Lot Essay
L’iconographie des mois de l’année d’Abel Grimmer (vers 1570-1618⁄19) trouve son origine dans les illustrations calendaires des livres d’heures médiévaux, tels que les Très Riches Heures du duc de Berry des frères Limbourg, exécutées vers 1411-1416. Celles-ci présentent, mois après mois, les fêtes des saints et autres fêtes religieuses ; chaque mois s'accompagne d'un paysage saisonnier mettant en scène une activité profane associée à cette période de l’année. Les représentations des douze mois et des saisons se poursuivent aux XVIe et XVIIe siècles, jusqu’à trouver leur plus grand représentant en la personne de Pieter Bruegel l’Ancien (mort vers 1569), qui établit ce genre comme une catégorie picturale à part entière.
Les tableaux de Grimmer s’inscrivent pleinement dans la tradition de Pieter Bruegel l’Ancien, tant sur le plan conceptuel que stylistique. La présente œuvre est directement inspirée de sa composition pour le Printemps (fig. 1), commandée vers 1564 dans le cadre d’un ensemble consacré aux Quatre Saisons par l’entreprenant et prospère éditeur anversois Hieronymus Cock (1518-1570). Le dessin préparatoire de Bruegel pour le Printemps, signé et daté de 1565, est aujourd’hui conservé à l’Albertina de Vienne (inv. 23750), mais sa mort prématurée en 1569 l’empêcha d’achever la série, dont le projet fut repris par Hans Bol (1534-1593), autre grand paysagiste de son temps. Les estampes de Cock furent finalement publiées en 1570 et connurent rapidement une large diffusion.
Le Printemps de Bruegel représente un jardin fleuri ordonné, peuplé de figures d’inspiration italienne issues de la Haute Renaissance, sans doute influencées par le voyage de l’artiste en Italie. Charles de Tolnay (1899-1981) a notamment souligné la dette de Bruegel envers Michel-Ange (1475-1564) dans la figure du jardinier à droite au premier plan, dont la pose fait écho à celle de Noé dans l’un des panneaux du plafond de la chapelle Sixtine (voir G. Marlier, Pierre Brueghel le Jeune, Bruxelles, 1969, p. 219). Dans notre tableau, Grimmer reprend directement cette figure dans celle de l’homme bêchant au centre gauche. Si les jardins du jeune artiste sont plus modestes que ceux de Bruegel, ils conservent néanmoins les mêmes compositions formelles et géométriques, inspirées du modèle alors en vogue des parterres à la française.
Cette composition est connue par deux versions répertoriées dans le catalogue raisonné de Reine de Bertier de Sauvigny. L’autre version, précédemment chez Pieter de Boer (voir op. cit., p. 264, n° 10), présente la même scène en sens inverse.
Les tableaux de Grimmer s’inscrivent pleinement dans la tradition de Pieter Bruegel l’Ancien, tant sur le plan conceptuel que stylistique. La présente œuvre est directement inspirée de sa composition pour le Printemps (fig. 1), commandée vers 1564 dans le cadre d’un ensemble consacré aux Quatre Saisons par l’entreprenant et prospère éditeur anversois Hieronymus Cock (1518-1570). Le dessin préparatoire de Bruegel pour le Printemps, signé et daté de 1565, est aujourd’hui conservé à l’Albertina de Vienne (inv. 23750), mais sa mort prématurée en 1569 l’empêcha d’achever la série, dont le projet fut repris par Hans Bol (1534-1593), autre grand paysagiste de son temps. Les estampes de Cock furent finalement publiées en 1570 et connurent rapidement une large diffusion.
Le Printemps de Bruegel représente un jardin fleuri ordonné, peuplé de figures d’inspiration italienne issues de la Haute Renaissance, sans doute influencées par le voyage de l’artiste en Italie. Charles de Tolnay (1899-1981) a notamment souligné la dette de Bruegel envers Michel-Ange (1475-1564) dans la figure du jardinier à droite au premier plan, dont la pose fait écho à celle de Noé dans l’un des panneaux du plafond de la chapelle Sixtine (voir G. Marlier, Pierre Brueghel le Jeune, Bruxelles, 1969, p. 219). Dans notre tableau, Grimmer reprend directement cette figure dans celle de l’homme bêchant au centre gauche. Si les jardins du jeune artiste sont plus modestes que ceux de Bruegel, ils conservent néanmoins les mêmes compositions formelles et géométriques, inspirées du modèle alors en vogue des parterres à la française.
Cette composition est connue par deux versions répertoriées dans le catalogue raisonné de Reine de Bertier de Sauvigny. L’autre version, précédemment chez Pieter de Boer (voir op. cit., p. 264, n° 10), présente la même scène en sens inverse.
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