Kees van Dongen (1877-1968)
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Provenant d'un collection particulière, Asie
Kees van Dongen (1877-1968)

L'Écuyère dans la forêt

Details
Kees van Dongen (1877-1968)
L'Écuyère dans la forêt
signé 'Van Dongen' (en bas à droite)
huile sur toile
97.2 x 147 cm.

signed 'Van Dongen' (lower right)
oil on canvas
38 1⁄8 x 57 7⁄8 in.
Provenance
(probablement) Paul Pétridès, Paris (avant 1979).
Galerie Taménaga, Paris, New York, Tokyo et Osaka (avant 1988).
Acquis auprès de celle-ci par le propriétaire actuel.
Exhibited
Paris, Galerie Charpentier, Van Dongen, Cinquante ans de peinture, novembre-décembre 1942.
Tokyo et Osaka, Galerie Taménaga, Exposition Van Dongen, janvier-mars 1988, no. 2 (illustré en couleurs).
New York, Galerie Taménaga, Exposition Kees Van Dongen, mai 1990, no. 4 (illustré en couleurs).
Further details
Cette œuvre sera incluse au catalogue raisonné en ligne de l'œuvre de Kees van Dongen actuellement en préparation par le Wildenstein Plattner Institute.

Brought to you by

Lou Clinton-Celini
Lou Clinton-Celini Junior Specialist, Acting Head of Day Sale

Lot Essay

Dans L’Écuyère dans la forêt, Van Dongen confronte une élégance tenue en lisière à un souffle plus libre, plus fougueux, presque fauve.
Des élégantes en chapeau se tiennent dans une clairière, presque immobiles. Autour d’elles pourtant, tout circule : les chevaux avancent, les silhouettes se croisent, les troncs se dressent, les couleurs vibrent.
Au centre, le cheval gris cerclé de noir concentre toute l’énergie de la composition. Son mouvement rompt avec la retenue des figures placées à ses côtés. Il ne traverse pas seulement la toile : il fend son équilibre. Autour de lui, les contours se relâchent, les touches s’accélèrent, l’espace paraît soudain moins stable.
La clairière elle-même semble prise dans cette tension. Inondée de jaune et de vert, elle offre d’abord une impression d’ouverture et de calme. Mais elle est encerclée par une végétation beaucoup plus sombre, dense, presque lourde, qui resserre la scène. Van Dongen fait battre la forêt sous nos yeux. Les arbres deviennent de longues touches verticales, les feuillages se fondent en masses, les couleurs se répondent par contrastes.
C’est dans cette opposition que le tableau prend toute sa force. D’un côté, le raffinement des figures, la tenue, le calme apparent ; de l’autre, le mouvement, la couleur, l’élan. L’artiste maintient les deux dans une tension continue. Rien ne déborde tout à fait, mais rien ne reste vraiment en place. Son grand format donne à la clairière une autre ampleur : elle nous enveloppe et nous entraîne dans sa danse. L’équilibre perturbé séduit le regard, qui s’envole d’un bout à l’autre de la composition. Van Dongen livre ici l’une des plus belles manifestations de son vocabulaire. Une peinture raffinée, qui laisse affleurer une expression libre, vibrante et indocile.

In L’Écuyère dans la forêt, Van Dongen confronts an elegance held at the edge to a freer, more impetuous, almost Fauvist breath.
Elegant women in hats stand in a clearing, almost motionless. Around them, however, everything is in motion: the horses advance, figures cross paths, tree trunks rise, colours vibrate.
At the centre, the grey horse outlined in black concentrates all the energy of the composition. Its movement breaks with the restraint of the figures beside it. It does not merely cross the canvas: it cuts through its balance. Around it, contours loosen, brushstrokes quicken, and the space suddenly appears less stable.
The clearing itself seems caught in this tension. Flooded with yellow and green, it initially conveys a sense of openness and calm. Yet it is enclosed by much darker, denser, almost weighty vegetation that tightens the scene around it. Van Dongen makes the forest pulse before our eyes. The trees become long vertical strokes, the foliage dissolves into masses, and the colours answer one another through contrast.
It is in this opposition that the painting finds all its strength. On one side, the refinement of the figures, their composure, the apparent calm; on the other, movement, colour and momentum. The artist holds the two in continuous tension. Nothing quite spills over, yet nothing truly remains still. The large format gives the clearing a greater sense of scale: it surrounds us and draws us into its dance. This unsettled balance captivates the eye, carrying it from one end of the composition to the other. Here, Van Dongen offers one of the most compelling expressions of his pictorial language: a refined painting through which something freer, more vibrant and untamed is allowed to emerge.

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