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Deux discours de la nature du Monde, & de ses parties. Paris : Mamert Patisson, au logis de Robert Estienne, 1578.
Details
[TYARD, Pontus de (1521-1605)]
Deux discours de la nature du Monde, & de ses parties. Paris : Mamert Patisson, au logis de Robert Estienne, 1578.
Précieux exemplaire de dédicace, en maroquin aux armes royales, sur grand papier, comprenant deux poèmes manuscrits en début et fin de volume.
La reliure n'a pas été exécutée par les ateliers royaux, mais plus vraisemblablement commandée par l'auteur, avec pour dessein d'offrir l'exemplaire au roi Henri III, ce qui explique les différences de son décor avec celui d'autres reliures provenant de la bibliothèque royale. Fabienne Le Bars, citant l'exemplaire dans son article sur les reliures du roi, explique en effet que "lorsqu'un relieur qui ne possède pas le bloc d'armes officiel recourt exclusivement à la dorure pour créer les armes royales, elles ne peuvent que très rarement être personnalisées ; en d'autres termes, il s'agit des armes de France, composées sur le modèle de celles déjà utilisées pour les précédents souverains, à savoir le blason de France (trois fleurs de lys) encadré du collier de Saint Michel. Ce collier est également composé pièce à pièce par le doreur à partir de son matériel de dorure, qui comprend le médaillon figurant Saint Michel, la coquille emblématique de l'ordre de chevalerie et l'élément de la cordelière. Ces armes étant composées et pouvant être réalisées dans plusieurs ateliers ainsi équipés, elles diffèrent sur chacun des exemplaires, dans le tracé comme dans la taille des éléments" ( "Les reliures de Henri III", in Henri III mécène : des arts, des sciences et des lettres. 2006, p. 230 et note 18).
La même logique expliquerait que si les poèmes manuscrits, lisibles en tête et en fin de volume, semblent bien avoir été composés par Pontus de Tyard, la comparaison avec les quelques autographes connus suggère qu'ils sont d'une autre main. Pour parachever l'exemplaire royal, le poète et futur prélat aurait ainsi tout à fait pu employer un calligraphe professionnel (voir Franco Giacone, "Trois poèmes inédits de Pontus de Tyard?", in Bibliothèque d'humanisme et Renaissance. Travaux et documents., XLIV, Genève, Librairie Droz, 1982, pp. 97-121). Ces poèmes n'ont jamais été publiés. "Ce poème De L'Eternité, copié au début du volume à l'attention du roi, était loin de reprendre la vision claire, stable et rassurante de l'Église en la matière : Pontus de Tyard envisageait au contraire une sorte de néant temporel, scandé par un négatif, lancinant et désespéré 'Jamais', présent dix fois en vingt vers! Toute la profondeur de l'angoisse du poète philosophe s'exprima dans ses vers, un sentiment sans doute bien compris par un autre être tourmenté aux pulsions morbides : Henri III" (N. Ducimetière, Mignonne..., n°35).
Cette seconde édition fait suite à l'originale, donnée en 1557 par le Lyonnais Jean de Tournes. La réédition s'est accompagnée d'un changement de titre, les Deux discours de la nature du Monde étant préférés à L'Univers, ou, Discours des Parties, et de la nature du monde qui ornait la page de titre de l'édition originale. "Il est indéniable que le nouveau titre [...] tempérait quelque peu le caractère typiquement scientifique du titre original en mettant davantage l'accent sur l'aspect philosophique du problème, ce qui pouvait paraître moins dangereux pour son auteur et le mettre ainsi à l'abri de représailles, toujours possibles, de la part du magistère de l'Eglise (F. Giacone, p. 108). "Tyard était à la veille d'être nommé évêque de Châlon et il lui fallait prendre des précautions dont le jeune protonotaire apostolique de 1557 ne se souciait guère" (MBP, III, p. 270).
USTC 2610 ; Brunet, V, col. 853 ; J. P. Barbier-Mueller, MBP, III, n°48 ; Diane Barbier-Mueller, Inventaire..., 867 ; J.P. Barbier-Mueller, Dictionnaire...Q-W, p. 755 (exemplaire cité).
In-4 (246 x 167 mm). Deuxième édition, la première sous ce titre. (6) 128 et (4) ff., sig. a6 A-Z4 a-k4. En outre, 2 feuillets de garde initiaux et 4 finaux ont été calligraphiés à l'encre brune. Exemplaire réglé. Bois gravé en marge du feuillet i1r.
Reliure de l'époque : maroquin olive, plats ornés d'un semis de fleurs de lys avec au centre les armes du roi Henri III, triple filet doré en encadrement, dos lisse orné du même semis encadré de filets dorés, coupes ornées, tranches dorées (quelques rousseurs éparses, petits manques marginaux et quelques feuillets un peu plus courts de marge ; reliure passée, coiffes, coins et parties des mors habilement restaurés, quelques petits frottements et accrocs).
Provenance : exemplaire de dédicace, offert au roi Henri III (1551-1589) -- signature manuscrite caviardée en partie supérieure du titre -- Lucien Gougy (1863-1931 ; sa vente, I, Paris, 5-8 mars 1934, lot n°238, av. rep. pl. XX) -- Edmée Maus (1905-1971 ; ex-libris).
The stunning presentation copy, on thick paper with wide margins, ruled in red, in contemporary olive morocco with the gilt arms of King Henri III. Later part of the Lucien Gougy and Edmée Maus libraries.
