Lot Essay
« Les Yasoua constituent des sous-groupes de l’ethnie gouro du centre vivant autour des villes de Zuénoula, Mamnigi et Tibeita. […] Sont attribués au « Maître des Yasoua » des masques Gou. […] Je suppose que ce « Maître des Yasoua » a été en activité entre 1920 et 1940. Ses œuvres sont conservées au musée Barbier-Mueller, au Linden-Museum de Stuttgart ainsi que dans des collections suisses et belges. Les masques féminins de ce Maître sont exécutés dans un bois lourd finement veiné, teinté foncé, rehaussé de quelques ajouts de pigments bleu et blanc. Ils sont relativement petits, d’une facture très soignée, et présentent un large éventail de coiffures et de scarifications sur le front, les joues et les tempes. Leurs visages sont caractérisés par un front plutôt large et bas, souvent très bombé […] ; les triples scarifications sont regroupées par cinq de façon symétrique. La bouche est toujours ouverte : la lèvre supérieure, finement ourlée, s’avance en pointe au-dessus de l’arc de la lèvre inférieure, laissant apparaître deux rangées de petites dents blanches et pointues. »1
À tous égards, ce masque Gu reflète les critères de la beauté idéale tels qu’elle est perçue par les Guro. Les dents y sont limées et la chevelure soigneusement coiffée, ici structurée par deux tresses encadrant le visage ; autant de signes d’un être civilisé, distinct du monde naturel et sauvage. Dans les pratiques culturelles guro des siècles passés, la femme mythique, ou ancêtre idéalisée, nommée Gu, incarne ce modèle féminin accompli. Épouse de Zamble, elle chante ses louanges, exécute des danses empreintes de sensualité rituelle et veille à la protection des jeunes épouses, les préservant de toute malveillance au sein de la famille dans laquelle elles ont été intégrées.
Pour des exemplaires analogues, issus du même atelier, voir celui publié dans Debbaut, J., Heusch, L. de et al., Utotombo. L’art d’Afrique noire dans les collections privées belges, Bruxelles, 1988, p. 150, n° 64, ainsi que celui conservé au Wereldmuseum Berg en Dal (inv. n° AM-22-4). Voir également la statue conservée au musée Barbier-Mueller (inv. n° BMG 1007-1), publiée dans Bouttiaux, A.-M., Guro, Milan, 2016, p. 132, n° 40.
1 Fischer, E. et Homberger, L., Les Maîtres de la sculpture de Côte d’Ivoire, Paris, 2015, pp. 41-44.
“The Yasua constitute sub-groups of the central Guro people living in the area surrounding the towns of Zuénoula, Mamnigi, and Tibeita. […] Gou masks are attributed to the ‘Master of the Yasua’. […] I assume that this ‘Master of the Yasua’ was active between 1920 and 1940. His works are preserved in the Barbier-Mueller Museum, the Linden Museum in Stuttgart, as well as in Swiss and Belgian collections. The female masks by this Master are carved from a heavy, finely veined wood, darkly stained and enhanced with a few applications of blue and white pigments. They are relatively small in scale, very finely executed, and display a wide range of coiffures and scarification patterns on the forehead, cheeks, and temples. Their faces are characterized by a rather broad and low forehead, often very domed […] ; the triple scarifications are symmetrically grouped in sets of five. The mouth is always open: the finely contoured upper lip projects to a point above the curve of the lower lip, revealing two rows of small, white, pointed teeth.”1
In every respect, this Gu mask reflects the criteria of ideal beauty as perceived by the Guro. The teeth are filed and the hair carefully arranged, here structured by two braids framing the face - clear markers of a civilized being, distinct from the natural and wild world. In Guro cultural practices of past centuries, the mythical woman, or idealized ancestress, named Gu, embodies this accomplished feminine model. As the wife of Zamble, she sings his praises, performs dances imbued with ritual sensuality, and ensures the protection of young brides, shielding them from any malevolence within the family into which they have been integrated.
