拍品專文
À propos d’une autre large scène de personnages avec un intérieur, de même dimensions mais en format paysage et de même technique, Pierre Rosenberg rappelle que ‘Fragonard utilise toutes les nuances de bistres, toutes ses possibilités avec une rigueur à peine dissimulée’ et date la feuille vers 1780 (colllection particulière; Fragonard, cat. exp., Paris, Grand Palais, 1987-1988, n°279). Cette comparaison stylique nous amène à dater la Femme à la colombe de cette même décennie, période de maturité de l’artiste, quelques années après son retour d’Italie en 1774. La manière d’appliquer le lavis plus densément dans les cheveux de la jeune femme et plus légèrement pour marquer les plis des vêtements rappelle également la célèbre étude du Baiser de l’ancienne collection Ronald et Estée Lauder (Christie’s, Londres, 2 juillet 2013, lot 59). A nouveau la feuille est de même dimension mais utilisée dans l’autre sens, en format paysage.
Une autre version de cette Femme à la colombe, aux coups de pinceau plus appuyés, plus appliqués et plus détaillés provient des anciennes collections Delagarde et Aymonier à Paris et se trouve aujourd'hui à la Gemaldegalerie de Dresde (A. Ananoff, 1961-1970, op. cit., I, n°54). Elle est considérée par Ananoff comme une copie du présent dessin.
Si certains dessins sont préparatoires à des peintures chez Jean-Honoré Fragonard, ils sont peu nombreux, moins de dix pour cent du corpus dessiné selon Marie-Anne Dupuy-Vachey (Fragonard. Drawing Triumphant. Works from New York Collections, cat. exp., New York, Metropolitan Museum of Art, p. 16). Cette large étude au lavis semble être dans ce cas, c’est-à-dire un dessin autonome, d’une grande prestance (le sujet ne se retrouvant pas en peinture). La rapidité du geste, tel le ‘feu de l’imagination’ - décrit par Charles-Nicolas Cochin - qui se transpose sur le papier, permet à Fragonard de créer des effets de matière grâce à la technique du lavis brun, qui se rapproche des effets d’empâtements de matière que l’artiste chérit tant en peinture.
Le dessin a appartenu à Hippolyte Walferdin, grand collectionneur de tableaux et dessins de Fragonard puis à Georges Muhlbächer (mort en 1906), dont une dizaine de dessins de Fragonard figurent dans une partie de la vente de sa collection en 1899. La Femme à la colombe entre ensuite chez les Rothschild avant de rejoindre la collection d’Arthur Georges Veil Picard.
Une autre version de cette Femme à la colombe, aux coups de pinceau plus appuyés, plus appliqués et plus détaillés provient des anciennes collections Delagarde et Aymonier à Paris et se trouve aujourd'hui à la Gemaldegalerie de Dresde (A. Ananoff, 1961-1970, op. cit., I, n°54). Elle est considérée par Ananoff comme une copie du présent dessin.
Si certains dessins sont préparatoires à des peintures chez Jean-Honoré Fragonard, ils sont peu nombreux, moins de dix pour cent du corpus dessiné selon Marie-Anne Dupuy-Vachey (Fragonard. Drawing Triumphant. Works from New York Collections, cat. exp., New York, Metropolitan Museum of Art, p. 16). Cette large étude au lavis semble être dans ce cas, c’est-à-dire un dessin autonome, d’une grande prestance (le sujet ne se retrouvant pas en peinture). La rapidité du geste, tel le ‘feu de l’imagination’ - décrit par Charles-Nicolas Cochin - qui se transpose sur le papier, permet à Fragonard de créer des effets de matière grâce à la technique du lavis brun, qui se rapproche des effets d’empâtements de matière que l’artiste chérit tant en peinture.
Le dessin a appartenu à Hippolyte Walferdin, grand collectionneur de tableaux et dessins de Fragonard puis à Georges Muhlbächer (mort en 1906), dont une dizaine de dessins de Fragonard figurent dans une partie de la vente de sa collection en 1899. La Femme à la colombe entre ensuite chez les Rothschild avant de rejoindre la collection d’Arthur Georges Veil Picard.
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