Alberto Giacometti (1901-1966)
Alberto Giacometti (1901-1966)
Alberto Giacometti (1901-1966)
Alberto Giacometti (1901-1966)
3 More
Alberto Giacometti (1901-1966)

Annette dans la chambre

Details
Alberto Giacometti (1901-1966)
Annette dans la chambre
graphite sur papier
50 x 32.6 cm.
Exécuté vers 1949

pencil on paper
19 5⁄8 x 13 in.
Executed circa 1949
Provenance
Tériade, Paris (probablement acquis auprès de l'artiste).
Berggruen and Zevi, Limited, Londres.
Acquis auprès de ceux-ci par les propriétaires actuels le 8 décembre 1993.
Literature
Alberto Giacometti, cat. exp., Hirschhorn Museum and Sculpture Garden, Washington D.C. et San Francisco Museum of Art, 1988-1989.
Exhibited
Londres, Berggruen and Zevi, Limited, Alberto Giacometti, 26 Drawings from the Tériade Collection, novembre-décembre 1993, p. 40, no. 14 (illustré en couleurs, p. 41; daté 'vers 1951').
Hiroshima Prefectural Art Museum, Shizuoka Prefectural Museum of Art et Ashikaga Museum of Art, Alberto Giacometti, février-juillet 1997, p. 76, no. 26 (illustré en couleurs; daté 'vers 1951').
Further details
Le Comité Giacometti a confirmé l’authenticité de cette œuvre qui est référencée dans la base de données en ligne de la Fondation Giacometti, la Alberto Giacometti Database, sous le numéro AGD 4793.

Annette dans la chambre reflète parfaitement la fascination d’Alberto Giacometti envers l’énergie et l’équilibre intrinsèque au corps humain. Réalisée en 1949, l’œuvre est une représentation à la fois pleine d’intensité et de tendresse de son épouse bien-aimée, Annette, debout, nue dans un intérieur, l’année de leur mariage. Contenue dans un cadre dynamique qui la projette subtilement vers le spectateur, frontale et droite dans un contrapposto, sa posture est irréfutable, incarnation d’une sensualité spectrale et muse idéale de Giacometti. Alors que le couple vivait en Suisse, l’artiste présenta Annette au philosophe Jean Starobinski, qui remarqua qu’« elle était une jeune femme qui se tenait “face à vous”, qui regardait, parlait et affrontait la vie “de front”, infiniment candide et infiniment réservée, dans une merveilleuse frontalité » (cité dans V. Wiesinger, The Women of Giacometti, cat. exp., PaceWildenstein Gallery, New York, 2005, p. 18). En effet, bien qu’Annette ait posé pour son mari presque quotidiennement jusqu’à la fin de sa vie, elle conserve dans chacun de ses portraits une part d’impénétrabilité, l’artiste entretenant son aura naturelle de mystère.
À l’instar de sa technique sculpturale, Giacometti utilise ici le graphique pour inciser, déconstruire et retravailler l’anatomie de son modèle. L’effort de son geste y est palpable : il retravaille à maintes reprises les lignes qui composent ses yeux, ses membres et son ventre, avec la même intensité, créant un contraste dynamique entre absence et présence. Par exemple, les mains d’Annette reposent le long de son corps selon deux lignes directives opposées : la gauche, tracée par des mouvements circulaires énergiques, est posée légèrement en avant contre sa jambe fléchie ; la droite, fermement appuyée contre son flanc droit, est, elle, composée de lignes diagonales maîtrisées. De même, son regard est soutenu tout en n’étant qu’esquissé, pénétrant mais évidé, suggérant la psyché opaque du modèle, au-delà de son apparence physique et offrant au spectateur un aperçu de ce moment intime entre le couple. La tension entre le néant laissé sur la feuille grâce à son brillant usage de l’espace négatif et la concentration pressante du geste traverse toute l’œuvre de l’artiste et se révèle particulièrement puissante dans ce portrait. Les dessins de Giacometti donnent ainsi un aperçu de son profond désir de comprendre l’essence de ses modèles et de la manière dont, une fois déconstruit et réduit à une visibilité élémentaire, les formes et les lignes qui composent le corps deviennent une véritable fenêtre sur l’être.

Annette dans la chambre perfectly reflects Alberto Giacometti’s fascination with capturing the inherent synergy and balance of the human body. Executed in 1949, the present lot is a powerful yet tender depiction of his beloved wife, Annette, standing in the nude in an interior on the year of their marriage. Contained within a dynamic frame which propels her towards the viewer, frontal and erect in a subtle contrapposto, her stance is irrefutable, the personification of spectral sensuality and Giacometti’s ideal muse. While the pair lived in Switzerland, the artist introduced Annette to the philosopher Jean Starobinski, who remarked that “she was a young woman who stood ‘facing you,’ who watched, and spoke, and met life ‘head on,’ infinitely candid and infinitely reserved, in a wonderful frontality” (quoted in V. Wiesinger, The Women of Giacometti, exh. cat., PaceWildenstein Gallery, New York, 2005, p. 18). Indeed, although Annette would pose for her husband almost daily until the end of his life, there remains an impenetrability to her as the artist preserves her aura of mystery.
Akin to his sculpting technique, the artist uses his pencil to dissect, break down and rework the model’s anatomy. His effort is palpable here as he reworks the lines which make up her eyes, limbs and stomach repeatedly, with the same intensity, creating a contrast between absence and presence. For example, her hands stand along her body in opposite dynamic lines, the left one drawn in an energetic circular strokes, slightly forward against her bent leg, while the right hand is set firmly against her right flank, made up of controlled diagonal lines. Similarly, Annette’s gaze is sustained and yet only insinuated, penetrating yet hollow, portraying his sitter’s psyche beyond her physique, providing the viewer with an insight into this intimate moment between the pair. The tension between the grave void left on the sheet through his brilliant use of negative space and the pressing concentration of gesture is recurring throughout the artist’s oeuvre and particularly powerful in the present portrait. Indeed, Giacometti’s drawing provide an insight into his profound desire to understand the essence of his sitters and how when broken down and rendered visible, the shapes and lines which make up the body are a clear window into the self.

Brought to you by

Antoine Lebouteiller
Antoine Lebouteiller International Specialist

More from Radical Genius: Works on Paper from A Distinguished Private Collection

View All
View All