurs ; on y joint un collier du XXe siècle à décor de fruits en cuivre repoussé, pierres dures, graines et pièces de monnaie, sur un cordon de coton tressé
H. bustes : 77 cm. (30 1⁄3 in.) ; L.: 62 et 64 cm. (24 ½ et 25 ¼ in.) ; H. totale avec les piédouches : 90 cm. (35 ½ in.)
Provenance
Baron James de Rothschild (1792-1868), Grand Hall du château de Ferrières, Seine-et-Marne ; puis par descendance jusqu’au propriétaire actuel.
Literature
P. Prévost-Marcilhacy, Les Rothschild bâtisseurs et mécènes, Paris, 1995, p. 125.
C. de Nicolay-Mazery, Private houses of Paris. The 'hôtels particuliers' revealed, Londres/New York, 2000, pp. 9, 15.
C. Collard et M. Aspey (dir.), Les Rothschild en France au XIXe siècle, Paris, 2012, p. 131

Bibliographie comparative
E. et L. Maclagan, H. Margaret, Victoria and Albert Museum. Catalogue of Italian Sculpture, Londres, 1932, p. 165.
J. Pope-Hennessy, Catalogue of Italian Sculpture in the Victoria and Albert Museum, Londres, 1964, cat. 716, fig. 707.
P. Prévost-Marcilhacy, « James de Rothschild à Ferrières : les projets de Paxton et de Lami », in Revue de l’Art, Paris, 1993, no. 100, p. 66.
G. Bresc-Bautier (dir.), Les Sculptures européennes du musée du Louvre : Byzance, Espagne, îles Britanniques, Italie (…), Paris, 2006, p. 277.
Further details
A PAIR OF MARBLE AND INLAID HARD STONE BUSTS REPRESENTING A MAN AN A WOMAN, ITALIAN, LATE 17th OR EARLY 18th CENTURY

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Hippolyte de la Féronnière
Hippolyte de la Féronnière Head of European Furniture Department

Lot Essay

L’intensification du commerce triangulaire aux XVIIe et XVIIIe siècles vit une communauté noire se développer dans des villes portuaires et toutes les riches cités européennes rendant possible pour des artistes de prendre pour modèle des personnes d’origine africaine. Les hommes, femmes, garçons et jeunes filles réduits en esclavage ou parfois affranchis pouvaient également travailler pour des familles aisées. Les mots de Nkechi Noel dans le African Heritage Guide du Victoria & Albert Museum de Londres à propos du buste de jeune garçon par Joannes Claudius de Cock permettent d’avancer : « La sculpture est un rappel brutal de la perte de l'innocence et de l'esclavage inhumain de la traite des esclaves, et de l'importance d'inclure toutes nos voix dans la réécriture des récits historiques collectifs ».
L’artiste qui réalisa nos bustes eut peut-être accès à des modèles en Italie, possiblement à Venise d’où ces bustes pourraient provenir. Cependant ils ne reprennent pas des traits particuliers permettant une individualisation.

Quelques bustes sculptés à Venise indiquent une production courante mais peu d’entre eux sont d’une qualité aussi belle. Citons tout de même une paire de bustes conservée au musée du Louvre et provenant de l’ancienne collection des princes de Condé (inv. MR SUP 455 et GML 9482⁄2) et un autre au Victoria & Albert Museum de Londres (inv. 451-1869). Ce dernier porte une tunique, certes moins impressionnante et moins ornée que celle de notre buste masculin, mais proche par la présence de boutons et de lanières de tissus au centre du veston. Il s’agit du vêtement porté par les serviteurs en Europe, principalement de l’Est et dans l’Empire Ottoman. Le turban à plumes ici de métal avec son bandeau orné d’un cabochon et le vêtement au riche décor de fleurs polychromes de l’homme rendent ici compte du rang élevé de la personne au service de laquelle ils travaillaient, peut être le commanditaire des bustes. Le plastron aux motifs végétaux foisonnants de la femme atteste également de cela, mais sa représentation avec sa poitrine exposée témoigne aussi que, pendant la traite transatlantique, les femmes noires allaitaient souvent les enfants de leurs maîtres.

Cette paire de bustes a fait partie du décor imaginé par Eugène Lami (1800-1890) pour le Grand Hall central du château de Ferrières. Ils sont d’ailleurs visibles de part et d’autre de la grande cheminée sur deux des aquarelles de l’artiste (voir bibliographie). Le baron James de Rothschild (1792-1868) a tout à fait pu les acquérir sur le marché de l’art, à l’instar des bustes de bronze de Louis XIV et du Grand Condé exposés dans la même pièce et achetés auprès du marchand belge Van Cuyck, ou bien directement en Italie lors de voyages comme celui effectué notamment à Venise par la baronne Betty en compagnie de Lami qui, comme le rappelle Pauline Prévost-Marcilhacy, « joua le double rôle de décorateur et d’agent artistique » (op. cit., 1993, p. 66).




The intensification of the transatlantic slave trade in the 17th and 18th centuries saw the Black community develop in port towns and all the wealthy European cities, making it possible for artists to work with models of African origins. Men, women, boys and girls who were enslaved or sometimes emancipated could also work for wealthy families. Nkechi Noel writes about the Bust of a boy by Joannes Claudius de Cock in the V&A African Heritage Guide: ‘The sculpture is a stark reminder of the loss of innocence and inhumane bondage of the slave trade, and the importance of including all of our voices in retelling collective historical narratives.’
The artist who carved our busts may have had access to models in Italy, possibly in Venice, where these busts may have come from. However, the busts do not have any particular features that would allow them to be individualised.

A few busts produced in Venice indicate a common production, but few of them are of such fine quality. There is one bust in the Louvre Museum from the former collection of the Princes de Condé (inv. no. MR SUP 455 and GML 9482⁄2) and another in the Victoria & Albert Museum in London (inv. no. 451-1869). The man from the V&A is wearing a tunic, which is admittedly less impressive and less ornate than that of our male bust, but which is similar in the buttons and fabric straps in the centre of the jacket. This was the garment worn by servants in Europe, mainly in Eastern Europe and in the Ottoman Empire. The feathered turban, here made of metal with its headband adorned with a cabochon, the garment that is richly decorated with polychrome flowers on the man, bear witness to the high rank of the person in whose service they worked, perhaps the person who commissioned the busts. The woman's breastplate with its abundant vegetal motifs also attests to this but her representation with breasts exposed is indictive of the fact that, during the transatlantic slave trade, black women often breastfed their masters' children.

This pair of busts was part of the décor designed by Eugène Lami (1800-1890) for the central Great Hall of the Château de Ferrières. They can be seen on either side of the large fireplace in two of the artist's watercolours (see literature). Baron James de Rothschild (1792-1868) may have acquired them on the art market, like the bronze busts of Louis XIV and the Grand Condé displayed in the same room and bought from the Belgian dealer Van Cuyck, or directly from Italy during trips such as the one Baronne Betty made to Venice in the company of Lami who, as Pauline Prévost-Marcilhacy recalls, ‘played the dual role of decorator and artistic agent’ (op. cit., 1993, p. 66).

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