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"Je vous offre ces vers qu'Amour m'a faict escrire..." (Diane. Premières amours, sonnet I)
DESPORTES, Philippe (1546-1606)
Les Premieres oeuvres... Paris : Mamert Patisson, 1600.
細節
DESPORTES, Philippe (1546-1606)
Les Premieres oeuvres... Paris : Mamert Patisson, 1600.
Exemplaire réglé, des bibliothèques Brunschwig et Wittock, revêtu d'une superbe reliure "à la Duodo" aux médaillons ornés de sept fleurs. Ce type de décor, dérivé des reliures à la fanfare, tient son nom de l'un de ses plus grands amateurs, aux côtés de De Thou : l'Italien Pietro Duodo, ambassadeur de Venise en France à la fin du XVIe siècle, qui fit habiller les volumes de sa bibliothèque de ce décor floral. Après leur découverte au XVIIIe siècle, ces reliures furent attribuées à tort à la bibliothèque de Marguerite de Valois pendant près de cent ans, les armes de Duodo (aux trois fleurs de lys, ornant parfois le médaillon central) ayant semé la confusion. Selon Hobson et Culot, cette reliure est issue de l'atelier parisien de dorure ayant travaillé pour Duodo : on y retrouve certains fers floraux et leur agencement est cohérent. Il s'agit en l'espèce d'une variante du décor à six fleurs disposées par rangs de trois ornant ses reliures : "les six fleurs plus une septième pour des volumes dont le format un peu plus grand demande des rangées à quatre ovales". On retrouve cette composition à rangs de quatre ovales sur un exemplaire de l'édition de 1687 des Oeuvres de Ronsard (Quentin-Bauchart, n° 49, reproduit, pl. VIII) ou sur un exemplaire de l'Office de la Vierge Marie de 1587 (Quentin-Bauchart, n° 4, reproduit, pl. IX), provenant vraisemblablement du même atelier. Si le nom des Ève est fréquemment avancé, cette attribution reste sans fondement. Nicolas Ducimetière mentionne un autre exemplaire de l'édition des Premieres oeuvres de 1600 relié "à la Duodo" : celui passé dans les collections Double, Lebeuf de Montgermont et marquis de La Baume-Pluvinel (sa vente, 18-19 juin 1981, n° 21).
La plus belle édition des Premières oeuvres, et la dernière revue par l'auteur : trente-cinquième depuis l'originale donnée en 1573, elle est particulièrement appréciée des bibliophiles en raison de la qualité de son impression et de sa parfaite composition typographique. Quatre poèmes y sont inédits, dont un sonnet de Ronsard, les deux auteurs s'étant réconciliés peu avant la mort du Vendômois en 1585.
L'orphelin originaire de Chartres se fait remarquer à Paris, alors qu'il récite un poème en l'honneur du roi Henri III pendant l'entracte de la représentation d'une comédie de Baïf. Très mondain en parallèle de sa carrière ecclésiastique, le jeune Desportes parvient à obtenir une charge de secrétaire de la chambre du roi et fréquente le "salon vert" de Madame de Retz, où il croise Ronsard. Un an après l'insuccès de la Franciade du Vendômois, Desportes publie ses Premières oeuvres, devenant le rival déclaré du "prince des poètes". Toujours à la recherche de nouvelles charges pouvant lui apporter des revenus, Desportes vit dans l'opulence, tout en continuant à composer des poésies amoureuses. Ses vers, marquant un retour au pétrarquisme, connaissent un succès immédiat, comme en témoignent la constante réimpression de ses Premières oeuvres – en fait son seul livre jamais publié – "rééditées presque chaque année (...) jusqu'à la fin du siècle, parfois augmentées de pièces nouvelles." (Jean Paul Barbier-Mueller, Dictionnaire..., C-D, p. 541).
