Lot Essay
Ce tableau inédit constitue une découverte importante dans l’œuvre de Sir David Wilkie (1785-1841). Il s’agit d’une esquisse, ou peut-être plus précisément d’un modello, pour La fête du village, la célèbre toile de Wilkie, intitulée à l’origine The Alehouse Door, aujourd’hui conservée à la Tate Britain, à Londres. Wilkie entreprit le tableau de la Tate en septembre 1809 et l’acheva en août 1811. Il fut acquis par John Julius Angerstein (1735-1823), financier dont la collection de tableaux de maîtres anciens constitua le noyau de la National Gallery, permettant ainsi à Wilkie de devenir le premier peintre vivant à être représenté dans les collections nationales britanniques.
En 1808, Wilkie reçut la visite de Sir Thomas Lawrence (1769-1830). Celui-ci était accompagné d’Angerstein, qui lui passa une commande sans sujet ni conditions prédéfinis : « Leaving time, subject, and price entirely to myself », comme le nota Wilkie, lui laissant entièrement le choix du délai, du sujet et du prix. En avril 1810, sept mois après le début de l’exécution du tableau, Lawrence vit son œuvre et en parla à Angerstein, qui décida sans délai que cette peinture suffirait à honorer sa commande. Il est difficile de déterminer avec précision dans quel état se trouvait alors le tableau lorsqu’Angerstein prit cette décision, mais il est possible qu’il ait pu se faire une idée de l’aspect que Wilkie souhaitait finalement lui donner en voyant la présente esquisse.
Les notes de Wilkie consignées au jour le jour sur l’élaboration du tableau destiné à Angerstein constituent sans doute le témoignage le plus complet qui nous soit parvenu pour une œuvre de cette époque, voire antérieure. La plupart de ces notes sont toutefois laconiques et certaines sont difficiles à interpréter, notamment celles qui font référence aux esquisses du tableau. Si ces allusions, relativement peu nombreuses, demeurent pour l’essentiel ambiguës, c’est notamment parce qu’il est souvent impossible de déterminer si l’esquisse mentionnée à un moment donné était peinte à l’huile ou s’il s’agissait simplement d’un dessin. Qu’il ait peint une esquisse à l’huile peu après est attesté par une note du 15 mai : « Began to paint on my sketch of The Public House Door, and tried it on an absorbent ground » (« J’ai commencé à peindre sur mon esquisse de The Public House Door et l’ai essayée sur une préparation absorbante »). Cette note pourrait bien marquer le début de l’exécution de la présente esquisse, mais elle pourrait également faire référence à une esquisse de format réduit acquise auprès de l’artiste par Henry Phipps, 1st Earl of Mulgrave (1755-1831), et vendue chez Christie’s à Londres le 7 décembre 2021 (lot 47, adjugé £137,500).
Il est important de noter que notre tableau est presque identique au tableau final, tant par sa composition que par ses dimensions. Ces similitudes pourraient faire penser à une copie exécutée par un peintre désireux d’étudier l’œuvre devant l’original accroché à la National Gallery, si la présence, au revers de notre toile, d’une lettre de Wilkie datée de 1836 (fig. 1), adressée à George Watson (1767-1837), président de la Royal Scottish Academy, ne prouvait que cette esquisse se trouvait alors en la possession de Wilkie. Dans cette lettre, Wilkie propose de prêter le tableau pour l’exposition de l’Académie écossaise de 1837. Or, le tableau ne figure pas dans le catalogue de l’exposition ; peut-être Watson ne souhaitait-il pas exposer une esquisse préparatoire d’un tableau qui était déjà présenté à Londres. La présence de modelli presque identiques au tableau définitif n’est pas sans précédent dans l’œuvre de l’artiste : nous en connaissons également un pour The Reading of the Will (Neue Pinakothek, Munich, inv. WAF 1194), qui est apparu aux enchères aux Etats Unis en 2025.
