ÉCOLE FLAMANDE XVIe SIÈCLE, ENTOURAGE DE PIETER BRUEGHEL LE JEUNE
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Le petit cortège de Noces

Details
ÉCOLE FLAMANDE XVIe SIÈCLE, ENTOURAGE DE PIETER BRUEGHEL LE JEUNE
Le petit cortège de Noces
huile sur panneau
54 x 73,5 cm (24 ½ x 29 in.)
Provenance
Chez Robert Finck, Bruxelles, en 1958 (comme Pieter Brueghel le Jeune).
Martin Thèves (1896-1970), Rhode-Saint-Genèse, en 1969.
Collection particulière européenne.
Literature
G. Marlier, Pierre Brueghel le Jeune, Bruxelles, 1969 (édition posthume mise au point et annotée par J. Folie), p. 176, reproduit en noir et blanc p. 174, fig. 98 (comme Pieter Brueghel le Jeune).
K. Ertz, Pieter Brueghel der Jüngere (1564-1637⁄38): die Gemälde mit kritischem Oeuvrekatalog, Lingen, 2000, II, p. 703, n° A 832 (parmi les oeuvres rejetées), reproduit en noir et blanc.
Exhibited
Bruxelles, Galerie Robert Finck, Pierre Breughel le Jeune dans les collections privées belges, 19 avril-18 mai 1969, n° 31 (comme Pieter Breughel le Jeune), reproduit en noir et blanc.
Further details
FLEMISH SCHOOL 16TH CENTURY, CIRCLE OF PIETER BRUEGHEL THE YOUNGER, THE SMALL WEDDING PROCESSION, OIL ON PANEL

Among the most inventive and enduringly popular subjects of Netherlandish genre painting, the wedding procession provided artists with a rich vehicle for combining observation of contemporary life with pictorial wit, narrative complexity and landscape. The present panel is a lively and remarkably well-preserved rendering of a composition that stands at the very origin of the Brueghel workshop's most successful pictorial formulae.

Long regarded as an invention of Pieter Brueghel the Younger (1564-1638), the composition is now understood to derive from the earlier Antwerp painter Marten van Cleve (1527-1581), whose importance in the development of Brueghelian genre painting has been more fully recognised only in recent years (K. Ertz and C. Nitze-Ertz, Marten van Cleve, Lingen, 2014). Van Cleve specialised in scenes of peasant life, particularly feasts, dances and weddings, and although these subjects were much indebted to Pieter Bruegel the Elder (d.1569), he was far from a mere copyist, devising compositions of his own invention that proved highly successful. The peasant wedding occupied a particularly important place in this production and was one of the core themes he explored throughout his career, most often in cycles of small panels illustrating the successive and increasingly rowdy episodes of the celebration. His treatment of the procession appears to have provided the prototype for the fourteen related versions subsequently catalogued as by Pieter Brueghel the Younger (Ertz, op. cit., 2000, II, pp. 701-3, nos. E818-E832). The earliest known version of this group, today in the Maison du Roi, Brussels, is now attributed to Jan Brueghel the Elder (1568-1625) and dated circa 1597-1600, almost twenty years after van Cleve's death, though the possibility that the composition ultimately descends from a lost invention by Pieter Bruegel the Elder cannot be excluded.

The scene represents the moment at which the two retinues, having set out separately from their respective households, converge upon the road between the village at the right, where the banquet is already being prepared, and the church whose spire rises discreetly through the trees at the left. The interval between these two poles describes, with an economy that van Cleve's cycles elsewhere elaborate at length, the passage from sacrament to festivity. Bride and groom each lead their own company – hers of women, his of men, the exception being the youths who carry her train – their identity declared by the ceremonial crowns, while the bagpiper, striding prominently through the foreground, supplies the procession with both its music and much of its visual momentum. The groom is singled out more discreetly, framed between the slender tree trunks at the left. Above and behind, the post mill, the grazing sheep and the wooded ridge lend the whole an atmospheric recession that owes as much to the landscape tradition as to the figure painting.

