Max Ernst (1891-1976)
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Vision d'un après-midi d'automne

Details
Max Ernst (1891-1976)
Vision d'un après-midi d'automne
signé et daté 'Max Ernst 35' (en bas à droite); signé et inscrit 'Max Ernst Vision d'un après-midi d'automne' (sur le châssis)
huile sur toile
18.8 x 23.8 cm.
Peint en 1935

signed and dated 'Max Ernst 35' (lower right); signed and inscribed 'Max Ernst Vision d'un après-midi d'automne' (on the stretcher)
oil on canvas
7 ½ x 9 3⁄8 in.
Painted in 1935
Provenance
Galerie Albert Loeb, Paris.
Paul Kantor Gallery, Beverly Hills.
Collection particulière, Beverly Hills (acquis auprès de celle-ci); sa vente, Christie's, New York, 14 novembre 1996, lot 327.
Richard L. Feigen & Co., New York (acquis au cours de cette vente).
Acquis auprès de celui-ci par les propriétaires actuels, 2004.
Further details
Dr. Jürgen Pech a confirmé l’authenticité de cette oeuvre.
Après-midi d’automne, peint par Max Ernst en 1935, nous plonge d’emblée dans la vision onirique, surréaliste et profondément subversive de l’artiste. Son œuvre est profondément marquée par son exposition précoce à la psychologie et à la philosophie, disciplines qu’il étudie dans sa jeunesse et qui nourrissent son intérêt durable pour le subconscient. Toutefois, sa pratique se développe également en réaction délibérée contre l’académisme, les traditions héritées et les nouvelles orthodoxies de l’avant-garde. La présente peinture témoigne de cette volonté de se distancier des conventions esthétiques, de s’en affranchir afin de renouer avec une forme de créativité plus primitive et instinctive.
La spontanéité et l’expérimentation hasardeuse sous-tendent une grande part du processus créatif d’Ernst, comme si l’image surgissait de l’interstice entre l’impulsion subconsciente et la rencontre fortuite. Profondément marqué par la peinture métaphysique de Giorgio de Chirico, Ernst adopte, dès le début des années 1920, une transgression du réel visant à susciter une multiplicité de sensations et d’expériences. L’ambiguïté et le paradoxe deviennent alors des éléments centraux de son exploration de la perception et de l’identité.
Tel est le cas dans Après-midi d’automne. Le spectateur se trouve suspendu devant des formes biomorphiques qui semblent se déployer et s’épanouir au centre de la composition. Leur qualité organique évoque une faune mouvante, comme si la végétation était saisie dans l’instant même de sa transformation saisonnière, les verts se dissolvant dans des ocres et des jaunes, faisant écho à la métamorphose silencieuse de l’automne.
Dès 1930, l’apparition de l’oiseau Loplop, son alter ego, permet à Ernst d’objectiver la distance qu’il cherche à instaurer vis-à-vis de ses « visions provoquées », présentant sa propre œuvre à travers une mise en abyme volontairement ironique et réflexive. Il développe par la suite, dans une longue série de grandes peintures aux surfaces lisses, de véritables hallucinations visuelles figurant une histoire et une géographie humaines en déclin, menacées par la prolifération incontrôlée de formes végétales et biomorphiques. Cette huile sur toile nous invite précisément à assister à un tel moment suspendu, un instant de bascule silencieuse où la transformation semble à la fois inévitable et indéterminée.

Après-midi d’automne, painted by Max Ernst in 1935, directly plunges us into the oneiric, surrealist, and deeply subversive vision of the artist. His work is profoundly imbued with his early exposure to psychology and philosophy, disciplines he studied in his youth and which informed his lifelong engagement with the unconscious. Yet his practice evolved in deliberate reaction against academism, inherited traditions, and the emerging orthodoxies of the avant-garde. The present painting stands as a testament to this desire to distance himself from aesthetic conventions, to escape them in order to reconnect with a more primal, instinctive form of creativity.
Spontaneity and haphazard experimentation underpin much of Ernst’s creative process, as though the image were emerging from the interstice between subconscious impulse and chance encounter. Deeply marked by the metaphysical painting of Giorgio de Chirico, Ernst embraced, from the early 1920s onward, a transgression of the real that sought to evoke a multiplicity of sensations and experiences. Ambiguity and paradox became central to his exploration of perception and identity.
Such is the case in Après-midi d’automne. The viewer is left suspended before biomorphic forms that appear to unfurl and expand at the centre of the composition. Their organic quality calls to mind a mutable wildlife, as if vegetation were caught in the very act of seasonal transformation, greens dissolving into ochres and yellows, echoing the quiet metamorphosis of autumn.

From as early as 1930, the emergence of the bird Loplop, his alter ego, enabled Ernst to objectify the distance he sought to establish from his “provoked visions,” presenting his own work through a deliberately ironic and self-reflexive mise en abyme. He subsequently developed, in a long series of large, smooth-surfaced paintings, visual hallucinations depicting a human history and geography in decline, threatened by the unchecked proliferation of vegetal and biomorphic forms. This oil painting invites us precisely to witness such a suspended moment, an instant of quiet tipping point, where transformation seems both inevitable and unresolved.

Brought to you by

Antoine Lebouteiller
Antoine Lebouteiller International Specialist

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