Statue Guro attribuée au « Maître de Bouaflé »
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Statue Guro attribuée au « Maître de Bouaflé »

Côte d'Ivoire

Details
Statue Guro attribuée au « Maître de Bouaflé »
Côte d'Ivoire
Hauteur : 47 cm. (18 ½ in.)
Provenance
Collection Florence Touhy (1881-1971) et Max Schott (1875-1955), Santa Barbara
Collection Santa Barbara Museum of Art, Santa Barbara, acquis auprès de ces derniers en 1945 (inv. n° 1945-4-13)
Clars Auction Gallery, Oakland, 17 septembre 2016, lot 4428
Charles-Wesley Hourdé, Paris, acquis lors de cette vente
Collection Marcel Nies, Anvers, acquis auprès de ce dernier en 2016
Literature
Hourdé, C.-W., Gouro. Sculpteurs de génies, Paris, 2016, pp. 7 et 10-13, plat recto, n° 1
Régnier, P. et al., « Les gouro, en vedette de l'exposition d'ouverture de la Galerie de Charles-Wesley Hourdé à Paris », in Quotidien de l'art, 14 décembre 2016, n° 1194, p. 4
Exhibited
Santa Barbara, Santa Barbara Museum of Art, Collection permanente, 1945-2016
Paris, Galerie Charles-Wesley Hourdé, Gouro. Sculpteurs de génies, 13 - 23 décembre 2016
Further details
Guro Figure attributed to the "Master of Buafle", Ivory Coast

Brought to you by

Alexis Maggiar
Alexis Maggiar International Head, African & Oceanic Art, Vice Chairman of Christie's France

Lot Essay

Les statues gouro demeurent exceptionnellement rares et leur usage reste mal connu, leur fonction s’étant progressivement perdue au cours de la seconde moitié du XXᵉ siècle. Elles représentent le plus souvent un personnage féminin jeune, debout, dont la tête et la coiffure, particulièrement soignées, reflètent les canons raffinés de l’art et de la beauté selon les gouro. Les bras, le long du corps ou posés sur les hanches, accompagnent des formes corporelles - seins pleins, ventre rebondi, mollets robustes - qui reflètent les critères traditionnels de beauté. Selon Anne-Marie Bouttiaux, ces statuettes incarnent une entité spirituelle tutélaire, zu ou zuzu, destinée à protéger leur propriétaire en établissant des liens à la fois avec les esprits de la nature et avec les ancêtres1. La complexité des coiffures, souvent comparables à celles des nantis, suggère par ailleurs un statut social élevé, exempté des travaux agricoles.

Les créations du « Maître de Bouaflé » auraient vu le jour entre 1910 et 1930 et se distinguent par une tête ovoïde au profil dynamique : nez convexe, front protubérant, bouche subtilement esquissée et grands yeux fendus. On retrouve également parfois une coiffe particulièrement travaillée (chevrons, tresses etc.) surmontée d’une amulette säba à partir de laquelle est rattachée une ou plusieurs nattes. Ici, à l’instar de la statue qui surplombe le masque de l’ancienne collection André Breton, les seins sont lourds et oblongs, l’abdomen est saillant et on observe de petits pieds digités. À nouveau, une paire de bracelets rehaussés de blanc orne le bras gauche. Fidèle aux canons de beauté gouro, l’artiste a sublimé ce portrait idéalisé, en employant le savoir-faire de son atelier. En effet, chaque détail sculpté avec une grande délicatesse, traduit grâce et équilibre : le cou légèrement renflé à l’arrière, les clavicules soigneusement évidées, les omoplates légèrement creusées, les membres postérieurs rebondis. La statue est à l’évidence un précieux témoignage de l’immense talent du « Maître de Bouaflé ».

Les sculptures en pied de ce dernier sont rarissimes, à l’exception de celles incorporées et surplombant les masques de l’ancienne collection Charles Ratton2 et celui de la Yale University Gallery (inv. n° 1954.28.33)3.

1 Bouttiaux, A.-M., Guro, Milan, 2016, p. 52.
2 Neyt, F., Trésors de Côte d'Ivoire, Anvers, 2014, pp. 91 et 92, n° 58.
3 Fischer, E. et Homberger, L., Afrikanische Meister. Kunst der Elfenbeinküste, Zurich, 2014, p. 33, n° III.23.

Guro figures remain exceptionally rare, and their use is still poorly understood, their function having gradually been lost during the second half of the 20th century. They most often represent a young female figure standing upright, whose head and coiffure - particularly carefully rendered - reflect the refined canons of art and beauty according to Guro aesthetics. The arms, held alongside the body or resting on the hips, accompany bodily forms - full breasts, rounded abdomen, robust calves - that correspond to traditional criteria of beauty. According to Anne-Marie Bouttiaux, these figures embody a tutelary spiritual entity, zu or zuzu, intended to protect their owner by establishing connections both with nature spirits and with the ancestors1. The complexity of the coiffures, often comparable to those worn by the affluent, further suggests a high social status, exempt from agricultural labor.

The works attributed to the “Master of Buafle” are thought to have been created between 1910 and 1930 and are distinguished by an ovoid head with a dynamic profile: a convex nose, a protruding forehead, a subtly sketched mouth, and large slit eyes. One also sometimes finds a particularly elaborate coiffure (chevrons, braids, etc.), surmounted by a säba amulet from which one or several plaits are attached. Here, as in the figure surmounting the mask from the former André Breton collection, the breasts are heavy and oblong, the abdomen protruding, and small digitated feet can be observed. Once again, a pair of white-accented bracelets adorns the left arm. Faithful to Guro canons of beauty, the artist has sublimated this idealized portrait through the technical mastery of his workshop. Indeed, every delicately carved detail conveys grace and balance: the neck slightly swollen at the back, the carefully hollowed clavicles, the subtly indented shoulder blades, and the rounded posterior limbs. The statue is unmistakably a precious testimony to the exceptional talent of the “Master of Buafle.”

Free-standing sculptures by this artist are exceedingly rare, with the exception of those incorporated into and surmounting masks from the former Charles Ratton collection2 and the example held by the Yale University Gallery (inv. no. 1954.28.33)3.

1 Bouttiaux, A.-M., Guro, Milan, 2016, p. 52.
2 Neyt, F., Trésors de Côte d'Ivoire, Antwerp, 2014, pp. 91 and 92, no. 58.
3 Fischer, E. and Homberger, L., Afrikanische Meister. Kunst der Elfenbeinküste, Zürich, 2014, p. 33, no. III.23.

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