ABEL GRIMMER (ANVERS VERS 1570-1618⁄19)
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ABEL GRIMMER (ANVERS VERS 1570-1618⁄19)

Le mois de février

Details
ABEL GRIMMER (ANVERS VERS 1570-1618⁄19)
Le mois de février
huile sur panneau
25,5 x 36,5 cm (10 x 14 ¼ in.)
Provenance
[Probablement] Chez De Jonckheere, Paris, en 1984.
Collection particulière européenne.
Literature
R. de Bertier de Sauvigny, Jacob et Abel Grimmer, Bruxelles, 1991, p. 264-265, n° 11, reproduit en couleurs, pl. 89.
Further details
ABEL GRIMMER (C.1570-1618⁄19), THE MONTH OF FEBRUARY, OIL ON PANEL

The iconography of Abel Grimmer’s (c.1570-1618⁄19) months of the year can be traced back to the calendar illustrations of Medieval Books of Hours, such as the Limbourg brothers' Très Riches Heures executed for the Duc de Berry, c. 1411-1416. In these, saints’ days and other religious feasts were listed by month, and on the facing page an artist would illuminate a seasonal landscape with a secular activity associated with that time of year. Depictions of the twelve months and the seasons continued into the 16th and 17th centuries, when their greatest exponent became Pieter Bruegel the Elder (c. 1525-1569), who established this genre as an independent category of painting.

Grimmer's paintings are conceived very much in the tradition of Pieter Bruegel the Elder, both conceptually and stylistically. The present work is directly influenced by his design for Spring (fig. 1), commissioned as part of a set of the Four Seasons in circa 1564 by the enterprising and successful Antwerp publisher, Hieronymus Cock (1518-1570). Bruegel’s drawing for Spring, signed and dated 1565, is now in the Albertina, Vienna (inv. 23750), but his untimely death in 1569 prevented his completion of the series, and the project was taken over by Hans Bol (1534-1593), another leading landscape artist of that time. Cock’s prints were finally published in 1570, and swiftly became widely known.

Bruegel’s Spring shows a formal flower garden with Italianate figural types of the High Renaissance, doubtless influenced by his trip to Italy, with Charles de Tolnay (1899-1981) pointing out a debt to Michelangelo (1475-1564) in the figure of the gardener at the right foreground, echoing the pose of Noah in one of the panels of the Sistine Chapel ceiling (see G. Marlier, Pierre Brueghel le Jeune, Brussels, 1969, p. 219). In the present painting, Grimmer quotes this figure directly in the man digging at centre left. Though the younger artist’s gardens are more humble in their scope than Bruegel’s, they retain the same formal, geometric designs, following the fashionable French parterre model.

This composition, exists in two examples in Reine de Bertier de Sauvigny’s catalogue raisonné. The other version, previously with Pieter de Boer (see op. cit. p. 264, no. 10), shows the same scene in reverse.

Brought to you by

Olivia Ghosh
Olivia Ghosh Head of Department - Paris

Lot Essay

L’iconographie des mois de l’année d’Abel Grimmer (vers 1570-1618⁄19) trouve son origine dans les illustrations calendaires des livres d’heures médiévaux, tels que les Très Riches Heures du duc de Berry des frères Limbourg, exécutées vers 1411-1416. Celles-ci présentent, mois après mois, les fêtes des saints et autres fêtes religieuses ; chaque mois s'accompagne d'un paysage saisonnier mettant en scène une activité profane associée à cette période de l’année. Les représentations des douze mois et des saisons se poursuivent aux XVIe et XVIIe siècles, jusqu’à trouver leur plus grand représentant en la personne de Pieter Bruegel l’Ancien (mort vers 1569), qui établit ce genre comme une catégorie picturale à part entière.

Les tableaux de Grimmer s’inscrivent pleinement dans la tradition de Pieter Bruegel l’Ancien, tant sur le plan conceptuel que stylistique. La présente œuvre est directement inspirée de sa composition pour le Printemps (fig. 1), commandée vers 1564 dans le cadre d’un ensemble consacré aux Quatre Saisons par l’entreprenant et prospère éditeur anversois Hieronymus Cock (1518-1570). Le dessin préparatoire de Bruegel pour le Printemps, signé et daté de 1565, est aujourd’hui conservé à l’Albertina de Vienne (inv. 23750), mais sa mort prématurée en 1569 l’empêcha d’achever la série, dont le projet fut repris par Hans Bol (1534-1593), autre grand paysagiste de son temps. Les estampes de Cock furent finalement publiées en 1570 et connurent rapidement une large diffusion.

Le Printemps de Bruegel représente un jardin fleuri ordonné, peuplé de figures d’inspiration italienne issues de la Haute Renaissance, sans doute influencées par le voyage de l’artiste en Italie. Charles de Tolnay (1899-1981) a notamment souligné la dette de Bruegel envers Michel-Ange (1475-1564) dans la figure du jardinier à droite au premier plan, dont la pose fait écho à celle de Noé dans l’un des panneaux du plafond de la chapelle Sixtine (voir G. Marlier, Pierre Brueghel le Jeune, Bruxelles, 1969, p. 219). Dans notre tableau, Grimmer reprend directement cette figure dans celle de l’homme bêchant au centre gauche. Si les jardins du jeune artiste sont plus modestes que ceux de Bruegel, ils conservent néanmoins les mêmes compositions formelles et géométriques, inspirées du modèle alors en vogue des parterres à la française.

Cette composition est connue par deux versions répertoriées dans le catalogue raisonné de Reine de Bertier de Sauvigny. L’autre version, précédemment chez Pieter de Boer (voir op. cit., p. 264, n° 10), présente la même scène en sens inverse.

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