![[PICASSO, Pablo (1881-1973)] et Ambroise VOLLARD (1866-1939)](https://www.christies.com/img/LotImages/2026/PAR/2026_PAR_24672_0188_001(picasso_pablo_et_ambroise_vollard_souvenirs_dun_marchand_de_tableaux_p032718).jpg?w=1)
![[PICASSO, Pablo (1881-1973)] et Ambroise VOLLARD (1866-1939)](https://www.christies.com/img/LotImages/2026/PAR/2026_PAR_24672_0188_000(picasso_pablo_et_ambroise_vollard_souvenirs_dun_marchand_de_tableaux_p032713).jpg?w=1)
Souvenirs d'un marchand de tableaux. Paris : Albin Michel, 1937.
Details
[PICASSO, Pablo (1881-1973)] et Ambroise VOLLARD (1866-1939)
Souvenirs d'un marchand de tableaux. Paris : Albin Michel, 1937.
Certainement le plus précieux exemplaire de cet ouvrage : celui envoyé par Ambroise Vollard à Pablo Picasso.
"Vers 1901, je reçus la visite d'un jeune Espagnol, vêtu avec recherche et qui m'était amené par un de ses compatriotes que je connaissais quelque peu. Celui-ci portait un nom comme Manache. C'était un industriel de Barcelone [...] Le compagnon de 'Manache' n'était autre que le peintre Pablo Picasso qui, âgé seulement de dix-neuf à vingt ans, n'en avait pas moins fait une centaine de toiles qu'il m'apportait en vue d'une exposition" (p. 260).
Picasso résidait alors au 130 boulevard de Clichy, dans un appartement qu'il partageait donc avec Pedro Mañach (1870-1940), qui était son agent. Exposer chez Ambroise Vollard, galeriste renommé de Cézanne et Gauguin, parmi d'autres, était une occasion à ne pas manquer pour le jeune Picasso, arrivé de Barcelone au mois de mai 1901 avec une vingtaine de tableaux, et qui finit par exposer soixante-quatre toiles et pastels (ainsi que de nombreux dessins) à la galerie de la rue Laffitte. Dans son autobiographie, Vollard déplore que "cette exposition n'eut aucun succès, et, de longtemps, Picasso ne devait pas trouver meilleur accueil auprès du public" (p. 260). Picasso, écrivant à un de ses amis à Barcelone, devait lui se réjouir du succès de l'exposition, aussi bien au niveau critique que d'un point de vue commercial - plus de la moitié des œuvres trouvèrent preneur, dont une quinzaine avant même l'ouverture de l'exposition, qui fut ainsi un tournant dans sa carrière.
Racontant une anecdote sur un américain de passage à Paris qui essaye désespérément de trouver quelqu'un avec qui converser du cubisme, Vollard de sourire : "quel n'aura pas été son effarement si, plus tard, il apprit qu'il avait croisé l'inventeur du cubisme, Picasso lui-même, dans ce jeune homme qui, en salopette, revenait de chez le crémier, sa boîte de lait à la main..." (p. 261).
Tous les amateurs de gravures connaissent la "suite Vollard", monumentale série de cent estampes, réalisées par Picasso entre 1930 et 1937. Pour les bibliophiles, enfin, la rencontre Vollard-Picasso aura abouti à deux des plus grandes réussites de l'histoire du livre illustré. D'abord Le Chef d'Oeuvre inconnu, de Balzac (1931), que l'éditeur décrira comme "celui qui intrigua le plus les bibliophiles [...] où des réalisations cubistes voisinent avec des dessins qui font penser à Ingres. Mais chaque nouvelle œuvre de Picasso scandalise, jusqu'au jour où l'admiration succède à l'étonnement" (p. 317) (voir lot précédent). À la disparition tragique de Vollard, en 1939, leur second projet, une édition illustrée de l'Histoire naturelle de Buffon, est encore inachevé. C'est finalement Martin Fabiani qui mènera à son terme l'ouvrage initié par Vollard, en le faisant paraître en 1942. De Cézanne à Picasso : chefs-d'oeuvre de la galerie Vollard, Paris, Musée d'Orsay, 2007, pp. 111-125.
In-8 (213 x 137 mm). Première édition française, l'ouvrage ayant paru en anglais l'année précédente. Broché, tel que paru. Exemplaire tamponné "service de presse". Sur la couverture et le titre, reproduction du portrait de Vollard par Picasso. Plusieurs reproductions d'œuvres de divers artistes, dont Renoir, Rodin, Gauguin, Derain, Degas ou encore Bonnard. Au faux-titre, envoi autographe signé d'Ambroise Vollard : "à mon ami Pablo Picasso, en hommage". Chemise et étui d'Alix. (Manques au dos et taches à la couverture, quelques taches intérieures, déchirure en marge inférieure d'un feuillet).