Deux discours de la nature du Monde, & de ses parties. Paris : Mamert Patisson, au logis de Robert Estienne, 1578.
Précieux exemplaire de dédicace, en maroquin aux armes royales, sur grand papier, comprenant deux poèmes manuscrits en début et fin de volume.
La reliure n'a pas été exécutée par les ateliers royaux, mais plus vraisemblablement commandée par l'auteur, avec pour dessein d'offrir l'exemplaire au roi Henri III, ce qui explique les différences de son décor avec celui d'autres reliures provenant de la bibliothèque royale. Fabienne Le Bars, citant l'exemplaire dans son article sur les reliures du roi, explique en effet que "lorsqu'un relieur qui ne possède pas le bloc d'armes officiel recourt exclusivement à la dorure pour créer les armes royales, elles ne peuvent que très rarement être personnalisées ; en d'autres termes, il s'agit des armes de France, composées sur le modèle de celles déjà utilisées pour les précédents souverains, à savoir le blason de France (trois fleurs de lys) encadré du collier de Saint Michel. Ce collier est également composé pièce à pièce par le doreur à partir de son matériel de dorure, qui comprend le médaillon figurant Saint Michel, la coquille emblématique de l'ordre de chevalerie et l'élément de la cordelière. Ces armes étant composées et pouvant être réalisées dans plusieurs ateliers ainsi équipés, elles diffèrent sur chacun des exemplaires, dans le tracé comme dans la taille des éléments" ( "Les reliures de Henri III", in Henri III mécène : des arts, des sciences et des lettres. 2006, p. 230 et note 18).
La même logique expliquerait que si les poèmes manuscrits, lisibles en tête et en fin de volume, semblent bien avoir été composés par Pontus de Tyard, la comparaison avec les quelques autographes connus suggère qu'ils sont d'une autre main. Pour parachever l'exemplaire royal, le poète et futur prélat aurait ainsi tout à fait pu employer un calligraphe professionnel (voir Franco Giacone, "Trois poèmes inédits de Pontus de Tyard?", in Bibliothèque d'humanisme et Renaissance. Travaux et documents., XLIV, Genève, Librairie Droz, 1982, pp. 97-121). Ces poèmes n'ont jamais été publiés. "Ce poème De L'Eternité, copié au début du volume à l'attention du roi, était loin de reprendre la vision claire, stable et rassurante de l'Église en la matière : Pontus de Tyard envisageait au contraire une sorte de néant temporel, scandé par un négatif, lancinant et désespéré 'Jamais', présent dix fois en vingt vers! Toute la profondeur de l'angoisse du poète philosophe s'exprima dans ses vers, un sentiment sans doute bien compris par un autre être tourmenté aux pulsions morbides : Henri III" (N. Ducimetière, Mignonne..., n°35).
Cette seconde édition fait suite à l'originale, donnée en 1557 par le Lyonnais Jean de Tournes. La réédition s'est accompagnée d'un changement de titre, les Deux discours de la nature du Monde étant préférés à L'Univers, ou, Discours des Parties, et de la nature du monde qui ornait la page de titre de l'édition originale. "Il est indéniable que le nouveau titre [...] tempérait quelque peu le caractère typiquement scientifique du titre original en mettant davantage l'accent sur l'aspect philosophique du problème, ce qui pouvait paraître moins dangereux pour son auteur et le mettre ainsi à l'abri de représailles, toujours possibles, de la part du magistère de l'Eglise (F. Giacone, p. 108). "Tyard était à la veille d'être nommé évêque de Châlon et il lui fallait prendre des précautions dont le jeune protonotaire apostolique de 1557 ne se souciait guère" (MBP, III, p. 270).
USTC 2610 ; Brunet, V, col. 853 ; J. P. Barbier-Mueller, MBP, III, n°48 ; Diane Barbier-Mueller, Inventaire..., 867 ; J.P. Barbier-Mueller, Dictionnaire...Q-W, p. 755 (exemplaire cité).
In-4 (246 x 167 mm). Deuxième édition, la première sous ce titre. (6) 128 et (4) ff., sig. a6 A-Z4 a-k4. En outre, 2 feuillets de garde initiaux et 4 finaux ont été calligraphiés à l'encre brune. Exemplaire réglé. Bois gravé en marge du feuillet i1r.
Reliure de l'époque : maroquin olive, plats ornés d'un semis de fleurs de lys avec au centre les armes du roi Henri III, triple filet doré en encadrement, dos lisse orné du même semis encadré de filets dorés, coupes ornées, tranches dorées (quelques rousseurs éparses, petits manques marginaux et quelques feuillets un peu plus courts de marge ; reliure passée, coiffes, coins et parties des mors habilement restaurés, quelques petits frottements et accrocs).
Provenance : exemplaire de dédicace, offert au roi Henri III (1551-1589) -- signature manuscrite caviardée en partie supérieure du titre -- Lucien Gougy (1863-1931 ; sa vente, I, Paris, 5-8 mars 1934, lot n°238, av. rep. pl. XX) -- Edmée Maus (1905-1971 ; ex-libris).
The stunning presentation copy, on thick paper with wide margins, ruled in red, in contemporary olive morocco with the gilt arms of King Henri III. Later part of the Lucien Gougy and Edmée Maus libraries.
Brought to you by

Roxane Ricros
Junior Specialist