Achille Quinet (1831-1907)
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Achille Quinet (1831-1907)

Place de la Concorde, vers 1860-1870

Details
Achille Quinet (1831-1907)
Place de la Concorde, vers 1860-1870
épreuve sur papier albuminé, contrecollée sur support cartonné
cachet de la signature du photographe à l'encre rouge (planche, recto) ; titré "PLACE DE LA CONCORDE" dans le négatif (image, recto)
image/feuille : 19.5 x 24.6 cm. (7 5⁄8 x 9 ¾ in.)
montage : 31 x 43.2 cm. (12 ¼ x 17 in.)
Un autre tirage de cette image est conservé dans les collections du Rijksmuseum, Amsterdam (RP-F-F16398).

albumen print, mounted on card
stamped photographer's signature in red ink (plate, recto); titled "PLACE DE LA CONCORDE" in the negative (image, recto)
Another print of this image is held in the collections of the Rijksmuseum, Amsterdam (RP-F-F16398).
Provenance
Collection Roger Therond, Paris

Brought to you by

Elodie Morel-Bazin
Elodie Morel-Bazin Head of Department, Europe

Lot Essay

La place de la Concorde offre à Achille Quinet un motif d’observation privilégié, son atelier du 320, rue Saint-Honoré, n’étant situé qu’à quelques mètres. Cette proximité lui permet de saisir l'un des plus majestueux espaces parisiens dans une quiétude presque irréelle, vidé de toute circulation et de toute agitation, sans doute aux premières heures du jour. À la fin des années 1870, l'artiste quitte Paris pour s'installer près de Fontainebleau, où il se consacre davantage aux études d'après nature et aux scènes rurales.

Au cœur de cette composition s'élève l'obélisque de Louxor, vestige de l'Égypte pharaonique, dont la silhouette austère et verticale dialogue harmonieusement avec les deux fontaines monumentales conçues par Jacques-Ignace Hittorff. Autour de ce point focal se déploie un remarquable ensemble architectural néoclassique : la façade de l'hôtel de Crillon répond à celle de son pendant, l'hôtel de la Marine, tandis que, dans le lointain, se dessine la Madeleine. Cet alignement de monuments confère à la vue une rare cohérence et révèle toute la grandeur de l'ordonnancement urbain imaginé au XIXe siècle.

Par son regard attentif aux formes et à la structure de l'espace, Quinet restitue avec précision la réalité du lieu. Mais au-delà du simple témoignage documentaire, il insuffle à cette scène une sensibilité poétique qui transforme la place en un paysage presque hors du temps, empreint d'une douceur et d'une mélancolie discrètement romantiques.

Place de la Concorde offered Achille Quinet a privileged subject of observation, as his studio at 320 rue Saint-Honoré was located only a few yards away. This proximity enabled him to capture one of Paris’s most majestic public spaces in an almost unreal tranquility, emptied of all traffic and bustle, no doubt in the early hours of the day. In the late 1870s, the artist left Paris to settle near Fontainebleau, where he devoted himself more fully to studies from nature and rural scenes.

At the center of this composition rises the Luxor Obelisk, a relic of pharaonic Egypt, whose austere vertical silhouette enters into harmonious dialogue with the two monumental fountains designed by Jacques-Ignace Hittorff. Around this focal point unfolds a remarkable ensemble of Neoclassical architecture: the façade of the Hôtel de Crillon answers that of its counterpart, the Hôtel de la Marine, while in the distance the Madeleine comes into view. This alignment of monuments lends the scene a rare coherence and reveals the full grandeur of the urban planning conceived in the nineteenth century.

Through his attentive eye for form and spatial structure, Quinet renders the reality of the site with precision. Yet beyond simple documentary testimony, he infuses the scene with a poetic sensibility that transforms the square into an almost timeless landscape, imbued with a gentle and discreetly Romantic melancholy.

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