For comparable examples from the same workshop, see the mask published in Debbaut, J., Heusch, L. de et al., Utotombo. L’art d’Afrique noire dans les collections privées belges, Brussels, 1988, p. 150, no. 64, as well as the example preserved at the Wereldmuseum Berg en Dal (inv. no. AM-22-4). See also the statue held in the musée Barbier-Mueller (inv. no. BMG 1007-1), published in Bouttiaux, A.-M., Guro, Milan, 2016, p. 132, no. 40.
1 Fischer, E. and Homberger, L., Les Maîtres de la sculpture de Côte d’Ivoire, Paris, 2015, pp. 41-44.
À tous égards, ce masque Gu reflète les critères de la beauté idéale tels qu’elle est perçue par les Guro. Les dents y sont limées et la chevelure soigneusement coiffée, ici structurée par deux tresses encadrant le visage ; autant de signes d’un être civilisé, distinct du monde naturel et sauvage. Dans les pratiques culturelles guro des siècles passés, la femme mythique, ou ancêtre idéalisée, nommée Gu, incarne ce modèle féminin accompli. Épouse de Zamble, elle chante ses louanges, exécute des danses empreintes de sensualité rituelle et veille à la protection des jeunes épouses, les préservant de toute malveillance au sein de la famille dans laquelle elles ont été intégrées.
Pour des exemplaires analogues, issus du même atelier, voir celui publié dans Debbaut, J., Heusch, L. de et al., Utotombo. L’art d’Afrique noire dans les collections privées belges, Bruxelles, 1988, p. 150, n° 64, ainsi que celui conservé au Wereldmuseum Berg en Dal (inv. n° AM-22-4). Voir également la statue conservée au musée Barbier-Mueller (inv. n° BMG 1007-1), publiée dans Bouttiaux, A.-M., Guro, Milan, 2016, p. 132, n° 40.
1 Fischer, E. et Homberger, L., Les Maîtres de la sculpture de Côte d’Ivoire, Paris, 2015, pp. 41-44.
“The Yasua constitute sub-groups of the central Guro people living in the area surrounding the towns of Zuénoula, Mamnigi, and Tibeita. […] Gou masks are attributed to the ‘Master of the Yasua’. […] I assume that this ‘Master of the Yasua’ was active between 1920 and 1940. His works are preserved in the Barbier-Mueller Museum, the Linden Museum in Stuttgart, as well as in Swiss and Belgian collections. The female masks by this Master are carved from a heavy, finely veined wood, darkly stained and enhanced with a few applications of blue and white pigments. They are relatively small in scale, very finely executed, and display a wide range of coiffures and scarification patterns on the forehead, cheeks, and temples. Their faces are characterized by a rather broad and low forehead, often very domed […] ; the triple scarifications are symmetrically grouped in sets of five. The mouth is always open: the finely contoured upper lip projects to a point above the curve of the lower lip, revealing two rows of small, white, pointed teeth.”1
In every respect, this Gu mask reflects the criteria of ideal beauty as perceived by the Guro. The teeth are filed and the hair carefully arranged, here structured by two braids framing the face - clear markers of a civilized being, distinct from the natural and wild world. In Guro cultural practices of past centuries, the mythical woman, or idealized ancestress, named Gu, embodies this accomplished feminine model. As the wife of Zamble, she sings his praises, performs dances imbued with ritual sensuality, and ensures the protection of young brides, shielding them from any malevolence within the family into which they have been integrated.
For comparable examples from the same workshop, see the mask published in Debbaut, J., Heusch, L. de et al., Utotombo. L’art d’Afrique noire dans les collections privées belges, Brussels, 1988, p. 150, no. 64, as well as the example preserved at the Wereldmuseum Berg en Dal (inv. no. AM-22-4). See also the statue held in the musée Barbier-Mueller (inv. no. BMG 1007-1), published in Bouttiaux, A.-M., Guro, Milan, 2016, p. 132, no. 40.
1 Fischer, E. and Homberger, L., Les Maîtres de la sculpture de Côte d’Ivoire, Paris, 2015, pp. 41-44.
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