JUST ANDRÉ FRANÇOIS BECQUET (1829-1907), VERS 1893
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La Voix du Violoncelle

Details
JUST ANDRÉ FRANÇOIS BECQUET (1829-1907), VERS 1893
La Voix du Violoncelle
marbre à échelle réelle, signé "JUST BECQUET", sur une base laquée noire moderne
H. marbre : 162 cm (64 in.), H. totale : 233 cm (92 in.)
Provenance
Antiquaire à Beaune, France ;
Collection particulière, États-Unis, 1986.
Collection particulière, Japon.
Literature
Société des artistes français pour l'exposition des beaux arts de 1893, 111e exposition, 1893, Paris, p. 230, cat. 2555.
Catalogue illustré du Salon, Paris, 1893, p. n°2555.
O. Merson, Le Salon de 1893, Paris, 1893, p. 94.
"Les Salons de 1893" in. Revue des deux mondes, Pars, 1893, p. 190.
"Salon de 1893 - XXII - Sculpture" in. L'entr'acte : revue-programme, 17 juin 1893.
L'Art français, 16 septembre 1893, ill.
"Le mois artistique - Les deux Salons" in. Mercure de France, juin 1893, p. 180.
Catalogue général officiel, Exposition internationale universelle de 1900, groupe II, oeuvres d'art, p. 176, n°39.
E. Tavernier, "Just Becquet" in. La Dépêche Républicaine, 27 février 1907.
M. Limon, "Just Becquet Sculpteur Bisontin. Séance publique du 19 décembre 1907", in. Mémoires de la Société d’Émulation du Doubs, Besançon, 1908, pp. 15-27, ill. pl. I.
A. Estignard, Just Becquet. Sa vie, ses oeuvres, Besançon, 1911, pp. 55-57, ill.
S. Lami, Dictionnaire des sculpteurs de l'École française au dix-neuvième siècle, Tome I : A-C., Paris, 1914., p. 100.
E. Fourquet, Les hommes célèbres et les personnalités marquantes de Franche-Comté : du IVe siècle à nos jours, Paris, 1929, pp. 446-447.
L. Champion-Vallot, C. Champy-Vinas, C. et Delplancq, Le geste sûr : Just Becquet sculpteur bisontin (1829 - 1907), cat. exp. Besançon, Musée des beaux-arts et d’archéologie, 29 juin-6 octobre 2019, 2019, Milan, pp. 23-24, fig. 11 et p. 134, cat. 20.
Exhibited
Salon, Paris, 1893 (n° 2555).
Salon des artistes Comtois, 1898.
Exposition universelle, Paris, 1900 (n° 39).
Further details
A LIFE-SIZE MARBLE FIGURE OF A WOMAN PLAYING THE CELLO ENTITLED 'THE VOICE OF THE CELLO', BY JUST ANDRÉ FRANÇOIS BECQUET (1829-1907), CIRCA 1893


As the last pupil of François Rude (1784-1855), Just Becquet made his debut at the Salon of 1865. The artist trained under the celebrated sculptor of La Marseillaise, the monumental relief adorning the Arc de Triomphe, he remained faithful throughout his career to his master's Romantic aesthetic. This adherence to a sculptural tradition from which he made little effort to emancipate himself, at a time when tastes were evolving and new artistic currents were emerging, undoubtedly reflects the difficulties he encountered in securing commissions. His career nevertheless reached a turning point with several major public projects, among them Saint Martin Sharing His Cloak, a marble group executed for the church of Sainte-Geneviève in Paris and now preserved in Arras Cathedral. These commissions finally brought him the recognition he had long sought and helped alleviate a financial situation that had remained precarious for many years.

Becquet was himself an accomplished cellist. His mastery of the instrument also provided an additional source of income, supplementing the earnings of a sculptor whose artistic commissions were often slow to materialise. Dr Maurice Limon recalled this lesser-known aspect of his career in the commemorative article he devoted to the artist in 1908 in the Mémoires de la Société d'émulation du Doubs: "For nearly thirty years, he was obliged to rely upon his remarkable talent as a cellist to meet part of his material needs; indeed, he could long be seen at his music stand in the orchestra of the Théâtre Français, seeking from the musician's bow the means that the sculptor's modelling tool could not provide."

