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BRETON, André
Mont de piété
Paris, Au Sans Pareil [impr. par Firmin-Didot], [10 juin] 1919

LE PREMIER LIVRE D’ANDRÉ BRETON : RARE EXEMPLAIRE DE TÊTE SUR JAPON

AVEC QUATRE SUPERBES POÈMES AUTOGRAPHES DU TOUT JEUNE ANDRÉ BRETON

ÉDITION ORIGINALE

Petit in-4 (192 x 142 mm), broché sous sa couverture illustrée par André Derain. Chemise et boîte signées de Jean-Paul Miguet
TIRAGE : l’un des 10 EXEMPLAIRES DE TÊTE numérotés de I à X, celui-ci le numéro V
ILLUSTRATION : deux dessins d’André Derain reproduits en hors-texte, la vignette illustrant la couverture et la page de titre est également d'André Derain
PIÈCES JOINTES :
QUATRE POÈMES AUTOGRAPHES DU JEUNE ANDRÉ BRETON
1. Rieuse et si peut-être imprudemment laurée..., SONNET AUTOGRAPHE SIGNÉ par André Breton, 1 p. in-8 (179 x 135 mm), papier à en-tête de l’Hôtel de Bretagne, 14 vers en alexandrin à l’encre brune, les bords du manuscrit ont été doublés, daté “avril 1914”, mais le poème lui-même a été composé en 1913, les trois autres copies connues sont datées de février 1914
2. Hymne, à peine d’une eau mourante sur le sable, POÈME AUTOGRAPHE SIGNÉ d’André Breton, avec en exergue le vers de Paul Valéry “Toute la peau dore les treilles d’air” (dernier vers du poème Été publié dans la revue Le Centaure en 1896, là où sans doute Breton l’a lu), 1 p. in-4 (207 x 207 mm), papier quadrillé bleu, 26 vers à l’encre bleue, [août 1914]
3. Pour Lafacadio, POÈME AUTOGRAPHE SIGNÉ par André Breton, 20 vers, 1 p. in-8 (178 x 140 mm), encre bleue sur papier bleu, [probablement Moret-sur-Loing], 18 juillet 1918
4. Dire, à voir cette main sur l’éther bleu flottante..., SONNET AUTOGRAPHE d’André Breton, 14 vers, 1 p. in-8 (161 x 121 mm), à l'encre brune, papier beige, “Avril 1914”
5. Avec le premier plat de la rarissime chemise d’essai illustrée dont on ne connaît que quelques exemplaires. Elle fut choisie par André Breton qui s’inspirait là des sacs Félix Potin. Légère pliure

Le premier livre publié par Au Sans Pareil, librairie à peine fondée par René Hilsum, camarade de classe d’André Breton.

Mont de piété est le laboratoire de l’expérience poétique vécue par André Breton avant Les Champs magnétiques ; apparaissent ici toutes les dettes poétiques qui ont façonné le poète. Marguerite Bonnet a su montrer que l’ordre d’apparition des poèmes dans le recueil respecte une chronologie créative. Son travail sur cette première œuvre est exemplaire. Ayant eu accès à la quasi-totalité des manuscrits originaux, elle a pu écrire avec certitude :

“Pour la plupart des poèmes de Mont de piété, nous avons pu voir plusieurs copies manuscrites effectuées par Breton, tantôt au moment de la conception du poème, tantôt à une date qu’il n’est pas possible de déterminer. Aucune de ces copies n’est un manuscrit de travail, nous le signalons ici une fois pour toutes” (nous soulignons, O. C., I, pp. 1070-1071).

1. Ainsi ce sonnet Rieuse et si peut-être imprudemment laurée, second poème de Mont de piété, appartient encore au règne de Mallarmé comme l’écrit Breton à Théodore Fraenkel le 22 juin 1914. M. Bonnet recense quatre copies de ce poème dont deux en mains publiques (Archives Paul Valéry, O. C., I, p. 1074).
2. Le deuxième poème manuscrit joint à cet exemplaire, soit le cinquième du recueil, Hymnes, a été publié pour la première fois en juillet 1917 dans la revue Solstices. L’exergue de Paul Valéry n’apparaît pas dans Mont de piété, le dernier vers imprimé est différent, et les deux derniers vers du poème manuscrit n’ont pas été retenus. Selon M. Bonnet, le poème a été écrit dans les premiers mois de la guerre pendant les vacances d'été de 1914 que Breton passa à Lorient. Ce manuscrit Destribats est LE SEUL CITÉ ET CONNU par Marguerite Bonnet ( O. C., I, p. 1077).
3. Le troisième poème, Pour Lafcadio, est ici présent dans sa première version. Elle est différente de celle publiée dans Mont de piété, tant au plan de la ponctuation (v. 1, 2, 8, 9, 10, 12, 13) qui disparaîtra dans la version finale, que du texte (v. 1, 2, 12). Ce poème avait été aurapavant publié dans Dada, la revue de Tristan Tzara (n° 4-5, du 15 mai 1919), parue à Zurich, puis dans l'unique numéro d'Aujourd'hui, en juin 1919. Marguerite Bonnet recense cinq copies tant en mains privées que publiques dont deux dans la collection Paul Destribats, LES SEULES À ÊTRE SIGNÉES ET DATÉES.
4. Le quatrième poème, Dire, à voir cette main, n’apparaît pas dans Mont de piété. M. Bonnet le classe dans les Inédits (O.C., I, p. 40) et place sa création en 1913. Le poème est daté par Breton d’avril 1914. Ce sonnet a été publié par Henri Pastoureau en 1979 dans la revue Création. M. Bonnet n’en connaissait qu’une copie conservée dans les archives Paul Valéry. Elle accompagnait une lettre du 4 mai 1914. Le v. 13 de ce poème présente une variante qui est restée inconnue à M. Bonnet. On remarquera avec elle que “le vocabulaire de l’absence et la technique de la négation” domine ces vers de jeunesse : “Breton, qui deviendra un maître de la syntaxe négative, apparaît précocement sensibilisé à cet aspect de l’expression mallarméenne” (O. C., I, p. 1113).

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Adrien Legendre
Adrien Legendre Head of Department

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