PENDULE D'ÉPOQUE LOUIS XVI
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PROVENANT DU CHÂTEAU DE DAMPIERRE
PENDULE D'ÉPOQUE LOUIS XVI

ATTRIBUÉE À FRANÇOIS RÉMOND, LE MOUVEMENT SIGNÉ CHARLES DUTERTRE, VERS 1775-1780

Details
PENDULE D'ÉPOQUE LOUIS XVI
ATTRIBUÉE À FRANÇOIS RÉMOND, LE MOUVEMENT SIGNÉ CHARLES DUTERTRE, VERS 1775-1780
En porcelaine de Chine émaillée bleue, dynastie Qing, XVIIIe siècle, la monture en bronze ciselé et doré, le couvercle sommé d'une prise en forme de graine feuillagée, ceint d'une frise rubannée et de passementeries, le cadran émaillé blanc, signé 'CHles DUTERTRE / À PARIS', la platine signée "CHles DUTERTRE A PARIS", entourée d'une frise de perles, de branchages et de cornes d'abondance, surmonté d'un coq, l'ensemble flanqué de deux figures féminines vêtues à l'antique, sur un piétement à décor de canaux se terminant par des feuilles d'acanthe reposant sur une base à section carrée ; accident l'émail du cadran
H. 64 cm. (25 ¼ in.) ; L. 32 cm. (12 ½ in.) ; P. 29 cm. (11 ½ in.)
Charles-Nicolas Dutertre, horloger reçu maître en 1758.
François Remond, doreur ciseleur reçu maître en 1774.
Provenance
Château de Dampierre, Yvelines ;
Puis par descendance a propriétaire actuel.
Literature
A. Guérinet, Le château de historique de Dampierre : intérieurs des appartements de réception. Détails de sculptures ornementales. Mobilier historique. Etc..., Paris, 1905, pl. 22 et pl. 23 (ill.).

Bibliographie comparative :
G. de Bellaigue, The James A. de Rothschild Collection at Waddesdon Manor: Furniture, Clocks and Gilt-Bronzes, Fribourg, 1974.
P. Verlet, Les bronzes dorés français au XVIIIe siècle, Paris, 1987.
P. Kjellberg, Encyclopédie de la pendule française, Paris, 1997.
Further details
A LOUIS XVI ORMOLU-MOUNTED CHINESE BLUE PORCELAIN CLOCK, ATTRIBUTED TO FRANÇOIS REMOND, THE MOVEMENT SIGNED BY CHARLES DUTERTRE, CIRCA 1775-1780

AN UNUSUAL CLOCK ATTRIBUTED TO FRANÇOIS RÉMOND

This superb clock, combining Chinese porcelain and gilt bronze, is all the more remarkable for its provenance from the collections of the Château de Dampierre. Inheriting the bold Greek taste of the 1760s, the present clock represents a more accomplished development of a closely related model based on a covered Sèvres porcelain vase, decorated in either green or blue enamel, surmounted by a pinecone finial and flanked by siren figures in the manner of Étienne-Maurice Falconet, all raised on a pedestal base. One may cite the green-ground example sold at Christie’s Paris on 17 June 2026 (lot 81). For a blue-ground version, reference may be made to the example from the collection of James A. de Rothschild, preserved in the Morning Room at Waddesdon Manor, England (G. de Bellaigue, op. cit., vol. II, no. 208).

The present clock nevertheless differs from the aforementioned model in its form, the porcelain employed, and the richness of its mounts. Here, the composition is centred on a baluster-shaped Chinese porcelain vase rather than one produced at Sèvres. Its larger dimensions lend it a more slender and imposing silhouette, notably through the use of a tall pedestal foot. Finally, the gilt-bronze ornamentation, particularly vigorous in conception and executed with exceptional refinement, strongly suggests the hand of the celebrated chaser and gilder François Rémond (1747-1812). Closely associated with Pierre Gouthière, for whom he worked, Rémond rose during the 1780s to become one of the foremost bronziers of his generation, producing numerous works for the influential marchand-mercier Dominique Daguerre, and possibly the present clock as well. Beyond the excellence of the chasing, several decorative motifs support an attribution to Rémond. The passementerie motif of cords and tassels encircling the neck of the vase reappears in the ornamentation of the writing table by Jean-Henri Riesener and François Rémond preserved at Waddesdon Manor (G. de Bellaigue, op. cit., vol. II, no. 106). The crowing cock is likewise among the motifs particularly favoured by Rémond; compare the pair of candelabra from the Dreyfus-Gonzalès Collection sold at Christie’s New York on 2 November 2000 (lot 43). The female figures with braided hair and the twisted-fluted cornucopias are also characteristic of Rémond’s ornamental vocabulary. A comparable baluster-form example was sold in the Djahanguir Riahi Collection at Christie’s London on 2 November 2000 (lot 44).