USTC, 3101 ; Tchemerzine, II, p. 890 a) ("Dernière édition publiée du vivant de l'auteur ; elle est très complète, très belle et justement estimée.") ; J. P. Barbier-Mueller, MBP, IV-2, n° 18 (pour un autre exemplaire de cette édition) ; J. P. Barbier-Mueller, Dictionnaire..., pp. 541 et suiv. ; N. Ducimetière, Mignonne…, n° 63 ; A. Hobson et P. Culot, La Reliure en Italie et en France au XVIe siècle, Bibliotheca Wittockiana, n° 74 (exemplaire reproduit) et n° 68 ; Quentin Bauchart, Les femmes bibliophiles de France, Marguerite de Valois, pp. 127 et suiv. ; Diane Barbier-Mueller, Inventaire…, 196.
In-8 (171 x 103 mm). Collation : a8 A-Z8 Aa-Vv8 . Exemplaire réglé. Reliure de l'époque : maroquin brun, décor "à la Duodo" avec double encadrement sur les plats, l'un de palmettes et branches d'olivier et l'autre de fleurons dorés, séparés d'un double filet doré, autour d'un semé d'ovales de feuillages renfermant chacun une fleur tigée (sept fers différents sont utilisés, parmi lesquels un chardon, un oeillet, une fleur de lys non stylisée...), médaillon central de feuillage laissé vide entouré de quatre glands dorés, dos lisse reprenant partiellement le décor des plats avec un encadrement de palmettes et branches d'olivier autour de petits fers "à la grenade" et d'une guirlande d'ovales de feuillages enfermant chacun une fleur, l'ovale en pied légèrement plus petit, tranche dorées, filet doré sur les coupes. Sous emboîtage moderne (rousseurs éparses, reliure légèrement frottée, habilement restaurée aux coiffes, mors et coins).
Provenance : Sylvain S. Brunschwig (1891-1952 ; ex-libris ; sa vente, 28-30 mars 1955, n° 391, reliure reproduite ; autre reliure "à la Duodo" avec ovales par rangs de trois sur un exemplaire des Pseaumes de 1598 de Desportes, n° 390, reliure également reproduite) -- Dart (sa vente, 16-17 février 1977, n° 38) -- Michel Wittock (1936-2020 ; ex-libris ; sa vente, III, 7 octobre 2005, n° 15).
The most beautiful edition of Les Premieres oeuvres : ruled copy, from the Brunschwig and Wittock librairies, bound in a superb ‘Duodo-style’ binding with gilt flowered medallions featuring seven different blossoms.
Les Premieres oeuvres... Paris : Mamert Patisson, 1600.
Exemplaire réglé, des bibliothèques Brunschwig et Wittock, revêtu d'une superbe reliure "à la Duodo" aux médaillons ornés de sept fleurs. Ce type de décor, dérivé des reliures à la fanfare, tient son nom de l'un de ses plus grands amateurs, aux côtés de De Thou : l'Italien Pietro Duodo, ambassadeur de Venise en France à la fin du XVIe siècle, qui fit habiller les volumes de sa bibliothèque de ce décor floral. Après leur découverte au XVIIIe siècle, ces reliures furent attribuées à tort à la bibliothèque de Marguerite de Valois pendant près de cent ans, les armes de Duodo (aux trois fleurs de lys, ornant parfois le médaillon central) ayant semé la confusion. Selon Hobson et Culot, cette reliure est issue de l'atelier parisien de dorure ayant travaillé pour Duodo : on y retrouve certains fers floraux et leur agencement est cohérent. Il s'agit en l'espèce d'une variante du décor à six fleurs disposées par rangs de trois ornant ses reliures : "les six fleurs plus une septième pour des volumes dont le format un peu plus grand demande des rangées à quatre ovales". On retrouve cette composition à rangs de quatre ovales sur un exemplaire de l'édition de 1687 des Oeuvres de Ronsard (Quentin-Bauchart, n° 49, reproduit, pl. VIII) ou sur un exemplaire de l'Office de la Vierge Marie de 1587 (Quentin-Bauchart, n° 4, reproduit, pl. IX), provenant vraisemblablement du même atelier. Si le nom des Ève est fréquemment avancé, cette attribution reste sans fondement. Nicolas Ducimetière mentionne un autre exemplaire de l'édition des Premieres oeuvres de 1600 relié "à la Duodo" : celui passé dans les collections Double, Lebeuf de Montgermont et marquis de La Baume-Pluvinel (sa vente, 18-19 juin 1981, n° 21).
