Camille Pissarro (1830-1903)
Camille Pissarro (1830-1903)

Jardin à Éragny

Details
Camille Pissarro (1830-1903)
Jardin à Éragny
avec le cachet des initiales 'C.P.' (en bas à droite; Lugt 613a)
huile sur toile
65 x 80.5 cm. (25 5/8 x 31¾ in.)
Peint vers 1893
Provenance
Atelier de l'artiste; vente, Galerie Georges Petit, Paris, 3 décembre 1928, lot 37.
Albert Kleinmann, Paris (acquis au cours de cette vente).
Adolphe Vogelweith, Paris; vente, Me Tixier, 29-30 décembre 1932, lot 108.
Vente, Me Blache, Grenoble, 14 décembre 1976, lot 116.
Acquis au cours de cette vente par la famille du propriétaire actuel.
Literature
L.-R. Pissarro et L. Venturi, Camille Pissarro, son art-son oeuvre, Paris, 1939, vol. I, p. 199, no. 847 (illustré, vol. II, pl. 172).
J. Pissarro et C. Durand-Ruel Snollaerts, Pissarro, Catalogue critique des peintures, Paris, 2005, vol. III, p. 648, no. 999 (illustré).
Post lot text
'Jardin à Éragny'; stamped with the initials lower right; oil on canvas; painted circa 1893.

Lot Essay

En 1884, Pissarro et sa famille s'établissent à Éragny, un petit hameau de la banlieue de Gisors situé à deux heures au nord de Paris. Ce déménagement marque un point crucial dans la carrière du peintre. Installé dans une grande maison disposant d'un jardin et d'un pré, Pissarro trouve son plein épanouissement et produit plus de deux cents huiles, ainsi que des dizaines de dessins et aquarelles illustrant les jardins, les vergers et les champs de la région. Avec les toiles qu'il réalise à Pontoise entre 1872 et 1882, les vues rurales d'Éragny constituent son plus grand et plus important ensemble de travaux traitant du paysage. Pissarro explore les subtilités de la nature en toute saison et à toute heure du jour, rendant compte souvent d'infimes changements météorologiques.
En 1893, date d'exécution du présent tableau, Camille Pissarro achète sa maison avec l'aide financière de Claude Monet et transforme la grange du jardin en atelier. Éragny a longtemps été comparé à Giverny. Néanmoins, alors que Monet transforme Giverny en un lieu rempli de fleurs et de plantes exotiques, Pissarro choisit de laisser son jardin tel qu'il l'avait trouvé. La vue de notre tableau montre un jardin avec son gazon et quelques arbres fruitiers. Les couleurs sont joyeuses et pleines. La lumière forte, les touches orange et rouges trahissant la force du soleil, le feuillage des arbres nous indiquent que nous sommes au coeur de l'été. Comme Christopher Lloyd et Anne Distel le soulignent: "Il y a une intensité dans les peintures représentant Éragny qui les opposent à celle de Pontoise" (Camille Pissarro 1830 - 1903, catalogue d'exposition, Londres, Hayward Gallery, 1980, p. 134). Cette intensité est tout à fait évidente dans le présent travail qui transcrit, comme Pissarro l'écrivait lui-même, "le véritable poème de la campagne" (cité in R. Thomson, Camille Pissarro : Impressionnisme, Paysage et le travail rural, Londres, 1990, p. 81).
In 1884, Pissarro and his family moved to Eragny, a hamlet located outside Gisors, two hours north of Paris. This move marked a turning point in the painter's career. The large house with its garden and meadow offered Pissarro the opportunity to develop his potential fully and he painted more than two hundred oil paintings there, as well as dozens of drawings and water colours illustrating the gardens, the orchards and the fields of the surrounding countryside. Together with the canvases painted in Pontoise between 1872 and 1882, the rural landscapes of Eragny form his largest and most significant set of landscape works. Pissarro explored the subtleties of nature in all seasons and at all times of day, often reporting the minutest changes in weather. In 1893, the year where this painting was executed, Pisarro bought his house with Claude Monet's financial help and transformed the garden out buildings into a studio.
Eragny has often been compared to Giverny. However, whereas Monet transformed Giverny into a garden filled with flowers and exotic plants, Pissarro chose to leave his garden as he found it. The view on our painting shows a garden with its lawn and some fruit trees. The colours are full and joyous. The strong light, the orange and red brushstrokes revealing the strength of the sun, the tree leaves, all show that we are at the height of summer. As underlined by Christopher Lloyd and Anne Distel: "There is an intensity in the Eragny paintings which contrasts with those of Pontoise" (
Camille Pissaro 1830-1903,exhibition catalogue, London, Hayward Gallery, 1980, p. 134). This intensity stands out in this work which reveals, as expressed by Pissarro himself: "the true poetry of the countryside" (the artist, quoted in R. Thomson, Camille Pissarro: Impressionism, Landscape and Rural Labour, London 1990, p. 81).

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