ANGELICA KAUFFMANN, R.A. (COIRE 1741-1807 ROME)
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ANGELICA KAUFFMANN, R.A. (COIRE 1741-1807 ROME)

Le triomphe de l'Amour

Details
ANGELICA KAUFFMANN, R.A. (COIRE 1741-1807 ROME)
Le triomphe de l'Amour
signé 'Angelica Kauffman' (en bas, vers le centre)
huile sur toile circulaire contrecollée sur une toile carrée
toile circulaire : D. 65 cm. (25 ¾ in.)
toile carrée : 65 x 65 cm. (25 ¾ x 25 ¾ in.)
Provenance
Possiblement commandé par Henry Bryer (mort avant 1783), Londres.
Possiblement dans la collection de la princesse Yekaterina Romanovna Dashkova (1743-1810), née comtesse Vorontsova, avant janvier 1778.
Possiblement dans la collection de John Arnold Wallinger (mort en 1792), Hare Hall, Essex (selon W. Angus, 1787, op. cit. infra).
Vente anonyme, Sotheby's, Londres, 12 mars 1980, lot 70.
Collection particulière, Suisse ; puis par descendance à l’actuel propriétaire.
Literature
Possiblement W. Angus, The Seats of the Nobility and Gentry, in Great Britain and Wales in a Collection of Selected Views, Engraved by W. Angus. From Pictures and Drawings by the moft Eminents Artists. With Descriptions of Each lieu., Islington, 1787, I, plate XXVIII (comme 'Hare Hall, in Essex, The Seat of John Arnold Wallenger, Efquire. [...] in the fmaller Drawing Room [...] fix charming Pictures by Angelica Kauffman, of the Triumph of Love').
B. Baumgärtel, Angelika Kauffmann (1741-1807). Bedingungen weiblicher Kreativität in der Malerei des 18. Jahrhunderts, coll. Ergebnisse der Frauenforschung, 20, Weinheim-Bâle, 1990, p. 148 et p. 312, sous la note 76.
B. Baumgärtel, "... und hat als Weib unglaubliches Talent (Goethe)". Angelika Kauffmann (1741-1807) und Marie Ellenrieder. (1791-1863). Malerei und Graphik, Berlin, 1992, p. 163, sous le n°27 A.K.
B. Baumgärtel (dir.), Angelica Kauffman 1741 – 1807 Retrospektive, [cat. exp.], Düsseldorf-Munich-Coire, novembre 1998-juillet 1999, Düsseldorf, 1998, p. 365.
U. Pfanner, in T. G. Natter (dir.), Angelika Kauffmann. Ein Weib von Ungeheurem Talent, [cat. exp.], Brégence-Schwarzenberg, juin-novembre 2007, Berlin-Stuttgart, 2007, p. 140.
B. Baumgärtel (dir.), Angelica Kauffman, [cat. exp.], Düsseldorf-Londres, janvier-septembre 2020, Düsseldorf-Munich, 2020, p. 86.
Exhibited
Londres, Mr. Pollard's Room, Piccadilly, Mr. Ryland's Exhibition. Consisting of Original Pictures [...], Painted by Angelica Kauffman, mai 1780, parmi les n°13-18 (selon le rapport d'expertise de B. Baumgärtel).
Inscribed
Gravé par Gabriel Scorodomoff (1755-1792) d'après Angelica Kauffmann, Le triomphe de l'Amour, 1778.
Further details
ANGELICA KAUFFMANN, RA, THE TRIUMPH OF LOVE, SIGNED, OIL ON A CIRCULAR CANVAS LAID DOWN ON A SQUARE CANVAS

The present painting is part of an important cycle dedicated to love, of which our work represents the sixth and final stage: the triumph of Cupid. The little god is seated on a chariot pulled by two graces, his bow raised exultantly to the sky. A third grace walks at the head of the procession, strewing the path with flowers.

The other five works in this cycle are held by the Vorarlberg Landesmuseum in Bregenz (inv. nos. Gem 1346-1350). The museum also holds a preparatory drawing for the Triumph of Love. Interestingly, all the paintings were originally executed on circular canvases and were subsequently laid down on square canvases.

The Triumph of Love is the conclusion of the story that begins when Cupid tries to blind Aglaia, one of the Three Graces, with his magic so she will fall in love. To avenge their sister, Aglaia's companions join forces to steal Cupid's quiver. Cupid manages to recover it, however, and to punish them he strikes them all with his arrows. Love has taken its revenge. This is a cycle that explores the conflict between reason and love, between chaste love and passionate love. In this final episode, grace, joy and beauty, personified by the Graces, bow before passion, despite their brief victory, which spoke to a more platonic love. Here, Kauffmann pays homage to his panegyric moniker 'pittrice delle grazie' [painter of grace].

