Lot Essay
Les proportions de ce grand Christ en ivoire, tant son corps que sa musculature, les paupières presque fermées laissant très légèrement entrevoir ses yeux, la finesse des cheveux et de la bordure à franges du périzonium lui-même retenu par une corde sont autant d’éléments attestant de la virtuosité du sculpteur. Les proportions allongées et un certain hiératisme de son torse ainsi que de ses jambes, laissent penser à une réalisation de la fin du XVIe siècle ou du début du XVIIe siècle, le rapprochant en quelques points du Christ de Francesco Terilli (actif entre 1575 et 1633) du Museo Civico de Feltre. L’élongation du corps, dont le buste et les jambes, trouve un écho dans certains exemplaires connus dont celui du couvent Santa Isabel de Madrid bien que ce dernier ait un déhanchement plus prononcé que notre Christ (voir Estella, op. cit. supra, p. 92, cat. 145 et fig. 144). Un doute persiste donc quant au lieu de production du Christ. Certains éléments l’apparentent à la péninsule ibérique voire aux colonies hispaniques, éléments parmi lesquels il faut compter la présence de traces d’une peinture rouge autour des stigmates dont l’arrière de sa tête et autour de la couronne d’épines aujourd’hui manquante, autour des mains y compris au revers de la figure. Aucun nom de sculpteurs n’est pour le moment à mettre en relation avec lui : le traitement est assez distant des figures contemporaines de Gaspar Núñez Delgado (actif à Séville autour de 1576-1606) et de Domenico Bissoni (avant 1574-1637) ou encore de Giovanni Antonio Gualterio (actif vers 1582-1615).
.jpg?w=1)
.jpg?w=1)
.jpg?w=1)
.jpg?w=1)
