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"Je consultais Nostradamus avant d'entreprendre quoi que ce soit de vital et périlleux, qu'il s'agisse d'acheter une rareté chez Pierre Berès ou de me battre en duel" - Jean Paul Barbier-Mueller
NOSTRADAMUS, Michel de Nostredame, dit (1503-1566)
Les Propheties...Dont il y en a trois cens qui n'ont encores jamais esté imprimées. Adjoustées de nouveau par ledict Autheur. Lyon : Besnoist Rigaud, 1568 [relié avec, du même:] Les Propheties...Centuries VIII.IX.X. Qui n'ont encores jamais esté imprimees. Lyon : Benoist Rigaud, s.d.
Details
NOSTRADAMUS, Michel de Nostredame, dit (1503-1566)
Les Propheties...Dont il y en a trois cens qui n'ont encores jamais esté imprimées. Adjoustées de nouveau par ledict Autheur. Lyon : Besnoist Rigaud, 1568 [relié avec, du même:] Les Propheties...Centuries VIII.IX.X. Qui n'ont encores jamais esté imprimees. Lyon : Benoist Rigaud, s.d.
Édition ancienne des célèbres prophéties de Nostradamus.
"Sans doute Nostradamus eût-il été bien étonné de se retrouver au sein d'un catalogue de livres poétiques français. Lui-même ne prétendait pas être nourri par les Muses, même si la Poésie et la Prophétie sont deux des quatre fureurs divines platoniciennes et même si le poète est un vates. [...] Il a choisi d'enfermer ses prophéties dans des quatrains rimés pour la forme, dont j'ai déjà dit qu'ils ne respectaient pas l'alternance des rimes masculines et féminines. Ces courts 'poèmes' se prêtaient à un langage obscur, dense et propice aux interprétations diverses..." (MBP, IV-4, p. 462).
Plus que des poètes, Nostradamus s'inscrit dans la tradition des faiseurs d'almanachs, qui, au milieu du XVIIIe siècle, ne comprenaient que la date, le saint du jour ainsi qu'une prophétie lapidaire, tenant en quelques mots, avant de se faire un peu plus élaborée, et parfois rimée. Le plus célèbre des quatrains de Nostradamus se trouve dans la première centurie (n°XXXV, p. 19 de l'exemplaire) – il est fréquemment lu comme ayant annoncé la mort tragique du roi Henri II lors de sa joute face au comte de Montgomery, le 30 juin 1559 : "Le lyon ieune le vieux surmontera/En champ bellique par singulier duelle :/Dans cage d’or les yeux luy creuera,/Deux classes une, puis mourir, mort cruelle." "On comprend que l'astrophile, après ce coup au but d'une chance inouïe, ait été si bien en cour auprès de la veuve du défunt, d'une nature déjà superstitieuse!" (MBP, IV-4, p. 460).
L'édition princeps des prophéties fut donnée au printemps 1555 par Macé Bonhomme. C'est, immédiatement, un immense succès de libraire, favorisé aussi par le goût de l'astronomie et des prophéties, nourri par l'arrivée de Catherine de Médicis et de son aréopage de savants et de mages à la Cour.
Pour la seconde partie, "la mention 'qui n'ont encores jamais esté imprimees' est une escroquerie au chaland, perpétuée par plusieurs libraires ou imprimeurs du XVIIe siècle" (MBP, IV-4, p. 450). Ces centuries avaient en effet paru pour la première fois en 1558 dans une édition de Jean de Tournes.
L'importante demande et le nombre de rééditions, souvent sous les mêmes adresses, rend l'identification précise des éditions particulièrement ardue. Signalons que les pages de titre présentent les vignettes 2 et 4, et les fleurons 24 et 25 de la classification de Chomarat-Laroche, ainsi qu'à la page 125 le fleuron n°17 ; et que l'exemplaire présente des similitudes avec plusieurs éditions décrites par Daniel Ruzo (Le Testament de Nostradamus, pp. 340-373).
J. P. Barbier-Mueller, MBP IV-4, n° 36 ; Diane Barbier-Mueller, Inventaire... 567-568 ; Brunet, IV, col. 105 ; En Français dans le texte, cat. 64 pour une autre édition.
2 ouvrages reliés en 1 volume petit in-8 (112 x 73 mm). Une vignette gravée sur bois sur chacune des pages de titre.
Reliure moderne : maroquin ébène, décor de maroquin havane mosaïqué d'inspiration mauresque, chiffre du collectionneur doré sur les plats, dos à nerfs orné à froid, doublure de maroquin havane, garde de moire brune, chemise, double étui (mouillures et salissures dans l'ensemble du volume, restaurations marginales au premier titre). La reliure d'origine, en vélin souple, est conservée dans son propre emboîtage mais dans le même étui commun. Jean Paul Barbier-Mueller indique, à ce propos : "J'ai acquis ce livre en 1958 chez la regrettée Paulette Huguenin, excellente libraire formée à l'école de Nicolas Rauch [...] Le livre était alors relié en vélin souple [...] Je l'ai gardé dans cet état jusqu'en 1995, année où j'ai dû me rendre à l'évidence : quand je consultais Nostradamus (avant d'entreprendre quoi que ce soit de vital et périlleux, qu'il s'agisse d'acheter une rareté chez Pierre Berès ou de me battre en duel), les pages déreliées s'éparpillaient autour de moi comme les feuilles à l'automne. [...] Nous n'avons pas essayé de laver ou d'améliorer le volume, en dehors d'un petit renforcement à un angle de la première page de titre. Etait-ce faisable? Ceux qui sont familiers des productions de Benoît Rigaud savent que ce libraire recourait à de piètres imprimeurs (ici Pierre Roussin) et faisait des économies sur la qualité du papier" (MBP, IV-4, pp. 455-456).