With 'The Voice of the Cello', a life-size sculpture carved in pristine white marble, Becquet paid tribute to an instrument to which he was deeply attached and which he practised with both passion and accomplishment. Exhibited at the Salon of 1893, during one of the most productive periods of his career, the work was also among the five sculptures by the artist shown at the Exposition universelle of 1900. Its inclusion on that occasion attests to the important place it occupied within his oeuvre.
The distinctive role played by 'The Voice of the Cello' in Becquet's body of work is echoed in the memorial monument project devised by Georges Laëthier for the competition organised in Besançon to honour the sculptor. A drawing of the project by Maurice Boutterin, reproduced as the frontispiece to the catalogue of the exhibition devoted to Just Becquet in 2019, depicts a bust of the sculptor accompanied by 'The Voice of the Cello' (Besançon Municipal Library, shelfmark YB 114). Although Laëthier did not win the competition, a bust corresponding to his proposal was nevertheless commissioned. Preserved in the Musée des Beaux-Arts et d'Archéologie de Besançon, it portrays Becquet wrapped in a cloak into which he slips one hand, unlike the version by Henri-Léon Gréber, ultimately selected and inaugurated on the Promenade Micaud in Besançon, which presents the sculptor bare-chested. This comparison allows Boutterin's drawing to be firmly identified as relating to Laëthier's project rather than Gréber's.

Having died without descendants, Becquet bequeathed his estate to his siblings. In a letter dated 1908, his sister referred to several important sculptures that remained in his Vaugirard studio, although her account does not make it possible to determine whether 'The Voice of the Cello' was among them. The sculpture resurfaced in 1986 with an antique dealer in Beaune, who subsequently sold it to an American collector.

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Hippolyte de la Féronnière
Hippolyte de la Féronnière Head of European Furniture Department

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Dernier élève de François Rude (1784-1855), Just Becquet expose pour la première fois au Salon de 1865. Formé auprès du célèbre auteur de La Marseillaise, le monumental relief de l’Arc de triomphe, il demeure fidèle, tout au long de sa carrière, à l’esthétique romantique de son maître. Cet attachement à une tradition sculpturale dont il ne cherche guère à s’affranchir, alors que les goûts évoluent et que de nouvelles tendances s’imposent, contribue sans doute à expliquer les difficultés qu’il rencontre pour obtenir des commandes. Sa carrière prend toutefois un tournant avec plusieurs commandes d’envergure, parmi lesquelles Saint Martin partageant son manteau, groupe en marbre destiné à l’église Sainte-Geneviève de Paris, aujourd’hui conservé dans la cathédrale d’Arras. Ces réalisations lui apportent enfin la reconnaissance espérée et contribuent à atténuer une situation financière longtemps précaire.

Si Ingres avait son violon, Becquet avait son violoncelle, dont il ne jouait pas seulement pour son plaisir. La pratique de cet instrument constituait également une source de revenus, destinée à compléter les ressources d’un sculpteur dont les commandes se faisaient attendre. Le docteur Maurice Limon rappelle cet aspect méconnu de sa carrière dans l’article commémoratif qu’il lui consacre en 1908 dans les Mémoires de la Société d’émulation du Doubs : « Pendant près de trente ans, il dut même recourir à son beau talent de violoncelliste pour subvenir à une partie de ses besoins matériels ; on le vit longtemps en effet tenir son pupitre à l’orchestre du Théâtre français, demandant à l’archet du musicien les ressources que l’ébauchoir du sculpteur ne pouvait lui fournir. ».

Avec La Voix du violoncelle, sculpture en marbre blanc grandeur nature, Becquet rend hommage à l’instrument auquel il était profondément attaché et qu’il pratiquait avec passion et talent. Présentée au Salon de 1893, au cours d’une période particulièrement féconde de sa carrière, l’œuvre figure également parmi les cinq sculptures de l’artiste exposées à l’Exposition universelle de 1900. Cette nouvelle présentation témoigne de la place significative qu’elle occupe dans sa production. Le rôle singulier de La Voix du violoncelle dans l’œuvre de Becquet trouve un écho dans le projet de monument mémoriel conçu par Georges Laëthier à l’occasion du concours organisé pour rendre hommage au sculpteur à Besançon. Un dessin de ce projet, réalisé par Maurice Boutterin et reproduit en frontispice du catalogue de l’exposition consacrée à Just Becquet en 2019, représente un buste du sculpteur accompagné de La Voix du violoncelle (Bibliothèque municipale de Besançon, cote YB 114). Bien que Laëthier n’ait pas remporté le concours, un buste correspondant à sa proposition lui fut néanmoins commandé. Conservé au musée des Beaux-Arts et d’Archéologie de Besançon, celui-ci représente Becquet vêtu d’un manteau dans lequel il glisse une main, à la différence de la version retenue de Henri-Léon Gréber et inaugurée Promenade Micaud à Besançon, qui le montre torse nu. Cette comparaison permet d’identifier le dessin de Boutterin comme se rapportant au projet de Laëthier, et non à celui de Gréber.

Mort sans descendance, Becquet laisse ses biens à sa fratrie. Dans une lettre datée de 1908, sa sœur mentionne plusieurs sculptures importantes demeurées dans son atelier de Vaugirard, sans toutefois permettre d’établir si La Voix du violoncelle se trouvait parmi elles. L’œuvre réapparaît en 1986 chez un antiquaire de Beaune, qui la vend à un collectionneur américain.

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