Lot Essay
La publication fondatrice de Robert Goldwater, Baule Sculpture from the Ivory Coast (New York, 1960), a profondément transformé l’étude de l’art africain en introduisant une méthode d’attribution stylistique fondée sur le connoisseurship, laquelle appréhendait la sculpture baulé comme le produit de personnalités artistiques identifiables plutôt que comme une production culturelle anonyme. Bien que Goldwater n’ait pas formellement nommé de maîtres individuels, son cadre analytique, reposant sur une analyse formelle approfondie et sur la cohérence stylistique, a posé les bases des recherches ultérieures.
Dans cette lignée, un corpus restreint et d’une qualité exceptionnelle de figures baulé - comprenant environ douze sculptures assises et debout - fut par la suite regroupé sous l’appellation collective de « Maître d'Ascher ». À ce titre, cette oeuvre peut être attribuée au cercle du « Maître d'Ascher ».
Comme l’a précisé Bernard de Grunne (Maîtres de la Côte d’Ivoire, Paris, 2014, pp. 81-106), cette dénomination ne renvoie pas à une main unique, mais à au moins trois artistes étroitement apparentés, œuvrant au sein d’une même filiation stylistique. L’appellation rend hommage à une célèbre figure baulé assise, autrefois conservée dans la collection d’Ernest Ascher et acquise vers 1926 par le collectionneur suisse G. F. Keller. L’artiste à l’origine de l’élaboration du prototype stylistique est considéré par Bernard de Grunne comme ayant été actif entre environ 1870 et 1920.
Au sein de l’art baulé, le groupe du « Maître d'Ascher » occupe une position centrale en tant qu’incarnation de son esthétique la plus classique et la plus aristocratique. L’œuvre présentée réunit les caractéristiques canoniques associées aux statues attribuées à ce groupe, notamment les époux spirituels (blolo bla et blolo bian) ainsi que les sculptures de prestige, qui se distinguent par une beauté naturaliste saisissante, une variété raffinée de gestes et une complexité exceptionnelle des coiffures. Les proportions élancées, la sérénité de l’attitude, le modelé délicat des traits du visage aux yeux mi-clos, ainsi que la maîtrise rigoureuse des scarifications concourent à une vision idéalisée de la perfection humaine et spirituelle. Loin de constituer des portraits au sens littéral, ces œuvres expriment les conceptions baulé du blô, entendu comme l’unité de la beauté, de la bonté et de l’équilibre moral.
Robert Goldwater’s seminal publication Baule Sculpture from the Ivory Coast (New York, 1960) fundamentally transformed the study of African art by introducing a method of stylistic connoisseurship that approached Baule sculpture as the product of identifiable artistic personalities rather than anonymous cultural output. Although Goldwater himself did not formally name individual masters, his analytical framework, based on close formal analysis and stylistic coherence, laid the groundwork for subsequent scholarship.
Within this tradition, a small and exceptionally refined corpus of Baule figures, comprising roughly twelve seated and standing sculptures, was later grouped under the collective designation of the "Master of Ascher". In this sense, our present lot can be attributed to the Circle of the "Master of Ascher".
As clarified by Bernard de Grunne (Maîtres de la Côte d’Ivoire, Paris, 2014, pp. 81-106), this name refers not to a single hand but to at least three closely related artists working within the same stylistic lineage. The appellation pays homage to a celebrated seated Baule figure formerly in the collection of Ernest Ascher and acquired around 1926 by the Swiss collector G. F. Keller. The artist responsible for establishing the stylistic prototype, is believed by de Grunne to have been active between approximately 1870 and 1920.
Within Baule art, the "Master of Ascher" group occupies a central position as the embodiment of its most classical and aristocratic aesthetic. The present work brings together the canonical features associated with figures attributed to this group, most notably spirit spouses (blolo bla and blolo bian) and prestige sculptures, characterized by striking naturalistic beauty, a refined variety of gestures, and an exceptional complexity of coiffures. Elongated proportions, serene composure, delicately modeled facial features with half-closed eyes, and precisely controlled scarification contribute to an idealized vision of both human and spiritual perfection. Far from constituting literal portraits, these works articulate Baule concepts of blô, the unity of beauty, goodness, and moral balance.