The present work belongs to the smaller-format tradition of the composition rather than to its more monumental manifestations, presumably accounting for the designation petit in its traditional title. Georges Marlier published the panel in 1969 as an autograph work by Pieter Brueghel the Younger, under whose name it was exhibited that same year at the Galerie Robert Finck in Brussels, while Klaus Ertz subsequently included it among the rejected works in his catalogue raisonné of the artist (op. cit.). Whatever the resolution of the question of hand, the panel remains a notable witness to one of the most fertile pictorial traditions of the late Northern Renaissance.

Brought to you by

Olivia Ghosh
Olivia Ghosh Head of Department - Paris

Lot Essay

Parmi les sujets les plus inventifs et les plus durablement populaires de la peinture de genre néerlandaise, le cortège de noces offrait aux artistes un riche véhicule pour combiner l'observation de la vie contemporaine avec l'esprit pictural, la complexité narrative et le paysage. Notre panneau constitue une interprétation animée et remarquablement bien conservée d'une composition qui se trouve à l'origine même des formules picturales les plus réussies de l'atelier Brueghel.

Longtemps considérée comme une invention de Pieter Brueghel le Jeune (1564-1638), la composition est aujourd'hui reconnue comme dérivant du peintre anversois antérieur Marten van Cleve (1527-1581), dont l'importance dans le développement de la peinture de genre brueghelienne n'a été pleinement reconnue que ces dernières années (K. Ertz et C. Nitze-Ertz, Marten van Cleve, Lingen, 2014). Van Cleve se spécialisait dans les scènes de la vie paysanne, notamment les festins, les danses et les noces, et bien que ces sujets fussent largement redevables à Pieter Bruegel l'Ancien (mort en 1569), il était loin d'être un simple copiste, élaborant des compositions de sa propre invention qui rencontrèrent un grand succès. La noce paysanne occupait une place particulièrement importante dans cette production et constituait l'un des thèmes essentiels qu'il explora tout au long de sa carrière, le plus souvent dans des cycles de petits panneaux illustrant les épisodes successifs et de plus en plus animés de la célébration. Son traitement du cortège semble avoir fourni le prototype des quatorze versions apparentées cataloguées ultérieurement comme étant de Pieter Brueghel le Jeune (Ertz, op. cit., 2000, II, pp. 701-703, n° E818-E832). La plus ancienne version connue de ce groupe, aujourd'hui à la Maison du Roi à Bruxelles, est désormais attribuée à Jan Brueghel l'Ancien (1568-1625) et datée d'environ 1597-1600, soit près de vingt ans après la mort de van Cleve, bien que la possibilité que la composition descende en dernière instance d'une invention perdue de Pieter Bruegel l'Ancien ne puisse être exclue.

La scène représente le moment où les deux cortèges, partis séparément de leurs demeures respectives, convergent sur le chemin entre le village à droite, où le banquet est déjà en cours de préparation, et l'église dont le clocher se dresse discrètement à travers les arbres à gauche. L'intervalle entre ces deux pôles décrit, avec une économie que les cycles de van Cleve développent ailleurs plus longuement, le passage du sacrement à la fête. La mariée et le marié conduisent chacun leur propre cortège - l'un composé de femmes, l'autre d'hommes, à l'exception des jeunes gens qui portent la traîne de la mariée - leur identité déclarée par les couronnes cérémonielles, tandis que le joueur de cornemuse, marchant d'un pas vif au premier plan, confère au cortège à la fois sa musique et une grande part de son dynamisme visuel. Le marié est distingué plus discrètement, encadré entre les minces troncs d'arbres à gauche. Au-dessus et à l'arrière, le moulin à vent sur pivot, les moutons au pâturage et la crête boisée confèrent à l'ensemble une récession atmosphérique qui doit autant à la tradition du paysage qu'à la peinture de figures.

Notre œuvre appartient à la tradition des formats plus réduits de la composition plutôt qu'à ses manifestations plus monumentales, ce qui explique vraisemblablement la désignation de petit dans son titre traditionnel. Georges Marlier publia le panneau en 1969 comme une œuvre autographe de Pieter Brueghel le Jeune, sous le nom duquel il fut exposé la même année à la Galerie Robert Finck à Bruxelles, tandis que Klaus Ertz l'inclut ultérieurement parmi les œuvres rejetées dans son catalogue raisonné de l'artiste (op. cit.). Quelle que soit la résolution de la question d'attribution, le panneau demeure un témoin remarquable de l'une des traditions picturales les plus fécondes de la fin de la Renaissance septentrionale.

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