![[SIGOGNE, Charles-Timoléon de Beauxoncles, sieur de (attribué à), (c. 1560-1611)]](https://www.christies.com/img/LotImages/2026/PAR/2026_PAR_24597_0099_001(sigogne_charles-timoleon_de_beauxoncles_sieur_de_la_bourgeoise_desbauc022236).jpg?w=1)
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"Sigogne a créé en France la poésie burlesque [...] Il a été d'abord -bien plus que Maturin Régnier- le maître ou plutôt le modèle des poètes satiriques" (Pierre Louÿs).
[SIGOGNE, Charles-Timoléon de Beauxoncles, sieur de (attribué à), (c. 1560-1611)]
La Bourgeoise desbauchee. Paris : pour Nicolas Rousset, sans date [1610] [Relié avec :] La Gazette. Paris : jouxte la copie imprimée par Jean Petit à Rouen, 1609. [Et:] Les Couriers, ou suitte de la Gazette. Sans lieu ni date.
Details
[SIGOGNE, Charles-Timoléon de Beauxoncles, sieur de (attribué à), (c. 1560-1611)]
La Bourgeoise desbauchee. Paris : pour Nicolas Rousset, sans date [1610] [Relié avec :] La Gazette. Paris : jouxte la copie imprimée par Jean Petit à Rouen, 1609. [Et:] Les Couriers, ou suitte de la Gazette. Sans lieu ni date.
Précieuse réunion, en beau maroquin ancien, de trois rarissimes plaquettes satiriques.
Fernand Fleuret et Louis Perceau, éditeurs des Satyres du sieur de Sigogne (Paris, 1911), et, à leur suite, Frédéric Lachèvre, attribuent à Sigogne la première de ces plaquettes, initialement publiée en 1609 à Rouen, par Jean Petit, sous le titre La Petite Bourgeoize. Il s'agit ici de la seconde édition, donnée à Paris pour Nicolas Rousset, sous le titre plus aguicheur de Bourgeoise desbauchée. Le frontispice gravé reprend la composition de celui de l'édition rouennaise, en l'inversant horizontalement. Fernand Fleuret affirme d'ailleurs que c'est la ville de Dieppe, son château et la rivière d'Arcques que l'on devine en arrière-plan de l'éponyme bourgeoise. Si cette seconde édition n'est pas datée, le privilège du roi porte la date du 16 février 1610 ; l'on sait, en outre, grâce au journal de Pierre de l'Estoile, que le 18 février, l'on vendait dans les rues, "une fadèze nouvelle, toute propre pour les jours gras, bastie et rythmée de mesmes, intitulée: la Bourgeoise desbauchée (...) J'ay donné, de ceste baguenaude, ung sol".
L'ouvrage est un curieux texte, relation versifiée de la journée de la Bourgeoise, qui bien souvent demeure "au lict jusq'à dix ou unze heure" avant de se diriger vers son miroir, "puis s'imagine et se fait croire, estre une Diane en beauté, et Judith en pudicité". Puis l'auteur de passer en revue la coiffure, la tenue et la parure de la dame, qui se rend ensuite à la Messe. "Ma Bourgeoise fait par compas, quelquefois des mea culpas, en contrefaisant la dolente, la bigote ou la penitente". Un repas promptement expédié avec son mari, "ma bourgeoise apres le disner, entendant une heure sonner, son cul n'a relâche ny trefve, non plus qu'un fricasseur de febve, soit qu'elle attende un amoureux, soit que son coeur soit desireux". Elle reçoit l'un de ses prétendants, et ensemble, se moquent d'un mari "Qui soit au lict, ou à la table, il est en tout desagreable: lui baille plus de sobriquets, qu'on ne feroit à un laquais (...) Et , proche parent de Jean-cu, Et cousin germain du Coqu". Après souper, direction le "quay", bien entendu en bonne compagnie: "Adieu donc bon soir, ma Bourgeoise, allez vous en sans faire noise, avec vos droles d'amoureux, qui ceste nuict sont desireux". Une adresse finale au lecteur tempère ce portrait, indiquant qu'il vise surtout à le faire rire, et "cognoistre les ruses et stratagemes dont usent celles qui feignent porter le titre d'honneur, et contrefaire les femmes honnestes".
Cette première plaquette est suivie d'une seconde, tout aussi curieuse : La Gazette imprimée à Rouen en 1609. Le seul autre exemplaire dont nous retrouvons la trace est celui de Viollet-le Duc. Il le décrit dans son Catalogue, ajoutant : "Il est bien fâcheux que ce petit livre soit en si mauvais état, car je ne l'ai jamais revu, les bibliographies n'en font pas mention, et je le crois de la plus grande rareté" (Catalogue, 1843, pp. 349-350). "C'est une sorte de satire, en forme de programme, des gazettes en vers que l'on faisait alors à la main, mais dont on a imprimé quelques unes, qui font partie de cette collection. Dans ce programme, comme dans ceux que l'on fait aujourd'hui, on promettait beaucoup plus que l'on ne voulait et que l'on ne pouvait tenir". Brunet (II, col. 1515) décrit l'édition d'après l'exemplaire Viollet-le-Duc, et n'en a probablement pas vu d'autre.
