Lot Essay
1776 est une année charnière dans l’œuvre et la vie de la jeune Élisabeth Vigée Le Brun. Sur le plan personnel, le 11 janvier 1776 est synonyme d’émancipation familiale par son mariage avec le marchand d’art Jean-Baptiste Pierre Lebrun (1748-1813). Celui-ci prend rapidement en charge ses affaires et il a vu juste : cette même année, Vigée Le Brun se voit commander douze portraits du comte de Provence (1755-1824), frère du Roi et futur Louis XVIII, par son surintendant des Maisons et Domaines. En novembre de la même année, elle est admise à Versailles pour travailler à la Cour de Louis XVI (1754-1793). Deux ans plus tard, elle devient peintre officielle de la reine Marie-Antoinette (1755-1793), figure à laquelle Vigée Le Brun restera associée dans l’historiographie (J. Baillio, Elisabeth Louise Vigée Le Brun. 1755-1842, cat. exp., Fort Worth, 1982, p. 12).
Bien que peint à l’huile, ce portrait présente un style particulièrement relevé, presque voluptueux, typique des œuvres de jeunesse de Vigée. La peintre est alors encore fortement influencée par la technique de pastelliste de son père, Louis Vigée (1715-1767), qu’elle transpose ici à l’huile. Il est à cet égard intéressant de mettre le présent tableau en comparaison avec le portrait du comte de Provence peint au pastel en 1776 et acheté par le château de Versailles le 16 juin 2025 (inv. V.2025.19) : on y retrouve les mêmes fonds estompés et un travail d’application de la couleur en hachures afin de rendre les nuances des carnations et des étoffes.
Contrairement au pastel susmentionné, le modèle du tableau ci-contre reste non identifié. La tradition familiale Veil-Picard aimait le considérer comme un portrait de Madame de Gourbillon, née Jeanne Marguerite Gallois (1737-1817), lectrice, dame de compagnie et amie intime de la comtesse de Provence, Marie-Joséphine de Savoie (1753-1810). Il s’agit néanmoins d’une confusion avec un autre portrait peint par Vigée Le Brun conservé dans la même collection, peint à Turin en 1792 suite à l’exil de Madame de Gourbillon à la Cour de Savoie avec la comtesse.
Bien que peint à l’huile, ce portrait présente un style particulièrement relevé, presque voluptueux, typique des œuvres de jeunesse de Vigée. La peintre est alors encore fortement influencée par la technique de pastelliste de son père, Louis Vigée (1715-1767), qu’elle transpose ici à l’huile. Il est à cet égard intéressant de mettre le présent tableau en comparaison avec le portrait du comte de Provence peint au pastel en 1776 et acheté par le château de Versailles le 16 juin 2025 (inv. V.2025.19) : on y retrouve les mêmes fonds estompés et un travail d’application de la couleur en hachures afin de rendre les nuances des carnations et des étoffes.
Contrairement au pastel susmentionné, le modèle du tableau ci-contre reste non identifié. La tradition familiale Veil-Picard aimait le considérer comme un portrait de Madame de Gourbillon, née Jeanne Marguerite Gallois (1737-1817), lectrice, dame de compagnie et amie intime de la comtesse de Provence, Marie-Joséphine de Savoie (1753-1810). Il s’agit néanmoins d’une confusion avec un autre portrait peint par Vigée Le Brun conservé dans la même collection, peint à Turin en 1792 suite à l’exil de Madame de Gourbillon à la Cour de Savoie avec la comtesse.
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