Jacques Henri Lartigue (1894-1986)
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Renée, Paris, 1931

Details
Jacques Henri Lartigue (1894-1986)
Renée, Paris, 1931
tirage argentique
signé, daté et titré "J. H. Lartigue 1931 Renée" à l'encre, cachet du photographe et numéroté "57" au crayon rouge (image, verso)
image/feuille : 27 x 20.5 cm. (10 5⁄8 x 8 1⁄8 in.)
Un autre tirage de cette image se trouve dans l'album 1931-2 du photographe, conservé à la Médiathèque de l’architecture et du patrimoine, Charenton-le-Pont (3lrt43, p. 85).

gelatin silver print
signed, dated and titled "J. H. Lartigue 1931 Renée" in ink, stamped photographer's credit and numbered "57" in red pencil (image, verso)
Another print of this image appears in the photographer’s album 1931-2, held at the Médiathèque de l’architecture et du patrimoine, Charenton-le-Pont (3lrt43, p. 85).
Provenance
Collection Roger Therond, Paris (acquis directement auprès du photographe)
Exhibited
Paris, Maison européenne de la photographie, Une passion française : photographies de la collection Roger Therond, octobre 1999-janvier 2000, n° 219 (reproduit au catalogue d'exposition p. 281 et p. 359)

Brought to you by

Elodie Morel-Bazin
Elodie Morel-Bazin Head of Department, Europe

Lot Essay

« Elle retire ses gants. De longues mains de petite fille. Dans ma tête quelque chose se met à danser en pensant qu’un jour peut-être elle consentirait à peindre les ongles de ces mains-là... » – Jacques-Henri Lartigue (Journal, Paris, 7 mars 1930).

En mars 1930, Jacques Henri Lartigue rencontre Renée Perle à Paris. Il est immédiatement séduit par la grâce de ce mannequin d’origine roumaine se dissimulant avec coquetterie sous un si large chapeau qu’il la surnomme « Parasol ». Elle devient rapidement sa compagne et son modèle privilégié.

Bien que leur relation ne dure que deux ans, Renée occupe une place centrale dans son œuvre. Durant cette période, Lartigue la photographie presque quotidiennement, et ses albums s’organisent largement autour de sa présence, comme une parenthèse idéale dans son parcours artistique.

De Paris à la Côte d’Azur, jusqu’à la côte basque, leur histoire se déploie comme des « vacances éternelles » au fil des voyages, que Lartigue immortalise à chaque étape.

Le style et l’allure de Renée contribuent fortement à faire de ces images le témoignage d’une époque. À la pointe de la mode, elle incarne une élégance nouvelle : pantalons amples, manteaux de fourrure, bijoux raffinés. Elle cristallise à elle seule l’esprit d’une modernité sophistiquée et insouciante, emblématique du début des années 1930.

À la fin de sa vie, apprenant que Renée n’est qu’à quelques kilomètres Lartigue se laisse convaincre d'aller la revoir, accompagné d’Astrid et Roger Therond. La porte de sa maison reste fermée : elle est morte depuis six mois. Il repart sans l'avoir revue, emportant le souvenir de sa beauté intact.

“She takes off her gloves. Long little-girl hands. In my mind something begins to dance at the thought that perhaps one day she might agree to paint the nails on those hands...” – Journal, Jacques-Henri Lartigue (Paris, March 7, 1930).

In March 1930, Jacques Henri Lartigue met Renée Perle in Paris. He was immediately captivated by the grace of this Romanian-born model who coyly concealed herself beneath such a large hat that he nicknamed her “Parasol.” She quickly became both his companion and his preferred model.

Although their relationship lasted only two years, Renée occupies a central place in his work. During this period, Lartigue photographed her almost daily, and his albums were largely organized around her presence, like an ideal interlude within his artistic journey.

From Paris to the French Riviera and as far as the Basque Coast, their story unfolded like an “eternal vacation” through a succession of travels that Lartigue immortalized at every stage.

Renée’s style and appearance contributed greatly to making these photographs emblematic of their era. At the forefront of fashion, she embodied a new elegance: wide-legged trousers, fur coats, refined jewelry. She alone crystallized the spirit of a sophisticated and carefree modernity, characteristic of the early 1930s.

At the end of his life, upon learning that Renée was living only a few miles away, Lartigue allowed himself to be persuaded to go and see her again, accompanied by Astrid and Roger Therond. The door of her house remained closed: she had died six months earlier. He left without seeing her again, carrying with him the memory of her beauty, preserved intact.

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