Details
Eugène Antoine Durenne (1860-1944)
Nature morte, l'huilier bleu
signé ‘Durenne’ (en bas à gauche)
huile sur toile
46.4 x 55.6 cm.
Peint en 1916

signed 'Durenne' (lower left)
oil on canvas
18 ¼ x 21 7⁄8 in.
Painted in 1916
Provenance
Galerie Durand-Ruel, Paris (acquis auprès de l'artiste le 19 octobre 1920).
Par descendance au propriétaire actuel.

Brought to you by

Lou Clinton-Celini
Lou Clinton-Celini Junior Specialist, Acting Head of Day Sale

Lot Essay

Durenne rêve d’abord d’être marin, mais écoute ses parents et suit des études de droit à Paris. En 1882, il a un nouveau rêve et ne le laissera plus s’échapper : il annonce à sa famille par lettre son amour pour les arts. Il fréquente alors l’Académie Julian, où il rencontre Edouard Vuillard et Pierre Bonnard, qui influencent son style naissant. Par la suite, il étudie à l’Académie Colarossi, où il se lie d’amitié avec Albert André, Louis Valtat et Georges d’Espagnat. Enfin, c’est à l’atelier de Georges-Daniel de Monfreid, qu’il rencontre Camille Pissarro et, par son intermédiaire, Paul Durand-Ruel.
Son amitié avec Pissarro et les chefs-d’œuvre impressionnistes découverts chez Durand-Ruel lui ouvrent les yeux sur sa peinture.
L’artiste se spécialise alors dans les paysages de la campagne française, les scènes d’intérieur et les natures mortes, où transpire cette ambiance mélancolique si reconnaissable, avec sa palette subtile et nuancée, l’inscrivant parmi les artistes du postimpressionnisme. Ces scènes de vie sont des moments d’intimité volés, de poésie du quotidien, observés de l’extérieur, comme si le spectateur venait d’entrouvrir une porte fermée. On plonge alors dans cet univers doux et humain, d’une table à la nappe un peu relevée, d’un dîner en train d’être servi, d’une femme qui se coiffe dos à nous, d’une tasse qui refroidit sur une cheminée.
Durenne participe à la huitième exposition des Impressionnistes et Symbolistes à la Galerie Le Barc de Boutteville en 1894, mais c’est Durand-Ruel qui lui ouvre les portes du monde avec une exposition à New York en 1900. Il présente ses œuvres par la suite à de nombreux Salon d’Automne, mais aussi à la Manchester City Art Gallery en 1907 et aux Grafton Galleries de Londres en 1921.
Après sa mort, il continue d’être exposé chez Durand-Ruel, tandis que la galerie répertorie et photographie toutes ses œuvres.

Durenne initially dreamed of becoming a sailor, but followed his parents’ advice and studied law in Paris. In 1882, a new dream took hold, one he would never relinquish: in a letter to his family, he declared his love of art. He then attended the Académie Julian, where he met Édouard Vuillard and Pierre Bonnard, whose work influenced his emerging style. He subsequently studied at the Académie Colarossi, where he formed friendships with Albert André, Louis Valtat and Georges d’Espagnat. Finally, it was in Georges-Daniel de Monfreid’s studio that he met Camille Pissarro and, through him, Paul Durand-Ruel.
His friendship with Pissarro and the Impressionist masterpieces he discovered at Durand-Ruel opened his eyes to new possibilities in his own painting.
The artist then specialised in landscapes of the French countryside, interiors and still lifes, all imbued with his unmistakable melancholy and rendered in a subtle, finely modulated palette that places him among the Post Impressionists. These scenes of everyday life are stolen moments of intimacy, glimpses of poetry in the commonplace, observed from without as though the viewer had just opened a closed door a fraction. We are drawn into this gentle, human world: a tablecloth slightly rumpled on a table, a dinner in the process of being served, a woman arranging her hair with her back to us, a cup cooling on a mantelpiece.
Durenne took part in the eighth exhibition of Impressionist and Symbolist painters at the Galerie Le Barc de Boutteville in 1894, but it was Durand-Ruel who opened the world to him with an exhibition in New York in 1900. He subsequently showed his work at numerous Salons d’Automne, as well as at Manchester City Art Gallery in 1907 and the Grafton Galleries in London in 1921.
After his death, his work continued to be exhibited at Durand-Ruel, while the gallery made an inventory and photographic record of all his work.

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