ATTRIBUÉ À VICTOR LOUIS (PARIS 1731-1800)
ATTRIBUÉ À VICTOR LOUIS (PARIS 1731-1800)

Élévation du Palais Royal, côté Jardin

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ATTRIBUÉ À VICTOR LOUIS (PARIS 1731-1800)
Élévation du Palais Royal, côté Jardin
avec inscriptions ‘Elévation du côté du Jardin’ (sur le montage feint) et ‘n° 13’ (sur un morceau de papier ajouté)
graphite, plume et encre noire, aquarelle, dans un montage feint au lavis vert, les bords ourlés de ruban noir avec des attaches en tissu vert, sur plusieurs feuilles de papier, marouflé sur une très fine toile
47,1 x 184,4 cm (18 ½ x 72 5⁄8 in.)
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ATTRIBUTED TO VICTOR LOUIS, ELEVATION OF THE 'PALAIS ROYAL' ON THE GARDEN SIDE, PARIS, GRAPHITE, PEN AND BLACK INK, WATERCOLOR

In 1780, the Duke of Orléans planned to transfer full ownership of the Palais Royal to Louis Philippe, Duke of Chartres, thereby demonstrating his “tender friendship”. Even before receiving full ownership, the latter decided to embellish it. After an initial project by the architect Piètre, Victor Louis took over. This drawing is probably his first elevation design (north façade) for the wing that was to enclose the Palais Royal garden to the south. Work began in 1783, once the three other wings had been built, but was abandoned the following year and never resumed. A description published in 1787 seems to correspond perfectly to this project: ‘La partie neuve du Palais établie au midi formera la quatrième façade du jardin. Son ordre d'architecture est le même qui a servi pour les trois autres côtés, avec cette différence qu'au lieu de pilastres, ce sont ici des colonnes ; qu'au lieu d'arcades & d’entre-sols, on destinera toute cette hauteur, jusqu'au premier étage, à des promenoirs publics ; qu’au lieu de deux étages pris dans le reste de l'ordre, il n'y en aura qu'un seul ; & qu'enfin il sera élevé au-dessus de celui-ci un second étage décoré par un attique, dont la richesse sera proportionnée à celle de la colonnade inférieure. Le principal promenoir, sous le Palais neuf, sera supporté par six rangs de colonnes doriques […] (Thiéry, Guide des amateurs et des étrangers voyageurs à Paris, Paris, 1787, p. 269, dans Le Palais Royal, cat. exp., Paris, musée Carnavalet, 1988, p. 153).
An anonymous engraving kept at the Bibliothèque nationale de France (cabinet des estampes et de la photographie, ref. Va 231b) is considered to be ‘the only graphic evidence concerning the elevation of this wing’, at least in its initial state (Le Palais Royal, op. cit., p. 153). According to Christian Taillard, it is perhaps this project that is referred to in the 1787 description. However, there is no mention of the dome visible in this drawing. (C. Taillard, Victor Louis (1731-1800). Le Triomphe du goût français à l'époque néo-classique, Paris, 2019, p. 269).
Three floor plans by Victor Louis for the Palais Royal, signed and dated, and an elevation, comparable to the present drawing, are now preserved in the National Archives (ref. R4 281; Le Palais Royal, op. cit., nos. 173, 176, 177). As evidenced by the black ribbon edging around the drawing, the green ribbon loops attached to the upper part of the drawing, the fact that it has been mounted on a thin canvas to stiffen it, and the number ‘13’ written in pen on a piece of paper attached under the title, the drawing was most certainly presented to the public at the end of the 18th century.

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Hélène Rihal
Hélène Rihal Head of Department

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Lot Essay

En 1780, le duc d’Orléans a pour projet de céder l’entière propriété du Palais Royal à Louis Philippe, duc de Chartres, lui témoignant ainsi ‘sa tendre amitié’. Ce dernier, avant même d’en recevoir la pleine propriété décide de l’embellir. Après un premier projet de l’architecte Piètre, Victor Louis prend le relais. Le présent dessin est probablement son premier projet d’élévation (façade nord) pour l’aile qui devait fermer le jardin du Palais-Royal au sud. Des travaux sont entrepris en 1783, une fois les trois autres ailes construites, mais ils sont abandonnés l’année suivante et jamais repris. Une description parue en 1787 semble parfaitement conforme à ce projet : ‘La partie neuve du Palais établie au midi formera la quatrième façade du jardin. Son ordre d'architecture est le même qui a servi pour les trois autres côtés, avec cette différence qu'au lieu de pilastres, ce sont ici des colonnes ; qu'au lieu d'arcades & d’entre-sols, on destinera toute cette hauteur, jusqu'au premier étage, à des promenoirs publics ; qu’au lieu de deux étages pris dans le reste de l'ordre, il n'y en aura qu'un seul ; & qu'enfin il sera élevé au-dessus de celui-ci un second étage décoré par un attique, dont la richesse sera proportionnée à celle de la colonnade inférieure. Le principal promenoir, sous le Palais neuf, sera supporté par six rangs de colonnes doriques […] (Thiéry, Guide des amateurs et des étrangers voyageurs à Paris, Paris, 1787, p. 269, dans Le Palais Royal, cat. exp., Paris, musée Carnavalet, 1988, p. 153).
Une gravure anonyme conservée à la Bibliothèque nationale de France (cabinet des estampes, cote Va 231b) passe pour être ‘le seul témoignage graphique concernant l’élévation de cette aile’, du moins dans son premier état (Le Palais Royal, op. cit., p. 153). Selon Christian Taillard, c’est peut-être à ce projet-ci que s’appliquerait la description de 1787. Il n’y est pourtant pas question du dôme visible sur le présent dessin. (C. Taillard, Victor Louis (1731-1800). Le Triomphe du goût français à l’époque néo-classique, Paris, 2019, p. 269.)
De Victor Louis, pour le Palais Royal, trois plans au sol, signés et datés, et une élévation, comparables au présent dessin, sont aujourd’hui conservés aux archives nationales (cote R4 281 ; Le Palais Royal, op. cit., nos 173, 176, 177).
Comme en témoignent les pourtours du dessin ourlés de rubans noir, les boucles de rubans vert fixés sur toute la partie supérieure du dessin, le fait qu’il ait été contrecollé sur une fine toile pour le rigidifier et ce ‘n° 13’ inscrit à la plume sur un papier fixé sous le titre, le dessin a très certainement été présenté au public dès la fin du XVIIIe siècle.

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