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Passion. Paris: Ambroise Vollard, 1939.
Details
ROUAULT, Georges (1871-1958) et André SUARÈS (1868-1948)
Passion. Paris: Ambroise Vollard, 1939.
Exemplaire de tête avec suite signée dans une spectaculaire reliure allusive de Paul Bonet.
Pour Vollard, l'artiste illustra Réincarnations du père Ubu (1932), Les Fleurs du Mal (1936-1938), Cirque de l'étoile filante (paru en 1938), et enfin Passion d'André Suarès (1939). Ces éditions sont autant de projets menés de front (le travail sur Passion débute plus de dix ans avant sa publication), les attentes et l'exigence du galeriste-éditeur poussant parfois l’artiste dans ses derniers retranchements : « peintures, eaux-fortes, noires et couleurs ? Et quoi encore ? Modèles et bois originaux ! Par centaines… il croit que cela se fait en soufflant dessus », pestait Rouault, tout en reconnaissant que Vollard était « le rare bonhomme à comprendre la liberté à donner à un artiste ». Vollard est aussi très impliqué dans le travail des imprimeurs et des typographes, et est particulièrement regardant sur le choix du papier. Les difficultés d’approvisionnement en papier Montval, le seul que Vollard jugeait digne de ce livre, expliqueront en partie, la lente concrétisation de l’édition.
Les multiples commandes que Vollard passe à Rouault sont des gages de l’admiration du galeriste pour l’artiste : « il y a dans un centimètre de vos gravures plus de métier de peinture que dans les plus grandes toiles des trois quarts de ces messieurs » de l’Académie des Beaux-Arts, devait-il lui écrire. Une admiration partagée par André Suarès, qui dès le début du projet, lui confiait : « à mon sens, vous pouvez arriver à ce qui n’a plus été fait depuis bien longtemps : le paysage religieux. […] Le paysage mystique, pas un peintre n’y a réussi depuis des siècles, depuis Rembrandt ».
"Cirque de l'étoile filante et Passion d'André Suarès sont des frères jumeaux. Conçus dans un même format, comportant un même nombre d'eaux-fortes et de gravures sur bois, ils constituent pour ainsi dire les deux volets d'un diptyque où s'affrontent le profane et le sacré [...] L'illustration renouvelle la féérie des couleurs qui éclate dans le Cirque de l'Etoile filante" (Mornand-Thomé, Vingt artistes du livre, pp. 243-244). Vollard disparait dans un tragique accident peu après la parution de l'ouvrage.
Paul Bonet a revêtu l'exemplaire d'une impressionnante reliure "à la couronne d'épines", un motif qu'il déclinera sur plusieurs réalisations (les Carnets en listent 8) qui ont toutes été exposées, comme le présent exemplaire, lors de la seconde exposition de la Société "La Reliure originale", en 1953 [voir planche 192 des Carnets].
Paul Bonet, Carnets, n°985 : "J'aime particulièrement l'aspect 'solide' de cette reliure ; The Artist and the Book 272; Chapon Rouault 162-185 ; Jacqueline Munck, "Vollard et Rouault, un quart de siècle de collaboration. Le métier de gravure, un "métier de peintre"?", in Édition limitée. Vollard, Petiet et l'estampe de maîtres, Paris, Petit Palais, 2021, pp. 90-99.
Grand in-folio (439 x 332 mm). Édition originale. Tirage limité à 270 exemplairessur Montval, un des 40 de tête, n°8, signé par Rouault, comprenant une suite en noir des eaux-fortes signées par l'artiste. 17 eaux-fortes originales en couleurs de Georges Rouault, 17 "sujets gravés en noir par l'artiste pour former la table des hors-texte" et 82 gravures sur bois d'après Georges Rouault par Georges Aubert.
Reliure signée Paul Bonet, datée 1951 : maroquin ébène, plats et dos ornés d'un décor mosaïqué de diverses nuances de maroquin rouge, représentant une couronne d'épine ensanglantée, entourant une forme mosaïquée de maroquin bleu-violet évoquant un cœur éclaté, titre et noms à froid sur le dos, tranches dorées sur témoins, doublure et garde de daim terre de Sienne, couverture et dos, chemise et étui. (Légers reports des planches, comme toujours).
Provenance : étiquette de la librairie Pierre Berès.
One of the 40 deluxe copies comprising the additional signed suite in Black, this copy in a spectacular inlaid allusive binding by Paul Bonet. "The Passion of Christ is recounted by Suarès in dramatic narrative form and illustrated by Rouault with an intensity of feeling usually equalled only in medieval art, which these plates often recall"
Passion. Paris: Ambroise Vollard, 1939.