Dans cette lignée, un corpus restreint et d’une qualité exceptionnelle de figures baulé - comprenant environ douze sculptures assises et debout - fut par la suite regroupé sous l’appellation collective de « Maître d'Ascher ». À ce titre, cette oeuvre peut être attribuée au cercle du « Maître d'Ascher ».
Comme l’a précisé Bernard de Grunne (Maîtres de la Côte d’Ivoire, Paris, 2014, pp. 81-106), cette dénomination ne renvoie pas à une main unique, mais à au moins trois artistes étroitement apparentés, œuvrant au sein d’une même filiation stylistique. L’appellation rend hommage à une célèbre figure baulé assise, autrefois conservée dans la collection d’Ernest Ascher et acquise vers 1926 par le collectionneur suisse G. F. Keller. L’artiste à l’origine de l’élaboration du prototype stylistique est considéré par Bernard de Grunne comme ayant été actif entre environ 1870 et 1920.
Au sein de l’art baulé, le groupe du « Maître d'Ascher » occupe une position centrale en tant qu’incarnation de son esthétique la plus classique et la plus aristocratique. L’œuvre présentée réunit les caractéristiques canoniques associées aux statues attribuées à ce groupe, notamment les époux spirituels (blolo bla et blolo bian) ainsi que les sculptures de prestige, qui se distinguent par une beauté naturaliste saisissante, une variété raffinée de gestes et une complexité exceptionnelle des coiffures. Les proportions élancées, la sérénité de l’attitude, le modelé délicat des traits du visage aux yeux mi-clos, ainsi que la maîtrise rigoureuse des scarifications concourent à une vision idéalisée de la perfection humaine et spirituelle. Loin de constituer des portraits au sens littéral, ces œuvres expriment les conceptions baulé du blô, entendu comme l’unité de la beauté, de la bonté et de l’équilibre moral.
Robert Goldwater’s seminal publication Baule Sculpture from the Ivory Coast (New York, 1960) fundamentally transformed the study of African art by introducing a method of stylistic connoisseurship that approached Baule sculpture as the product of identifiable artistic personalities rather than anonymous cultural output. Although Goldwater himself did not formally name individual masters, his analytical framework, based on close formal analysis and stylistic coherence, laid the groundwork for subsequent scholarship.
Within this tradition, a small and exceptionally refined corpus of Baule figures, comprising roughly twelve seated and standing sculptures, was later grouped under the collective designation of the "Master of Ascher". In this sense, our present lot can be attributed to the Circle of the "Master of Ascher".
As clarified by Bernard de Grunne (Maîtres de la Côte d’Ivoire, Paris, 2014, pp. 81-106), this name refers not to a single hand but to at least three closely related artists working within the same stylistic lineage. The appellation pays homage to a celebrated seated Baule figure formerly in the collection of Ernest Ascher and acquired around 1926 by the Swiss collector G. F. Keller. The artist responsible for establishing the stylistic prototype, is believed by de Grunne to have been active between approximately 1870 and 1920.
Within Baule art, the "Master of Ascher" group occupies a central position as the embodiment of its most classical and aristocratic aesthetic. The present work brings together the canonical features associated with figures attributed to this group, most notably spirit spouses (blolo bla and blolo bian) and prestige sculptures, characterized by striking naturalistic beauty, a refined variety of gestures, and an exceptional complexity of coiffures. Elongated proportions, serene composure, delicately modeled facial features with half-closed eyes, and precisely controlled scarification contribute to an idealized vision of both human and spiritual perfection. Far from constituting literal portraits, these works articulate Baule concepts of blô, the unity of beauty, goodness, and moral balance.
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