拍品專文
Ce délicat cuivre représentant la Crucifixion témoigne de la capacité de Jan Brueghel l’Ancien (1568-1625) à rendre des scènes d’une incroyable complexité avec un souci du détail parfait à une échelle miniature. Apparu pour la première fois en vente aux enchères, ce Calvaire n’avait pas été vu sur le marché depuis 1995 et constitue une réintroduction fascinante dans l’œuvre de l’artiste.
Il est très probable que le présent tableau forme pendant avec le Portement de Croix conservé au Kunsthaus de Zurich (fig. 1, inv. KS6). De dimensions identiques, cette œuvre partage la même approche compositionnelle, avec les couleurs vives et précieuses caractéristiques de l’artiste au premier plan, tandis que l’arrière-plan s’estompe dans des bleus, verts et gris brumeux. Dans les deux tableaux, Jan emprunte des motifs à son père, Pieter Bruegel l’Ancien (vers 1525⁄1530-1569), notamment à son Portement de Croix (fig. 2, Kunsthistorisches Museum, Vienne, inv. 1052), dont il reprend le groupe de la Vierge éplorée, avec saint Jean en rouge penché sur son épaule, Marie Madeleine et sainte Véronique vêtue de jaune.
Fait intéressant, le groupe de soldats se disputant la tunique du Christ, en bas à droite, se retrouve également dans un Calvaire du frère de l’artiste, Pieter Brueghel le Jeune (1564-1638), aujourd’hui conservé dans l’église Saint-Séverin à Paris (fig. 3, détail). Comme l’a souligné Klaus Ertz, ce motif partagé suggère que les deux frères travaillaient à partir d’un tableau aujourd’hui perdu de leur père (K. Ertz, Jan Brueghel der Ältere (1568-1625): Die Gemälde mit kritischem Oeuvrekatalog, Lingen, 2008⁄2010, II, p. 585, sous le n°273).
Comme l’a observé Christian Klemm dans son commentaire sur le Portement de Croix de Zurich, malgré ses emprunts directs à l’œuvre de son père, l’approche de Jan s’éloigne sensiblement de la composition didactique complexe de Pieter et de sa représentation intrinsèquement critique des personnages. Si la dimension religieuse de la scène est préservée, l’œuvre de Jan doit également être comprise dans le contexte des cabinets de curiosités humanistes. Il s’agit d’un monde en miniature, un microcosme de l’humanité contenu dans un objet précieux (ibid., p. 584, sous le n°272).
Il est probable que ce tableau, ainsi que celui de Zurich, datent de la période juste avant 1610, mais après le voyage de Jan à Prague en 1604. Cela le rapproche d’une scène presque identique, mesurant seulement 3,5 × 5 cm, peinte en 1606 dans le cadre d’un ensemble de quatre œuvres destinées à être intégrées dans un bénitier pour le cardinal Federico Borromeo (1564-1631), aujourd’hui conservé à la Pinacothèque ambrosienne de Milan (inv. 271C). Cet ensemble comprend également un Portement de Croix miniature (Pinacothèque ambrosienne, Milan, inv. 271A), qui suit le modèle du tableau de Zurich, renforçant ainsi le lien probable entre celui-ci et le présent Calvaire.
Il est très probable que le présent tableau forme pendant avec le Portement de Croix conservé au Kunsthaus de Zurich (fig. 1, inv. KS6). De dimensions identiques, cette œuvre partage la même approche compositionnelle, avec les couleurs vives et précieuses caractéristiques de l’artiste au premier plan, tandis que l’arrière-plan s’estompe dans des bleus, verts et gris brumeux. Dans les deux tableaux, Jan emprunte des motifs à son père, Pieter Bruegel l’Ancien (vers 1525⁄1530-1569), notamment à son Portement de Croix (fig. 2, Kunsthistorisches Museum, Vienne, inv. 1052), dont il reprend le groupe de la Vierge éplorée, avec saint Jean en rouge penché sur son épaule, Marie Madeleine et sainte Véronique vêtue de jaune.
Fait intéressant, le groupe de soldats se disputant la tunique du Christ, en bas à droite, se retrouve également dans un Calvaire du frère de l’artiste, Pieter Brueghel le Jeune (1564-1638), aujourd’hui conservé dans l’église Saint-Séverin à Paris (fig. 3, détail). Comme l’a souligné Klaus Ertz, ce motif partagé suggère que les deux frères travaillaient à partir d’un tableau aujourd’hui perdu de leur père (K. Ertz, Jan Brueghel der Ältere (1568-1625): Die Gemälde mit kritischem Oeuvrekatalog, Lingen, 2008⁄2010, II, p. 585, sous le n°273).
Comme l’a observé Christian Klemm dans son commentaire sur le Portement de Croix de Zurich, malgré ses emprunts directs à l’œuvre de son père, l’approche de Jan s’éloigne sensiblement de la composition didactique complexe de Pieter et de sa représentation intrinsèquement critique des personnages. Si la dimension religieuse de la scène est préservée, l’œuvre de Jan doit également être comprise dans le contexte des cabinets de curiosités humanistes. Il s’agit d’un monde en miniature, un microcosme de l’humanité contenu dans un objet précieux (ibid., p. 584, sous le n°272).
Il est probable que ce tableau, ainsi que celui de Zurich, datent de la période juste avant 1610, mais après le voyage de Jan à Prague en 1604. Cela le rapproche d’une scène presque identique, mesurant seulement 3,5 × 5 cm, peinte en 1606 dans le cadre d’un ensemble de quatre œuvres destinées à être intégrées dans un bénitier pour le cardinal Federico Borromeo (1564-1631), aujourd’hui conservé à la Pinacothèque ambrosienne de Milan (inv. 271C). Cet ensemble comprend également un Portement de Croix miniature (Pinacothèque ambrosienne, Milan, inv. 271A), qui suit le modèle du tableau de Zurich, renforçant ainsi le lien probable entre celui-ci et le présent Calvaire.
.jpg?w=1)
.jpg?w=1)
.jpg?w=1)
.jpg?w=1)