La composition de Wilkie s’inscrit ouvertement dans le prolongement de la tradition de la peinture de genre hollandaise et flamande du XVIIe siècle, qui jouissait alors d’un grand prestige, tandis que la collection de ces œuvres avait été mise à la mode par le prince régent. Cette scène, qui se déroule dans la cour d’un cabaret, repose sur l’opposition entre la vertu et le vice. Un homme, qui tient à peine debout, est tiré d’un côté par sa femme, qui l’encourage à rentrer chez lui, et de l’autre par ses amis, qui ne veulent pas que la fête s’arrête.
En 1808, Wilkie reçut la visite de Sir Thomas Lawrence (1769-1830). Celui-ci était accompagné d’Angerstein, qui lui passa une commande sans sujet ni conditions prédéfinis : « Leaving time, subject, and price entirely to myself », comme le nota Wilkie, lui laissant entièrement le choix du délai, du sujet et du prix. En avril 1810, sept mois après le début de l’exécution du tableau, Lawrence vit son œuvre et en parla à Angerstein, qui décida sans délai que cette peinture suffirait à honorer sa commande. Il est difficile de déterminer avec précision dans quel état se trouvait alors le tableau lorsqu’Angerstein prit cette décision, mais il est possible qu’il ait pu se faire une idée de l’aspect que Wilkie souhaitait finalement lui donner en voyant la présente esquisse.
Les notes de Wilkie consignées au jour le jour sur l’élaboration du tableau destiné à Angerstein constituent sans doute le témoignage le plus complet qui nous soit parvenu pour une œuvre de cette époque, voire antérieure. La plupart de ces notes sont toutefois laconiques et certaines sont difficiles à interpréter, notamment celles qui font référence aux esquisses du tableau. Si ces allusions, relativement peu nombreuses, demeurent pour l’essentiel ambiguës, c’est notamment parce qu’il est souvent impossible de déterminer si l’esquisse mentionnée à un moment donné était peinte à l’huile ou s’il s’agissait simplement d’un dessin. Qu’il ait peint une esquisse à l’huile peu après est attesté par une note du 15 mai : « Began to paint on my sketch of The Public House Door, and tried it on an absorbent ground » (« J’ai commencé à peindre sur mon esquisse de The Public House Door et l’ai essayée sur une préparation absorbante »). Cette note pourrait bien marquer le début de l’exécution de la présente esquisse, mais elle pourrait également faire référence à une esquisse de format réduit acquise auprès de l’artiste par Henry Phipps, 1st Earl of Mulgrave (1755-1831), et vendue chez Christie’s à Londres le 7 décembre 2021 (lot 47, adjugé £137,500).
Il est important de noter que notre tableau est presque identique au tableau final, tant par sa composition que par ses dimensions. Ces similitudes pourraient faire penser à une copie exécutée par un peintre désireux d’étudier l’œuvre devant l’original accroché à la National Gallery, si la présence, au revers de notre toile, d’une lettre de Wilkie datée de 1836 (fig. 1), adressée à George Watson (1767-1837), président de la Royal Scottish Academy, ne prouvait que cette esquisse se trouvait alors en la possession de Wilkie. Dans cette lettre, Wilkie propose de prêter le tableau pour l’exposition de l’Académie écossaise de 1837. Or, le tableau ne figure pas dans le catalogue de l’exposition ; peut-être Watson ne souhaitait-il pas exposer une esquisse préparatoire d’un tableau qui était déjà présenté à Londres. La présence de modelli presque identiques au tableau définitif n’est pas sans précédent dans l’œuvre de l’artiste : nous en connaissons également un pour The Reading of the Will (Neue Pinakothek, Munich, inv. WAF 1194), qui est apparu aux enchères aux Etats Unis en 2025.
La composition de Wilkie s’inscrit ouvertement dans le prolongement de la tradition de la peinture de genre hollandaise et flamande du XVIIe siècle, qui jouissait alors d’un grand prestige, tandis que la collection de ces œuvres avait été mise à la mode par le prince régent. Cette scène, qui se déroule dans la cour d’un cabaret, repose sur l’opposition entre la vertu et le vice. Un homme, qui tient à peine debout, est tiré d’un côté par sa femme, qui l’encourage à rentrer chez lui, et de l’autre par ses amis, qui ne veulent pas que la fête s’arrête.
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