Le volume se clôt avec Les Couriers, ou suite de la Gazette, sans nom d'auteur, lieu ou date d'édition.
Les trois opuscules ici réunis sont tous d'une insigne rareté : on ne connaît de la Bourgeoise qu'un autre exemplaire conservé au Pays de Galles, à l'exemplaire Viollet-le-Duc de la Gazette ne s'ajoutent que 4 exemplaires en institutions, et nous n'avons trouvé trace d'aucun autre exemplaire des Couriers. Aucun exemplaire de ces plaquettes n'est référencé en vente publique, hormis l'exemplaire Viollet-le-Duc passé en vente en 1972 (Swann, 28 septembre 1972, lot n°131).
J. P. Barbier-Mueller, Dictionnaire...Q-W, pp. 406-420 ; Diane Barbier-Mueller, Inventaire..., 808-809 ; N. Ducimetière, Mignonne..., n° 140 ; F. Lachèvre, Les Recueils collectifs de poésies libres et satiriques, pp. 555-556 ; L. Liviot, "La Bourgeoise desbauchée (1610)", dans Revue des livres anciens, 1914, I, pp. 78-86 ; F. Fleuret et L. Perceau, Les Oeuvres satyriques du Sieur de Sigogne, 1910, pp. LXIX-LXX.
3 pièces reliées en 1 volume in-12 (139 x 77 mm). 2 titres gravés. 54 pp. et 5 pp. n. ch. + 72 pp. + 11 pp. et 1 p. n. ch. ; sig. A-D8/4 E6, puis A-F 8⁄4, puis A6.
Reliure de l'extrême fin du XVIIIe ou du tout début du XIXe siècle : maroquin citron, multiples encadrements dorés sur les plats, en pointillés, roulette de grecques, filets ou aux petits fers, dos lisse orné avec faux-nerfs, fleurons dorés, pièce de titre de maroquin ébène, roulette dorée sur les coupes, gardes de papier marbré, tranches dorées (découpage ancien à l'adresse de la Gazette avec atteinte au texte, légères rousseurs ; quelques petits travaux de vers aux mors, légers frottements aux coiffes et coins).
Provenance : une signature ancienne partiellement découpée en bas du frontispice de La Gazette -- Dominique Martin Méon (1748-1829 ; sa cote à l'encre rouge au bas du premier frontispice ; sa vente, Paris, 1803, lot n°1825, adjugé à Lernormand, commissaire-priseur) -- J. Coudre (sa vente, Paris, 23-25 mai 1912, lot n°288) -- Louis Loviot (1886-1918 ; sa vente, Paris, 1919, lot n°48) -- Edmée Maus (1905-1971 ; ex-libris).
A most precious sammelband of three satirical publications, neither known in more than four institutional copies. Seemingly one of two copies known to have been offered at auction. Bound in elegant late 18th-early 19th century morocco.
La Bourgeoise desbauchee. Paris : pour Nicolas Rousset, sans date [1610] [Relié avec :] La Gazette. Paris : jouxte la copie imprimée par Jean Petit à Rouen, 1609. [Et:] Les Couriers, ou suitte de la Gazette. Sans lieu ni date.
Précieuse réunion, en beau maroquin ancien, de trois rarissimes plaquettes satiriques.
Fernand Fleuret et Louis Perceau, éditeurs des Satyres du sieur de Sigogne (Paris, 1911), et, à leur suite, Frédéric Lachèvre, attribuent à Sigogne la première de ces plaquettes, initialement publiée en 1609 à Rouen, par Jean Petit, sous le titre La Petite Bourgeoize. Il s'agit ici de la seconde édition, donnée à Paris pour Nicolas Rousset, sous le titre plus aguicheur de Bourgeoise desbauchée. Le frontispice gravé reprend la composition de celui de l'édition rouennaise, en l'inversant horizontalement. Fernand Fleuret affirme d'ailleurs que c'est la ville de Dieppe, son château et la rivière d'Arcques que l'on devine en arrière-plan de l'éponyme bourgeoise. Si cette seconde édition n'est pas datée, le privilège du roi porte la date du 16 février 1610 ; l'on sait, en outre, grâce au journal de Pierre de l'Estoile, que le 18 février, l'on vendait dans les rues, "une fadèze nouvelle, toute propre pour les jours gras, bastie et rythmée de mesmes, intitulée: la Bourgeoise desbauchée (...) J'ay donné, de ceste baguenaude, ung sol".
