Lot Essay
Lauréat du premier prix de l’Académie en 1723, François Boucher ne part pourtant à Rome qu’en 1728. À son retour, quatre ans plus tard, il est agréé à l’Académie royale, puis reçu peintre d’histoire en 1734. Nommé professeur en 1737, il obtient ses premières commandes royales. Boucher s’impose alors comme l’un des décorateurs les plus appréciés pour les palais rococo et les hôtels particuliers parisiens. Il exécute des dessus-de-porte, des allégories, cartons de tapisseries pour la manufacture de Beauvais ainsi que plusieurs plafonds, dont le cycle des Quatre Saisons pour le cabinet du Conseil du château de Fontainebleau (‘Le plafond de François Boucher au cabinet du conseil du château de Fontainebleau’, Revue du Louvre et des Musées de France, n° 4-5, 1967, fig. 3 à 6).
Dans la lignée de ces décors monumentaux, le présent bozzetto, de forme ovale inscrit dans un rectangle, constitue une étude préparatoire pour un plafond, resté inédit jusqu’à sa réapparition en 2010 (voir provenance). Alastair Laing le rapproche d’une esquisse à l’huile sur papier, Énée présenté à l’Olympe par Vénus (fig. 1 Harvard Art Museums, inv. 2018.378 ; A. Laing, Les dessins de François Boucher, New York, 2003, n° 73). Datée de 1747-1748, cette étude a été réalisée au moment où Boucher est au sommet de sa carrière. Devenu le protégé de Madame de Pompadour en 1745, il bénéficie d’un statut privilégié à la cour et se voit confier de nombreuses commandes prestigieuses.
Les sujets mythologiques furent le point fort de Boucher dès le début de sa carrière. Pendant quatre décennies, il produisit une multitude d’œuvres centrées sur les histoires, les amours et les traits des dieux, parmi lesquelles la figure de Vénus occupe une place prépondérante, en raison de l’érotisme et de la sensualité qu’elle incarne. La présente feuille illustre l’épisode suivant le mythe du Jugement de Pâris, tel que raconté par Apollodore (Bibliothèque, III, 12, 5-7). Exclue des noces de Thétis et de Pélée, Éris, la Discorde, jette une pomme d’or portant l’inscription ‘à la plus belle’. Chargé de départager les déesses, Pâris choisit Vénus, séduit par la promesse de l’amour d’Hélène et lui remet le fruit. Boucher représente la déesse triomphante, présentant à toute l’Olympe le trophée de sa victoire sur ses rivales, Junon et Minerve.
Dans ce foisonnement de nuages et de putti, Vénus, élevée aux nimbes, brandit le symbole de la consécration de la beauté et de l’amour. Le sujet illustre l’attrait de Boucher pour les thèmes galants de la mythologie, plutôt que pour les combats héroïques, et révèle toute la splendeur du baroque. Le volume est entièrement occupé par les arabesques des corps féminins voluptueux et déshabillés, dont les silhouettes allongées constituent à elles seules un élément décoratif rocaille. Ce tourbillon de courbes rappelle le lyrisme de Giovanni Battista Gaulli et les plafonds de son professeur François Lemoyne, spécialiste des grandes compositions mythologiques décoratives, à l’image de l’Apothéose d’Hercule (1736, château de Versailles, inv. 1850 2139).
Cette scène offre à l’artiste l’occasion de déployer son talent de dessinateur et de coloriste. La complexité et la subtilité des procédés employés dans ce bozzetto sont rares, et le rapprochent d’un des dessins les plus impressionnants de la période 1730-1735, La Séparation de Laban et Jacob de même technique (musée du Louvre, inv. RF 39011).
L'œuvre sera incluse au catalogue raisonné d'Alastair Laing et de Laure-Aline Demazure en cours de préparation.
Fig. 1 F. Boucher, Énée présenté à l’Olympe par Vénus, encre brune, lavis brun et gouache blanche sur fusain noir sur papier vergé ancien, Harvard Art Museums, inv. 2018.378
Dans la lignée de ces décors monumentaux, le présent bozzetto, de forme ovale inscrit dans un rectangle, constitue une étude préparatoire pour un plafond, resté inédit jusqu’à sa réapparition en 2010 (voir provenance). Alastair Laing le rapproche d’une esquisse à l’huile sur papier, Énée présenté à l’Olympe par Vénus (fig. 1 Harvard Art Museums, inv. 2018.378 ; A. Laing, Les dessins de François Boucher, New York, 2003, n° 73). Datée de 1747-1748, cette étude a été réalisée au moment où Boucher est au sommet de sa carrière. Devenu le protégé de Madame de Pompadour en 1745, il bénéficie d’un statut privilégié à la cour et se voit confier de nombreuses commandes prestigieuses.
Les sujets mythologiques furent le point fort de Boucher dès le début de sa carrière. Pendant quatre décennies, il produisit une multitude d’œuvres centrées sur les histoires, les amours et les traits des dieux, parmi lesquelles la figure de Vénus occupe une place prépondérante, en raison de l’érotisme et de la sensualité qu’elle incarne. La présente feuille illustre l’épisode suivant le mythe du Jugement de Pâris, tel que raconté par Apollodore (Bibliothèque, III, 12, 5-7). Exclue des noces de Thétis et de Pélée, Éris, la Discorde, jette une pomme d’or portant l’inscription ‘à la plus belle’. Chargé de départager les déesses, Pâris choisit Vénus, séduit par la promesse de l’amour d’Hélène et lui remet le fruit. Boucher représente la déesse triomphante, présentant à toute l’Olympe le trophée de sa victoire sur ses rivales, Junon et Minerve.
Dans ce foisonnement de nuages et de putti, Vénus, élevée aux nimbes, brandit le symbole de la consécration de la beauté et de l’amour. Le sujet illustre l’attrait de Boucher pour les thèmes galants de la mythologie, plutôt que pour les combats héroïques, et révèle toute la splendeur du baroque. Le volume est entièrement occupé par les arabesques des corps féminins voluptueux et déshabillés, dont les silhouettes allongées constituent à elles seules un élément décoratif rocaille. Ce tourbillon de courbes rappelle le lyrisme de Giovanni Battista Gaulli et les plafonds de son professeur François Lemoyne, spécialiste des grandes compositions mythologiques décoratives, à l’image de l’Apothéose d’Hercule (1736, château de Versailles, inv. 1850 2139).
Cette scène offre à l’artiste l’occasion de déployer son talent de dessinateur et de coloriste. La complexité et la subtilité des procédés employés dans ce bozzetto sont rares, et le rapprochent d’un des dessins les plus impressionnants de la période 1730-1735, La Séparation de Laban et Jacob de même technique (musée du Louvre, inv. RF 39011).
L'œuvre sera incluse au catalogue raisonné d'Alastair Laing et de Laure-Aline Demazure en cours de préparation.
Fig. 1 F. Boucher, Énée présenté à l’Olympe par Vénus, encre brune, lavis brun et gouache blanche sur fusain noir sur papier vergé ancien, Harvard Art Museums, inv. 2018.378
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