Ernest Benecke (1817-1894) et Charles Marville (1813-1879)
Ernest Benecke (1817-1894) et Charles Marville (1813-1879)
Ernest Benecke (1817-1894) et Charles Marville (1813-1879)
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Ernest Benecke (1817-1894) et Charles Marville (1813-1879)

Sans titre (Dromadaire), vers 1853

Details
Ernest Benecke (1817-1894) et Charles Marville (1813-1879)
Sans titre (Dromadaire), vers 1853
épreuve sur papier salé, contrecollée sur support cartonné
timbre sec du photographe, cachet ''Amable Petit Peintre-Décorateur'', numéroté ''9'' à l'encre sur une étiquette (montage, recto)
image/feuille : 16 x 20.2 cm. (6 ¼ x 8 in.)
montage : 31.2 x 42.8 cm. (12 ¼ x 16 7⁄8 in.)

salted paper print, mounted on card
blindstamped photographer's credit, stamped ''Amable Petit Peintre-Décorateur'', numbered ''9'' in ink on a label (mount, recto)
Provenance
Collection Amable Petit, France
Regis-Thiollet, Argenteuil, L'atelier d'Amable (1846-1917) : Décorateur de théâtre, 29 mai 1994, lot 225
Collection Roger Therond, Paris (acquis lors de cette vente)

Brought to you by

Elodie Morel-Bazin
Elodie Morel-Bazin Head of Department, Europe

Lot Essay

Né au sein d’une famille anglo-allemande d’industriels établie à Lille, ville natale de Louis désiré Blanquart-Evrard, Ernest Benecke entreprend, entre 1852 et 1853, un voyage en Égypte et sur les rivages de la Méditerranée orientale, à la faveur de ses activités commerciales et dans l’esprit du Grand Tour. À la différence de ses contemporains Maxime Du Camp, Félix Teynard ou John Beasley Greene, dont les campagnes privilégient avant tout les monuments et les paysages, Benecke porte son attention sur les habitants, les scènes de la vie quotidienne et les curiosités rencontrées au fil de son itinéraire. Ses calotypes témoignent de la singularité de ce regard. La plupart des tirages connus portent le timbre sec de Marville sur le carton de montage ou des annotations y faisant référence, Benecke ayant confié ses images au grand photographe parisien dès son retour en France.

La présente épreuve, consacrée à un dromadaire, s'inscrit pleinement dans l'imaginaire orientaliste qui imprègne l'Europe du XIXᵉ siècle. Bien plus qu'un simple animal de bât, le dromadaire devient alors l'un des emblèmes visuels de l'Orient, omniprésent dans la peinture comme dans la photographie. On le retrouve notamment au cœur des grandes compositions orientalistes de Jean-Léon Gérôme, où il participe à la construction d'un Orient idéalisé, à l'image de Chevaux à l'abreuvoir (1857, Ottawa, Musée des beaux-arts du Canada).

Chez Benecke, cependant, toute anecdote pittoresque s'efface au profit d'une observation directe du sujet, dont la sobriété confère à l'image une qualité documentaire aussi précieuse qu’exceptionnelle. 

Born into an Anglo-German family of industrialists established in Lille, the hometown of Louis-Désiré Blanquart-Evrard, Ernest Benecke undertook a journey to Egypt and the shores of the eastern Mediterranean between 1852 and 1853, combining commercial interests with the spirit of the Grand Tour. Unlike contemporaries such as Maxime Du Camp, Félix Teynard, and John Beasley Greene, whose photographic campaigns focused primarily on monuments and landscapes, Benecke directed his attention toward local inhabitants, scenes of everyday life, and the curiosities encountered along his route. His calotypes testify to the originality of this perspective. Most known prints bear the embossed stamp of Charles Marville on their mounts, or annotations referring to him, as Benecke entrusted his photographs to the great Parisian photographer upon his return to France.

The present print, depicting a dromedary, fully belongs to the Orientalist imagery that permeated nineteenth-century Europe. Far more than a simple beast of burden, the dromedary became one of the visual emblems of the Orient, omnipresent in both painting and photography. It appears, notably, at the center of major Orientalist compositions by Jean-Léon Gérôme, where it contributes to the construction of an idealized East, as in Chevaux à l'abreuvoir (1857, Ottawa, National Gallery of Canada).

In Benecke’s work, however, all picturesque anecdote gives way to a direct observation of the subject. This restraint lends the image a documentary quality that is both exceptional and invaluable.

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