FLAUBERT, Gustave (1821-1880)
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FLAUBERT, Gustave (1821-1880)

Madame Bovary. Moeurs de province. Paris : Michel Lévy frères, 1857.

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FLAUBERT, Gustave (1821-1880)
Madame Bovary. Moeurs de province. Paris : Michel Lévy frères, 1857.

Édition originale, premier tirage, avec la faute au nom du dédicataire ("Senart" pour "Senard", l'avocat qui obtint l'acquittement de Flaubert) et "ni de votre dévouement" au tout premier feuillet.

Avec envoi autographe signé de l'auteur à un ami rouennais, Alexandre Bourlet de la Vallée, dit "Bizet" ou "Pit-Chef" :

"à mon vieil ami Alexandre Bourlet de la Vallée
Souvenir de l'auteur
Gve Flaubert"


Les familles Flaubert et Bourlet de la Vallée évoluent dans les mêmes sphères à Rouen, où l'écrivain côtoie le professeur et botaniste Alexandre Bourlet de Vallée, de huit ans son aîné, qu'il surnomme affectueusement "Bizet" ou "Pit-Chef". Cette amitié au long cours se teinte parfois de moquerie du côté de Gustave et d'une pointe de rancoeur du côté d'Alexandre, suite à une affaire concernant un ami commun. Le 20 septembre 1879, Flaubert écrit à sa nièce : "Bourlet m’a écrit une lettre relativement au fils d’un de ses amis, Henri Fauvel, du Havre pour que j’engage celui-ci à renoncer à la Littérature. Tu verras ma réponse ! Ça m’indigne ces bourgeois ennemis de l’art !" Jugeant les écrits du jeune homme remarquables, Flaubert refuse de décourager l'aspirant écrivain et répond à Bourlet deux jours plus tard : "Mon vieux Pit-Chef, Je ne te rendrai pas le service que tu me demandes, parce que je ferais : 1° Une mauvaise action ; 2° Une action parfaitement inutile." (lettre du 22 septembre 1879) Il tempère cependant : "Je l’ai néanmoins, & à deux reprises différentes, fortement engagé à poursuivre ses études médicales [en parallèle de sa vocation littéraire]" (ibid). Bourlet fut malgré tout blessé par cette attitude, et ledit Fauvel, ayant effectivement renoncé à ses ambitions littéraires pour devenir médecin, rapporta plus tard que le professeur parlait de Flaubert avec quelque aigreur : "Gustave, un brave coeur ; de l'imagination, de l'originalité ; mais pas de jugement. (...) Romancier de douzième ordre avec sa Bovary, un mauvais livre" (H. Fauvel : "Souvenirs sur Gustave Flaubert", Chronique Médicale, 15 juillet et 1er août 1908). Amusons-nous donc de cet envoi de Flaubert, aussi cocasse qu'affectueux, sur un exemplaire de l'édition originale de Madame Bovary – précisément le livre qui le rendit célèbre – à ce vieil ami blessé par l'irrévérence de l'auteur...

D'abord publié en livraisons dans la Revue de Paris à l'automne 1856, le roman fit l'objet d'un procès pour "outrages à la morale publique et religieuse, ainsi qu'aux bonnes moeurs", créant le scandale et attirant l'attention sur l'ouvrage. Flaubert fut acquitté et le texte publié en volume l'année suivante, propulsant l'auteur au premier rang des écrivains les plus en vue de son époque : "le succès de Madame Bovary fut foudroyant. D'une semaine à l'autre, Gustave Flaubert fut connu, célèbre, acclamé. Il n'y a pas d'autre exemple, dans ce siècle, [...] d'une réputation acquise ainsi du premier coup. Et ce n'était pas seulement de la popularité, mais de la gloire" (Zola, Les Romanciers naturalistes).
Carteret, I, p. 263 ; Vicaire, III, col. 721 ; G. Sagnes, En Francais dans le texte, n° 277 ; F. Drujon, Catalogue des ouvrages... poursuivis, supprimés ou condamnés, p. 237 ; "Les Bourlet de la Vallée et les Flaubert", Les Amis de Flaubert, bulletin n° 29, 1966, pp. 12 et suiv.

2 vol. in-12 (177 x 112 mm). Sans le catalogue du libraire. Reliure signée Marcel Godillot : demi-maroquin grenat à coins, dos à nerfs lettré or, compartiments bordés d'un double filet doré enfermant un semis d'étoiles dorées, tête dorée, couverture verte. Sous double-étui. (Couvertures brunies et restaurées ; quelques rousseurs, mouillures et brunissures éparses).
Provenance : Alexandre Bourlet de la Vallée (1808-1886 ; envoi).

First edition, first issue, this copy amusingly inscribed by the author to an old family friend from Rouen, who would later declare that Flaubert was a second-class writer and Madame Bovary "a bad book".

Brought to you by

Vincent Belloy
Vincent Belloy Specialist

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