Provenance : Pablo Picasso (1881-1973 ; envoi).
A most precious copy of this autobiography by renowned gallerist and book publisher Ambroise Vollard - the one he inscribed to Pablo Picasso.
Souvenirs d'un marchand de tableaux. Paris : Albin Michel, 1937.
Certainement le plus précieux exemplaire de cet ouvrage : celui envoyé par Ambroise Vollard à Pablo Picasso.
"Vers 1901, je reçus la visite d'un jeune Espagnol, vêtu avec recherche et qui m'était amené par un de ses compatriotes que je connaissais quelque peu. Celui-ci portait un nom comme Manache. C'était un industriel de Barcelone [...] Le compagnon de 'Manache' n'était autre que le peintre Pablo Picasso qui, âgé seulement de dix-neuf à vingt ans, n'en avait pas moins fait une centaine de toiles qu'il m'apportait en vue d'une exposition" (p. 260).
Picasso résidait alors au 130 boulevard de Clichy, dans un appartement qu'il partageait donc avec Pedro Mañach (1870-1940), qui était son agent. Exposer chez Ambroise Vollard, galeriste renommé de Cézanne et Gauguin, parmi d'autres, était une occasion à ne pas manquer pour le jeune Picasso, arrivé de Barcelone au mois de mai 1901 avec une vingtaine de tableaux, et qui finit par exposer soixante-quatre toiles et pastels (ainsi que de nombreux dessins) à la galerie de la rue Laffitte. Dans son autobiographie, Vollard déplore que "cette exposition n'eut aucun succès, et, de longtemps, Picasso ne devait pas trouver meilleur accueil auprès du public" (p. 260). Picasso, écrivant à un de ses amis à Barcelone, devait lui se réjouir du succès de l'exposition, aussi bien au niveau critique que d'un point de vue commercial - plus de la moitié des œuvres trouvèrent preneur, dont une quinzaine avant même l'ouverture de l'exposition, qui fut ainsi un tournant dans sa carrière.
Racontant une anecdote sur un américain de passage à Paris qui essaye désespérément de trouver quelqu'un avec qui converser du cubisme, Vollard de sourire : "quel n'aura pas été son effarement si, plus tard, il apprit qu'il avait croisé l'inventeur du cubisme, Picasso lui-même, dans ce jeune homme qui, en salopette, revenait de chez le crémier, sa boîte de lait à la main..." (p. 261).
Tous les amateurs de gravures connaissent la "suite Vollard", monumentale série de cent estampes, réalisées par Picasso entre 1930 et 1937. Pour les bibliophiles, enfin, la rencontre Vollard-Picasso aura abouti à deux des plus grandes réussites de l'histoire du livre illustré. D'abord Le Chef d'Oeuvre inconnu, de Balzac (1931), que l'éditeur décrira comme "celui qui intrigua le plus les bibliophiles [...] où des réalisations cubistes voisinent avec des dessins qui font penser à Ingres. Mais chaque nouvelle œuvre de Picasso scandalise, jusqu'au jour où l'admiration succède à l'étonnement" (p. 317) (voir lot précédent). À la disparition tragique de Vollard, en 1939, leur second projet, une édition illustrée de l'Histoire naturelle de Buffon, est encore inachevé. C'est finalement Martin Fabiani qui mènera à son terme l'ouvrage initié par Vollard, en le faisant paraître en 1942. De Cézanne à Picasso : chefs-d'oeuvre de la galerie Vollard, Paris, Musée d'Orsay, 2007, pp. 111-125.
In-8 (213 x 137 mm). Première édition française, l'ouvrage ayant paru en anglais l'année précédente. Broché, tel que paru. Exemplaire tamponné "service de presse". Sur la couverture et le titre, reproduction du portrait de Vollard par Picasso. Plusieurs reproductions d'œuvres de divers artistes, dont Renoir, Rodin, Gauguin, Derain, Degas ou encore Bonnard. Au faux-titre, envoi autographe signé d'Ambroise Vollard : "à mon ami Pablo Picasso, en hommage". Chemise et étui d'Alix. (Manques au dos et taches à la couverture, quelques taches intérieures, déchirure en marge inférieure d'un feuillet).
Provenance : Pablo Picasso (1881-1973 ; envoi).
A most precious copy of this autobiography by renowned gallerist and book publisher Ambroise Vollard - the one he inscribed to Pablo Picasso.
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Vincent Belloy
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