Lot Essay
Dernier élève de François Rude (1784-1855), Just Becquet expose pour la première fois au Salon de 1865. Formé auprès du célèbre auteur de La Marseillaise, le monumental relief de l’Arc de triomphe, il demeure fidèle, tout au long de sa carrière, à l’esthétique romantique de son maître. Cet attachement à une tradition sculpturale dont il ne cherche guère à s’affranchir, alors que les goûts évoluent et que de nouvelles tendances s’imposent, contribue sans doute à expliquer les difficultés qu’il rencontre pour obtenir des commandes. Sa carrière prend toutefois un tournant avec plusieurs commandes d’envergure, parmi lesquelles Saint Martin partageant son manteau, groupe en marbre destiné à l’église Sainte-Geneviève de Paris, aujourd’hui conservé dans la cathédrale d’Arras. Ces réalisations lui apportent enfin la reconnaissance espérée et contribuent à atténuer une situation financière longtemps précaire.
Si Ingres avait son violon, Becquet avait son violoncelle, dont il ne jouait pas seulement pour son plaisir. La pratique de cet instrument constituait également une source de revenus, destinée à compléter les ressources d’un sculpteur dont les commandes se faisaient attendre. Le docteur Maurice Limon rappelle cet aspect méconnu de sa carrière dans l’article commémoratif qu’il lui consacre en 1908 dans les Mémoires de la Société d’émulation du Doubs : « Pendant près de trente ans, il dut même recourir à son beau talent de violoncelliste pour subvenir à une partie de ses besoins matériels ; on le vit longtemps en effet tenir son pupitre à l’orchestre du Théâtre français, demandant à l’archet du musicien les ressources que l’ébauchoir du sculpteur ne pouvait lui fournir. ».
Avec La Voix du violoncelle, sculpture en marbre blanc grandeur nature, Becquet rend hommage à l’instrument auquel il était profondément attaché et qu’il pratiquait avec passion et talent. Présentée au Salon de 1893, au cours d’une période particulièrement féconde de sa carrière, l’œuvre figure également parmi les cinq sculptures de l’artiste exposées à l’Exposition universelle de 1900. Cette nouvelle présentation témoigne de la place significative qu’elle occupe dans sa production. Le rôle singulier de La Voix du violoncelle dans l’œuvre de Becquet trouve un écho dans le projet de monument mémoriel conçu par Georges Laëthier à l’occasion du concours organisé pour rendre hommage au sculpteur à Besançon. Un dessin de ce projet, réalisé par Maurice Boutterin et reproduit en frontispice du catalogue de l’exposition consacrée à Just Becquet en 2019, représente un buste du sculpteur accompagné de La Voix du violoncelle (Bibliothèque municipale de Besançon, cote YB 114). Bien que Laëthier n’ait pas remporté le concours, un buste correspondant à sa proposition lui fut néanmoins commandé. Conservé au musée des Beaux-Arts et d’Archéologie de Besançon, celui-ci représente Becquet vêtu d’un manteau dans lequel il glisse une main, à la différence de la version retenue de Henri-Léon Gréber et inaugurée Promenade Micaud à Besançon, qui le montre torse nu. Cette comparaison permet d’identifier le dessin de Boutterin comme se rapportant au projet de Laëthier, et non à celui de Gréber.
Mort sans descendance, Becquet laisse ses biens à sa fratrie. Dans une lettre datée de 1908, sa sœur mentionne plusieurs sculptures importantes demeurées dans son atelier de Vaugirard, sans toutefois permettre d’établir si La Voix du violoncelle se trouvait parmi elles. L’œuvre réapparaît en 1986 chez un antiquaire de Beaune, qui la vend à un collectionneur américain.
Si Ingres avait son violon, Becquet avait son violoncelle, dont il ne jouait pas seulement pour son plaisir. La pratique de cet instrument constituait également une source de revenus, destinée à compléter les ressources d’un sculpteur dont les commandes se faisaient attendre. Le docteur Maurice Limon rappelle cet aspect méconnu de sa carrière dans l’article commémoratif qu’il lui consacre en 1908 dans les Mémoires de la Société d’émulation du Doubs : « Pendant près de trente ans, il dut même recourir à son beau talent de violoncelliste pour subvenir à une partie de ses besoins matériels ; on le vit longtemps en effet tenir son pupitre à l’orchestre du Théâtre français, demandant à l’archet du musicien les ressources que l’ébauchoir du sculpteur ne pouvait lui fournir. ».
Avec La Voix du violoncelle, sculpture en marbre blanc grandeur nature, Becquet rend hommage à l’instrument auquel il était profondément attaché et qu’il pratiquait avec passion et talent. Présentée au Salon de 1893, au cours d’une période particulièrement féconde de sa carrière, l’œuvre figure également parmi les cinq sculptures de l’artiste exposées à l’Exposition universelle de 1900. Cette nouvelle présentation témoigne de la place significative qu’elle occupe dans sa production. Le rôle singulier de La Voix du violoncelle dans l’œuvre de Becquet trouve un écho dans le projet de monument mémoriel conçu par Georges Laëthier à l’occasion du concours organisé pour rendre hommage au sculpteur à Besançon. Un dessin de ce projet, réalisé par Maurice Boutterin et reproduit en frontispice du catalogue de l’exposition consacrée à Just Becquet en 2019, représente un buste du sculpteur accompagné de La Voix du violoncelle (Bibliothèque municipale de Besançon, cote YB 114). Bien que Laëthier n’ait pas remporté le concours, un buste correspondant à sa proposition lui fut néanmoins commandé. Conservé au musée des Beaux-Arts et d’Archéologie de Besançon, celui-ci représente Becquet vêtu d’un manteau dans lequel il glisse une main, à la différence de la version retenue de Henri-Léon Gréber et inaugurée Promenade Micaud à Besançon, qui le montre torse nu. Cette comparaison permet d’identifier le dessin de Boutterin comme se rapportant au projet de Laëthier, et non à celui de Gréber.
Mort sans descendance, Becquet laisse ses biens à sa fratrie. Dans une lettre datée de 1908, sa sœur mentionne plusieurs sculptures importantes demeurées dans son atelier de Vaugirard, sans toutefois permettre d’établir si La Voix du violoncelle se trouvait parmi elles. L’œuvre réapparaît en 1986 chez un antiquaire de Beaune, qui la vend à un collectionneur américain.
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