Exemplaire de tête avec suite signée dans une spectaculaire reliure allusive de Paul Bonet.
Pour Vollard, l'artiste illustra Réincarnations du père Ubu (1932), Les Fleurs du Mal (1936-1938), Cirque de l'étoile filante (paru en 1938), et enfin Passion d'André Suarès (1939). Ces éditions sont autant de projets menés de front (le travail sur Passion débute plus de dix ans avant sa publication), les attentes et l'exigence du galeriste-éditeur poussant parfois l’artiste dans ses derniers retranchements : « peintures, eaux-fortes, noires et couleurs ? Et quoi encore ? Modèles et bois originaux ! Par centaines… il croit que cela se fait en soufflant dessus », pestait Rouault, tout en reconnaissant que Vollard était « le rare bonhomme à comprendre la liberté à donner à un artiste ». Vollard est aussi très impliqué dans le travail des imprimeurs et des typographes, et est particulièrement regardant sur le choix du papier. Les difficultés d’approvisionnement en papier Montval, le seul que Vollard jugeait digne de ce livre, expliqueront en partie, la lente concrétisation de l’édition.
Les multiples commandes que Vollard passe à Rouault sont des gages de l’admiration du galeriste pour l’artiste : « il y a dans un centimètre de vos gravures plus de métier de peinture que dans les plus grandes toiles des trois quarts de ces messieurs » de l’Académie des Beaux-Arts, devait-il lui écrire. Une admiration partagée par André Suarès, qui dès le début du projet, lui confiait : « à mon sens, vous pouvez arriver à ce qui n’a plus été fait depuis bien longtemps : le paysage religieux. […] Le paysage mystique, pas un peintre n’y a réussi depuis des siècles, depuis Rembrandt ».
"Cirque de l'étoile filante et Passion d'André Suarès sont des frères jumeaux. Conçus dans un même format, comportant un même nombre d'eaux-fortes et de gravures sur bois, ils constituent pour ainsi dire les deux volets d'un diptyque où s'affrontent le profane et le sacré [...] L'illustration renouvelle la féérie des couleurs qui éclate dans le Cirque de l'Etoile filante" (Mornand-Thomé, Vingt artistes du livre, pp. 243-244). Vollard disparait dans un tragique accident peu après la parution de l'ouvrage.
Paul Bonet a revêtu l'exemplaire d'une impressionnante reliure "à la couronne d'épines", un motif qu'il déclinera sur plusieurs réalisations (les Carnets en listent 8) qui ont toutes été exposées, comme le présent exemplaire, lors de la seconde exposition de la Société "La Reliure originale", en 1953 [voir planche 192 des Carnets].
Paul Bonet, Carnets, n°985 : "J'aime particulièrement l'aspect 'solide' de cette reliure ; The Artist and the Book 272; Chapon Rouault 162-185 ; Jacqueline Munck, "Vollard et Rouault, un quart de siècle de collaboration. Le métier de gravure, un "métier de peintre"?", in Édition limitée. Vollard, Petiet et l'estampe de maîtres, Paris, Petit Palais, 2021, pp. 90-99.
Grand in-folio (439 x 332 mm). Édition originale. Tirage limité à 270 exemplairessur Montval, un des 40 de tête, n°8, signé par Rouault, comprenant une suite en noir des eaux-fortes signées par l'artiste. 17 eaux-fortes originales en couleurs de Georges Rouault, 17 "sujets gravés en noir par l'artiste pour former la table des hors-texte" et 82 gravures sur bois d'après Georges Rouault par Georges Aubert.
Reliure signée Paul Bonet, datée 1951 : maroquin ébène, plats et dos ornés d'un décor mosaïqué de diverses nuances de maroquin rouge, représentant une couronne d'épine ensanglantée, entourant une forme mosaïquée de maroquin bleu-violet évoquant un cœur éclaté, titre et noms à froid sur le dos, tranches dorées sur témoins, doublure et garde de daim terre de Sienne, couverture et dos, chemise et étui. (Légers reports des planches, comme toujours).
Provenance : étiquette de la librairie Pierre Berès.
One of the 40 deluxe copies comprising the additional signed suite in Black, this copy in a spectacular inlaid allusive binding by Paul Bonet. "The Passion of Christ is recounted by Suarès in dramatic narrative form and illustrated by Rouault with an intensity of feeling usually equalled only in medieval art, which these plates often recall"
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Vincent Belloy
Specialist