La plus belle édition des Premières oeuvres, et la dernière revue par l'auteur : trente-cinquième depuis l'originale donnée en 1573, elle est particulièrement appréciée des bibliophiles en raison de la qualité de son impression et de sa parfaite composition typographique. Quatre poèmes y sont inédits, dont un sonnet de Ronsard, les deux auteurs s'étant réconciliés peu avant la mort du Vendômois en 1585.
L'orphelin originaire de Chartres se fait remarquer à Paris, alors qu'il récite un poème en l'honneur du roi Henri III pendant l'entracte de la représentation d'une comédie de Baïf. Très mondain en parallèle de sa carrière ecclésiastique, le jeune Desportes parvient à obtenir une charge de secrétaire de la chambre du roi et fréquente le "salon vert" de Madame de Retz, où il croise Ronsard. Un an après l'insuccès de la Franciade du Vendômois, Desportes publie ses Premières oeuvres, devenant le rival déclaré du "prince des poètes". Toujours à la recherche de nouvelles charges pouvant lui apporter des revenus, Desportes vit dans l'opulence, tout en continuant à composer des poésies amoureuses. Ses vers, marquant un retour au pétrarquisme, connaissent un succès immédiat, comme en témoignent la constante réimpression de ses Premières oeuvres – en fait son seul livre jamais publié – "rééditées presque chaque année (...) jusqu'à la fin du siècle, parfois augmentées de pièces nouvelles." (Jean Paul Barbier-Mueller, Dictionnaire..., C-D, p. 541).
USTC, 3101 ; Tchemerzine, II, p. 890 a) ("Dernière édition publiée du vivant de l'auteur ; elle est très complète, très belle et justement estimée.") ; J. P. Barbier-Mueller, MBP, IV-2, n° 18 (pour un autre exemplaire de cette édition) ; J. P. Barbier-Mueller, Dictionnaire..., pp. 541 et suiv. ; N. Ducimetière, Mignonne…, n° 63 ; A. Hobson et P. Culot, La Reliure en Italie et en France au XVIe siècle, Bibliotheca Wittockiana, n° 74 (exemplaire reproduit) et n° 68 ; Quentin Bauchart, Les femmes bibliophiles de France, Marguerite de Valois, pp. 127 et suiv. ; Diane Barbier-Mueller, Inventaire…, 196.
In-8 (171 x 103 mm). Collation : a8 A-Z8 Aa-Vv8 . Exemplaire réglé. Reliure de l'époque : maroquin brun, décor "à la Duodo" avec double encadrement sur les plats, l'un de palmettes et branches d'olivier et l'autre de fleurons dorés, séparés d'un double filet doré, autour d'un semé d'ovales de feuillages renfermant chacun une fleur tigée (sept fers différents sont utilisés, parmi lesquels un chardon, un oeillet, une fleur de lys non stylisée...), médaillon central de feuillage laissé vide entouré de quatre glands dorés, dos lisse reprenant partiellement le décor des plats avec un encadrement de palmettes et branches d'olivier autour de petits fers "à la grenade" et d'une guirlande d'ovales de feuillages enfermant chacun une fleur, l'ovale en pied légèrement plus petit, tranche dorées, filet doré sur les coupes. Sous emboîtage moderne (rousseurs éparses, reliure légèrement frottée, habilement restaurée aux coiffes, mors et coins).
Provenance : Sylvain S. Brunschwig (1891-1952 ; ex-libris ; sa vente, 28-30 mars 1955, n° 391, reliure reproduite ; autre reliure "à la Duodo" avec ovales par rangs de trois sur un exemplaire des Pseaumes de 1598 de Desportes, n° 390, reliure également reproduite) -- Dart (sa vente, 16-17 février 1977, n° 38) -- Michel Wittock (1936-2020 ; ex-libris ; sa vente, III, 7 octobre 2005, n° 15).
The most beautiful edition of Les Premieres oeuvres : ruled copy, from the Brunschwig and Wittock librairies, bound in a superb ‘Duodo-style’ binding with gilt flowered medallions featuring seven different blossoms.
榮譽呈獻

Roxane Ricros
Junior Specialist