L'ouvrage est un curieux texte, relation versifiée de la journée de la Bourgeoise, qui bien souvent demeure "au lict jusq'à dix ou unze heure" avant de se diriger vers son miroir, "puis s'imagine et se fait croire, estre une Diane en beauté, et Judith en pudicité". Puis l'auteur de passer en revue la coiffure, la tenue et la parure de la dame, qui se rend ensuite à la Messe. "Ma Bourgeoise fait par compas, quelquefois des mea culpas, en contrefaisant la dolente, la bigote ou la penitente". Un repas promptement expédié avec son mari, "ma bourgeoise apres le disner, entendant une heure sonner, son cul n'a relâche ny trefve, non plus qu'un fricasseur de febve, soit qu'elle attende un amoureux, soit que son coeur soit desireux". Elle reçoit l'un de ses prétendants, et ensemble, se moquent d'un mari "Qui soit au lict, ou à la table, il est en tout desagreable: lui baille plus de sobriquets, qu'on ne feroit à un laquais (...) Et , proche parent de Jean-cu, Et cousin germain du Coqu". Après souper, direction le "quay", bien entendu en bonne compagnie: "Adieu donc bon soir, ma Bourgeoise, allez vous en sans faire noise, avec vos droles d'amoureux, qui ceste nuict sont desireux". Une adresse finale au lecteur tempère ce portrait, indiquant qu'il vise surtout à le faire rire, et "cognoistre les ruses et stratagemes dont usent celles qui feignent porter le titre d'honneur, et contrefaire les femmes honnestes".
Cette première plaquette est suivie d'une seconde, tout aussi curieuse : La Gazette imprimée à Rouen en 1609. Le seul autre exemplaire dont nous retrouvons la trace est celui de Viollet-le Duc. Il le décrit dans son Catalogue, ajoutant : "Il est bien fâcheux que ce petit livre soit en si mauvais état, car je ne l'ai jamais revu, les bibliographies n'en font pas mention, et je le crois de la plus grande rareté" (Catalogue, 1843, pp. 349-350). "C'est une sorte de satire, en forme de programme, des gazettes en vers que l'on faisait alors à la main, mais dont on a imprimé quelques unes, qui font partie de cette collection. Dans ce programme, comme dans ceux que l'on fait aujourd'hui, on promettait beaucoup plus que l'on ne voulait et que l'on ne pouvait tenir". Brunet (II, col. 1515) décrit l'édition d'après l'exemplaire Viollet-le-Duc, et n'en a probablement pas vu d'autre.
Le volume se clôt avec Les Couriers, ou suite de la Gazette, sans nom d'auteur, lieu ou date d'édition.
Les trois opuscules ici réunis sont tous d'une insigne rareté : on ne connaît de la Bourgeoise qu'un autre exemplaire conservé au Pays de Galles, à l'exemplaire Viollet-le-Duc de la Gazette ne s'ajoutent que 4 exemplaires en institutions, et nous n'avons trouvé trace d'aucun autre exemplaire des Couriers. Aucun exemplaire de ces plaquettes n'est référencé en vente publique, hormis l'exemplaire Viollet-le-Duc passé en vente en 1972 (Swann, 28 septembre 1972, lot n°131).
J. P. Barbier-Mueller, Dictionnaire...Q-W, pp. 406-420 ; Diane Barbier-Mueller, Inventaire..., 808-809 ; N. Ducimetière, Mignonne..., n° 140 ; F. Lachèvre, Les Recueils collectifs de poésies libres et satiriques, pp. 555-556 ; L. Liviot, "La Bourgeoise desbauchée (1610)", dans Revue des livres anciens, 1914, I, pp. 78-86 ; F. Fleuret et L. Perceau, Les Oeuvres satyriques du Sieur de Sigogne, 1910, pp. LXIX-LXX.
3 pièces reliées en 1 volume in-12 (139 x 77 mm). 2 titres gravés. 54 pp. et 5 pp. n. ch. + 72 pp. + 11 pp. et 1 p. n. ch. ; sig. A-D8/4 E6, puis A-F 8⁄4, puis A6.
Reliure de l'extrême fin du XVIIIe ou du tout début du XIXe siècle : maroquin citron, multiples encadrements dorés sur les plats, en pointillés, roulette de grecques, filets ou aux petits fers, dos lisse orné avec faux-nerfs, fleurons dorés, pièce de titre de maroquin ébène, roulette dorée sur les coupes, gardes de papier marbré, tranches dorées (découpage ancien à l'adresse de la Gazette avec atteinte au texte, légères rousseurs ; quelques petits travaux de vers aux mors, légers frottements aux coiffes et coins).
Provenance : une signature ancienne partiellement découpée en bas du frontispice de La Gazette -- Dominique Martin Méon (1748-1829 ; sa cote à l'encre rouge au bas du premier frontispice ; sa vente, Paris, 1803, lot n°1825, adjugé à Lernormand, commissaire-priseur) -- J. Coudre (sa vente, Paris, 23-25 mai 1912, lot n°288) -- Louis Loviot (1886-1918 ; sa vente, Paris, 1919, lot n°48) -- Edmée Maus (1905-1971 ; ex-libris).
A most precious sammelband of three satirical publications, neither known in more than four institutional copies. Seemingly one of two copies known to have been offered at auction. Bound in elegant late 18th-early 19th century morocco.
Brought to you by

Roxane Ricros
Junior Specialist