This cycle was very popular in the 18th century. It was commissioned by the English publisher Henry Bryer (d. before 1783), who sought to make a substantial profit by distributing an engraved version. In collaboration with the engraver and publisher William Wynne Ryland (1738-1783), he had the set engraved between 1777 and 1779 by the Russian Gabriel Scorodomoff (1748-1792), one of the finest engravers of his time. The text on the engravings specifies that Bryer was the owner of the first, third and fifth scenes of the painted cycle. The engraving of the present painting (fig. 1) does not mention the name of an owner but includes a dedication to the Russian princess Yekaterina Romanovna Dashkova (1743-1810). This does not necessarily imply that she owned our painting, but a letter from the craftsman Matthew Boulton to the Princess requesting permission to reproduce her work as a 'mechanical painting' suggests that she acquired The Triumph of Love from Bryer before January 1778, the date of the print's publication, thus justifying the absence of Bryer's name from the caption. The date of publication also indicates that the painting was executed no later than 1777.

We would like to thank Dr. Bettina Baumgärtel, head of the Angelica Kauffman Research Project, for examining the painting and contributing her detailed expertise to the writing of this note. The painting will be included in the artist's catalogue raisonné that is currently in preparation.

Brought to you by

Olivia Ghosh
Olivia Ghosh Associate Specialist

Lot Essay

Le tableau ci-présent appartient à un important cycle dédié à l’Amour, dont notre œuvre représente le sixième et ultime sujet : le triomphe de Cupidon. Le petit dieu est assis sur un char tiré par deux grâces, son arc levé vers le ciel. Une troisième grâce devance la parade, parsemant de fleurs le chemin.

Les cinq autres œuvres constituant ce cycle sont conservées au Vorarlberg Landesmuseum de Brégence (nos. inv. Gem 1346-1350). Cette même institution conserve un dessin préparatoire au Triomphe de l’Amour. Notons que l’ensemble des tableaux fut peint sur des toiles circulaires. Ils ont par la suite tous été contrecollés sur des toiles de format carré.

La victoire de Cupidon vient clore l’histoire qui commence lorsque Cupidon tente d'aveugler la grâce Aglaia, pour qu'elle tombe amoureuse. Pour venger leur sœur, les compagnes d’Aglaia s’unissent pour voler le carquois de Cupidon. Celui-ci parvient néanmoins à le récupérer et, pour les punir, les frappe de ses flèches d’amour. L’Amour a pris sa revanche. C’est un cycle qui interroge le conflit entre la raison et l’amour, entre l’amour chaste et l’amour passion. Avec cet épisode final, la grâce, la joie de vivre et la beauté, personnifiées par les grâces, s’inclinent devant la passion, et ce malgré leur brève victoire prônant un amour plus platonique. Kauffmann rend ici hommage à son surnom panégyrique de ‘pittrice delle grazie’ [peintre de la grâce].

Ce cycle a connu une importante fortune au XVIIIe siècle. Il fut commandé par l’éditeur anglais Henry Bryer (mort avant 1783) qui cherchait à faire un important profit en diffusant les formes gravées. En collaboration avec le graveur et éditeur William Wynne Ryland (1738-1783), il fit graver l’ensemble entre 1777 et 1779 par le Russe Gabriel Scorodomoff (1748-1792), l’un des meilleurs graveurs de son temps. La légende des gravures spécifie que Bryer est le propriétaire des première, troisième et cinquième scène de l’ensemble peint. La gravure tirée du tableau-ci présent (fig. 1) ne mentionne pas le nom d’un propriétaire mais reprend une dédicace à la princesse russe Yekaterina Romanovna Dashkova (1743-1810). Cela n’implique pas forcément que celle-ci possédait notre tableau mais une lettre de l’artisan Matthew Boulton (1728-1809) adressé à la princesse lui demandant l’autorisation de reproduire son œuvre comme une ‘mechanical painting’ [peinture mécanique] suggère que celle-ci a acquis Le triomphe de l’Amour à Bryer avant janvier 1778, date de publication de la gravure, justifiant ainsi l’absence du nom de Bryer dans la légende. La date de publication nous permet également de situer chronologiquement notre tableau, celle-ci indiquant que celui-ci a été peint au plus tard en 1777.

Nous tenons à remercier Dr. Bettina Baumgärtel, à la tête du Angelica Kauffman Research Project, d’avoir examiné le tableau et d’avoir contribué par son expertise détaillée à la rédaction de cette notice. Ce tableau sera inclus dans le catalogue raisonné de l’artiste en cours de préparation.

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