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L’État des arts en Angleterre. Paris : Charles Antoine Jombert, 1755.
Details
ROUQUET, Jean André (1703-1759)
L’État des arts en Angleterre. Paris : Charles Antoine Jombert, 1755.
Précieux exemplaire en maroquin, aux armes de Madame de Pompadour. La provenance, déjà prestigieuse, de l’exemplaire, est particulièrement pertinente s’agissant de ce livre, l’édition étant dédiée à Abel-François Poisson, marquis de Marigny, frère cadet de Madame de Pompadour, cette dernière s’étant d’ailleurs chargée de son éducation artistique (voir, à ce propos, le lot n° 41 du présent catalogue). Il est donc, en quelque sorte, le pendant de l’exemplaire de dédicace, relié aux armes du marquis.
Fort d’un séjour de trente ans outre-Manche, l’auteur s’attache à « décrire impartialement l’état où sont aujourd’hui quelques arts chez les Anglois », parmi lesquels la peinture, la sculpture, la gravure, le dessin, l’orfèvrerie, le théâtre, la musique, mais aussi la médecine, la chirurgie, et même la cuisine ! Un chapitre célèbre, et ici fort à propos, est consacré d’une part aux décorations de boutiques, mais aussi et surtout aux premières ventes aux enchères modernes, qui apparaissent encore, pour l’auteur français, comme une curiosité : « On a bâti à Londres, depuis vingt ou trente ans, plusieurs salles destinées à vendre des tableaux [...] Une espèce de marché pour les productions des arts » (p. 187). Et Rouquet de décrire la constitution d’un catalogue, l’obligation pour celui qui tape la vente (qui ne s’appelle pas encore "commissaire-priseur ») de répéter les conditions de vente, la présence de prix de réserve, et même les pas d’enchère. « Ces conditions raisonnables sont faites pour ne pas prolonger inutilement le tems de la vente & pour éviter la puérilité ridicule et peu commerçante qui se pratique ailleurs, d’enchérir d’un sol un article qu’on crie à douze mille francs » (p. 190). Rien n’est oublié : l’exposition publique des œuvres, le déroulé de la vente elle-même (« on prend place sur des bancs disposés pour faire face à une petite tribune isolée…le crieur y monte avec gravité, il salue l’assemblée et se prépare un peu, en orateur, à faire son office… ») et les stratégies des enchérisseurs (« là on voit le brocanteur infidèle faire acheter en secret ce qu’il décrie ouvertement… ») (p. 192).
Cohen-de Ricci, col. 901.
In-12 (167 x 95 mm). Édition originale. 1 vignette héraldique gravée en tête de la dédicace. Reliure de l’époque : maroquin rouge, armes de Madame de Pompadour au centre des plats (OHR, pl. 2399, fer n° 2), belle dentelle florale aux petits fers en encadrement, dos à nerfs, caissons ornés aux petits fers, filet doré sur les coupes, gardes de papier marbré (quelques piqûres, légères brunissures).
Provenance : Jeanne-Antoinette Poisson, marquise de Pompadour (1721-1764 ; reliure aux armes, sa vente, 1765, n°402) -- étiquette de la librairie Pierre Berès.
A charming copy, in contemporary red morocco with the gilt arms of Madame de Pompadour, sister to the dedicatee. The book is notably an early detailed description of modern auctions.
L’État des arts en Angleterre. Paris : Charles Antoine Jombert, 1755.
Précieux exemplaire en maroquin, aux armes de Madame de Pompadour. La provenance, déjà prestigieuse, de l’exemplaire, est particulièrement pertinente s’agissant de ce livre, l’édition étant dédiée à Abel-François Poisson, marquis de Marigny, frère cadet de Madame de Pompadour, cette dernière s’étant d’ailleurs chargée de son éducation artistique (voir, à ce propos, le lot n° 41 du présent catalogue). Il est donc, en quelque sorte, le pendant de l’exemplaire de dédicace, relié aux armes du marquis.
Fort d’un séjour de trente ans outre-Manche, l’auteur s’attache à « décrire impartialement l’état où sont aujourd’hui quelques arts chez les Anglois », parmi lesquels la peinture, la sculpture, la gravure, le dessin, l’orfèvrerie, le théâtre, la musique, mais aussi la médecine, la chirurgie, et même la cuisine ! Un chapitre célèbre, et ici fort à propos, est consacré d’une part aux décorations de boutiques, mais aussi et surtout aux premières ventes aux enchères modernes, qui apparaissent encore, pour l’auteur français, comme une curiosité : « On a bâti à Londres, depuis vingt ou trente ans, plusieurs salles destinées à vendre des tableaux [...] Une espèce de marché pour les productions des arts » (p. 187). Et Rouquet de décrire la constitution d’un catalogue, l’obligation pour celui qui tape la vente (qui ne s’appelle pas encore "commissaire-priseur ») de répéter les conditions de vente, la présence de prix de réserve, et même les pas d’enchère. « Ces conditions raisonnables sont faites pour ne pas prolonger inutilement le tems de la vente & pour éviter la puérilité ridicule et peu commerçante qui se pratique ailleurs, d’enchérir d’un sol un article qu’on crie à douze mille francs » (p. 190). Rien n’est oublié : l’exposition publique des œuvres, le déroulé de la vente elle-même (« on prend place sur des bancs disposés pour faire face à une petite tribune isolée…le crieur y monte avec gravité, il salue l’assemblée et se prépare un peu, en orateur, à faire son office… ») et les stratégies des enchérisseurs (« là on voit le brocanteur infidèle faire acheter en secret ce qu’il décrie ouvertement… ») (p. 192).
Cohen-de Ricci, col. 901.
In-12 (167 x 95 mm). Édition originale. 1 vignette héraldique gravée en tête de la dédicace. Reliure de l’époque : maroquin rouge, armes de Madame de Pompadour au centre des plats (OHR, pl. 2399, fer n° 2), belle dentelle florale aux petits fers en encadrement, dos à nerfs, caissons ornés aux petits fers, filet doré sur les coupes, gardes de papier marbré (quelques piqûres, légères brunissures).
Provenance : Jeanne-Antoinette Poisson, marquise de Pompadour (1721-1764 ; reliure aux armes, sa vente, 1765, n°402) -- étiquette de la librairie Pierre Berès.
A charming copy, in contemporary red morocco with the gilt arms of Madame de Pompadour, sister to the dedicatee. The book is notably an early detailed description of modern auctions.
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Vincent Belloy
Specialist