A CLOCK FROM THE CHÂTEAU DE DAMPIERRE

Displayed in one of the principal reception rooms of the Château de Dampierre, positioned at the centre of a chimney-piece overmantel as shown in an early twentieth-century photograph, the present clock formed part of one of the greatest aristocratic collections in France, that of the Luynes family.
Located in the heart of the Vallée de Chevreuse, west of Paris, Dampierre is an ancient aristocratic estate whose history can be traced back to the thirteenth century. Prior to the Renaissance, two successive residences stood on the site. In the early sixteenth century, Jean Duval, a close associate of Francis I, modernised the estate, transforming it into a pleasure residence in the Renaissance spirit. During the second half of the sixteenth century, Cardinal Charles de Lorraine of the Guise family created Italianate gardens, excavated canals, and commissioned decorative schemes from the painter Francesco Salviati.
In the seventeenth century, the château passed to the d'Albert de Luynes family through marriage with a descendant of Jean-Baptiste Colbert. Charles-Honoré d'Albert then undertook a complete reconstruction of the estate, entrusting the project to Jules Hardouin-Mansart (1646-1708), architect to Louis XIV, while the gardens were redesigned by André Le Nôtre (1613-1700). The château thereby acquired the classical form it largely retains today, with its elegant brick-and-stone façades surrounded by water.
Situated only a short distance from Versailles, Dampierre became a favoured setting for royal visits and aristocratic entertainments. Throughout the Age of Enlightenment, its interiors and furnishings evolved in accordance with changing fashions and increasing standards of comfort.

Brought to you by

Hippolyte de la Féronnière
Hippolyte de la Féronnière Head of European Furniture Department

Lot Essay

UNE PENDULE ORIGINALE ATTRIBUÉE À FRANÇOIS RÉMOND

Cette superbe pendule en porcelaine de Chine et bronze doré est est d'autant plus rare qu'elle provient des collections du château de Dampierre. Héritée du goût grec audacieux des années 1760, notre pendule plus aboutie s’inspire d’un modèle proche réalisé à partir d’un vase couvert en porcelaine de Sèvres émaillée vert ou bleu, le couvercle surmonté d’une prise en pomme de pin, le vase orné sur les côtés de sirènes dans le goût d’Étienne-Maurice Falconet reposant sur un piédouche. Citons la pendule à fond vert vendue chez Christie’s à Paris le 17 juin 2026 (lot 81). Pour une pendule à fond bleu, citons l’exemplaire de la collection de James A. de Rothschild, conservée dans le Morning Room à Waddesdon Manor en Angleterre (G. de Bellaigue, op.cit., vol. II, no 208).

Notre pendule se distingue néanmoins du modèle précédemment cité tant par la forme que par la porcelaine employée et la richesse de sa monture. La composition est ici dictée par un vase balustre en porcelaine de Chine et non de Sèvres. Ses dimensions plus imposantes lui confèrent une silhouette plus élancée, notamment grâce à son haut piédouche. Enfin, l’ornementation de bronze doré, particulièrement vigoureuse et finement ciselée, rattache indéniablement cette œuvre au célèbre ciseleur-doreur François Rémond (1747-1812). Proche de Pierre Gouthière pour qui il travailla, Rémond se hisse dans les années 1780 parmi les meilleurs bronziers et réalise ainsi de nombreuses pièces pour le marchand-mercier Dominique Daguerre, et pourquoi pas celle-ci. Outre l’excellence de la ciselure, les motifs décoratifs utilisés permettent d’attribuer les bronzes au célèbre ciseleur. Le motif de passementerie composé de cordons et glands utilisé autour du col se retrouve dans l’ornementation de la table à écrire de Jean-Henri Riesener et de François Rémond conservée à Waddesdon Manor (G. de Bellaigue, op.cit., vol. II, no 106). Le coq chantant figure également parmi les motifs chers à François Rémond. Citons la paire de candélabres provenant de la collection Dreyfus-Gonzalès vendue chez Christie’s à New York le 2 novembre 2000 (lot 43). Les figures de femmes aux nattes nouées et les cornes d’abondance à cannelures torses sont encore des motifs de Rémond. Un modèle comparable de forme balustre a été vendu dans la vente de la collection Djahanguir Riahi chez Christie's à Londres, le 2 novembre 2000 (lot 44).

UNE PENDULE PROVENANT DU CHÂTEAU DE DAMPIERRE

Présentée dans l’un des salons de réception du château de Dampierre, installée au centre du linteau de la cheminée comme nous le montre une photographie datant du début du XXe siècle, notre pendule fait alors partie de l’une des plus grandes collections aristocratiques françaises, les Luynes.
Dampierre, situé au cœur de la vallée de Chevreuse à l’ouest de Paris, est un ancien domaine aristocratique dont l’histoire remonte au XIIIe siècle. Avant la Renaissance, deux maisons ont été succéssivement construites. Au début du XVIe siècle, Jean Duval, proche de François Ier, modernise l’ensemble créant une maison de plaisance dans l’esprit de la Renaissance. Dans la seconde moitié du XVIe siècle, le cardinal Charles de Lorraine, de la famille de Guise, aménage des jardins à l’italienne, creuse des canaux et fait réaliser des décors par le peintre Francesco Salviati.
Le château est ensuite transmis au XVIIe siècle à la famille d’Albert de Luynes à la suite du mariage avec une descendante de Colbert. Charles-Honoré d’Albert lance alors une reconstruction complète confiée à architecte du roi Louis XIV, Jules Hardouin-Mansart (1646-1708), tandis que les jardins sont redessinés par André Le Nôtre (1613-1700). Le château prend sa forme classique que nous connaissons toujours aujourd’hui, les façades élégamment composées de briques et grès entourées d’eau. C’est alors que Dampierre, situé à quelques encablures de Versailles, accueille des séjours royaux et sert de lieu de réception. L’intérieur et l’ameublement évoluent tout au long du siècle des Lumières au gré des modes et de l’évolution du confort.

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