Gathering of two parts of Nostradamus' Prophecies, a true 16th century best-seller.
Les Propheties...Dont il y en a trois cens qui n'ont encores jamais esté imprimées. Adjoustées de nouveau par ledict Autheur. Lyon : Besnoist Rigaud, 1568 [relié avec, du même:] Les Propheties...Centuries VIII.IX.X. Qui n'ont encores jamais esté imprimees. Lyon : Benoist Rigaud, s.d.
Édition ancienne des célèbres prophéties de Nostradamus.
"Sans doute Nostradamus eût-il été bien étonné de se retrouver au sein d'un catalogue de livres poétiques français. Lui-même ne prétendait pas être nourri par les Muses, même si la Poésie et la Prophétie sont deux des quatre fureurs divines platoniciennes et même si le poète est un vates. [...] Il a choisi d'enfermer ses prophéties dans des quatrains rimés pour la forme, dont j'ai déjà dit qu'ils ne respectaient pas l'alternance des rimes masculines et féminines. Ces courts 'poèmes' se prêtaient à un langage obscur, dense et propice aux interprétations diverses..." (MBP, IV-4, p. 462).
Plus que des poètes, Nostradamus s'inscrit dans la tradition des faiseurs d'almanachs, qui, au milieu du XVIIIe siècle, ne comprenaient que la date, le saint du jour ainsi qu'une prophétie lapidaire, tenant en quelques mots, avant de se faire un peu plus élaborée, et parfois rimée. Le plus célèbre des quatrains de Nostradamus se trouve dans la première centurie (n°XXXV, p. 19 de l'exemplaire) – il est fréquemment lu comme ayant annoncé la mort tragique du roi Henri II lors de sa joute face au comte de Montgomery, le 30 juin 1559 : "Le lyon ieune le vieux surmontera/En champ bellique par singulier duelle :/Dans cage d’or les yeux luy creuera,/Deux classes une, puis mourir, mort cruelle." "On comprend que l'astrophile, après ce coup au but d'une chance inouïe, ait été si bien en cour auprès de la veuve du défunt, d'une nature déjà superstitieuse!" (MBP, IV-4, p. 460).
L'édition princeps des prophéties fut donnée au printemps 1555 par Macé Bonhomme. C'est, immédiatement, un immense succès de libraire, favorisé aussi par le goût de l'astronomie et des prophéties, nourri par l'arrivée de Catherine de Médicis et de son aréopage de savants et de mages à la Cour.
Pour la seconde partie, "la mention 'qui n'ont encores jamais esté imprimees' est une escroquerie au chaland, perpétuée par plusieurs libraires ou imprimeurs du XVIIe siècle" (MBP, IV-4, p. 450). Ces centuries avaient en effet paru pour la première fois en 1558 dans une édition de Jean de Tournes.
L'importante demande et le nombre de rééditions, souvent sous les mêmes adresses, rend l'identification précise des éditions particulièrement ardue. Signalons que les pages de titre présentent les vignettes 2 et 4, et les fleurons 24 et 25 de la classification de Chomarat-Laroche, ainsi qu'à la page 125 le fleuron n°17 ; et que l'exemplaire présente des similitudes avec plusieurs éditions décrites par Daniel Ruzo (Le Testament de Nostradamus, pp. 340-373).
J. P. Barbier-Mueller, MBP IV-4, n° 36 ; Diane Barbier-Mueller, Inventaire... 567-568 ; Brunet, IV, col. 105 ; En Français dans le texte, cat. 64 pour une autre édition.
2 ouvrages reliés en 1 volume petit in-8 (112 x 73 mm). Une vignette gravée sur bois sur chacune des pages de titre.
Reliure moderne : maroquin ébène, décor de maroquin havane mosaïqué d'inspiration mauresque, chiffre du collectionneur doré sur les plats, dos à nerfs orné à froid, doublure de maroquin havane, garde de moire brune, chemise, double étui (mouillures et salissures dans l'ensemble du volume, restaurations marginales au premier titre). La reliure d'origine, en vélin souple, est conservée dans son propre emboîtage mais dans le même étui commun. Jean Paul Barbier-Mueller indique, à ce propos : "J'ai acquis ce livre en 1958 chez la regrettée Paulette Huguenin, excellente libraire formée à l'école de Nicolas Rauch [...] Le livre était alors relié en vélin souple [...] Je l'ai gardé dans cet état jusqu'en 1995, année où j'ai dû me rendre à l'évidence : quand je consultais Nostradamus (avant d'entreprendre quoi que ce soit de vital et périlleux, qu'il s'agisse d'acheter une rareté chez Pierre Berès ou de me battre en duel), les pages déreliées s'éparpillaient autour de moi comme les feuilles à l'automne. [...] Nous n'avons pas essayé de laver ou d'améliorer le volume, en dehors d'un petit renforcement à un angle de la première page de titre. Etait-ce faisable? Ceux qui sont familiers des productions de Benoît Rigaud savent que ce libraire recourait à de piètres imprimeurs (ici Pierre Roussin) et faisait des économies sur la qualité du papier" (MBP, IV-4, pp. 455-456).
Gathering of two parts of Nostradamus' Prophecies, a true 16th century best-seller.
Brought to you by

Roxane Ricros
Junior Specialist