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ETIENNE DINET (1861-1929)
INTRODUCTION PAR LYNNE THORNTON : Cette exceptionnelle collection est, avant tout, un hommage au peintre Etienne Dinet. Bien que ses oeuvres soient très connues et appréciées des connaisseurs, il s'agit d'une des premières ventes aux enchères rassemblant autant de chefs-d'oeuvre de l'artiste. Dinet entreprend son premier voyage en Algérie en 1884 ; comme de nombreux artistes orientalistes, il est, tout d'abord, attiré par les effets de lumière si particuliers du désert. Cependant, son style et sa palette évoluent pour dépeindre tous les aspects de la vie rurale algérienne, révélant ainsi un sens de l'authenticité et une émotion qui naissent avec la connaissance en profondeur du pays. Ces voyages initiatiques l'invitent à s'installer en 1905 à Bou Sâada, un oasis habité par la tribu des Ouled Naïl où il partage une maison avec son ami et inestimable collaborateur Sliman Ben Ibrahim et la famille de ce dernier. En 1913, il se convertit à l'Islam accentuant sa position en tant qu'observateur de l'intérieur de la culture algérienne et islamique. Ses sujets de prédilection embrassent tous les thèmes de la vie quotidienne, mettant en avant particulièrement l'enfance, la religion et les moments intimistes de la vie quotidienne variant de la joie à la tristesse. La vente présente également de jeunes beautés tatouées au henné et parées de bijoux au bord de l'Oued et des hommes écoutant avec attention et plaisir un joueur de flûte dans un paysage nocturne désertique. En dehors de ces scènes de la vie quotidienne, l'engagement politique et religieux pour son pays d'adoption se révèle particulièrement dans deux scènes, rarement dépeintes par un européen : des jeunes garçons écoutant attentivement leur professeur dans une école coranique et une procession de rebelles. Félix Philippoteaux, également présent dans cette vacation est un artiste officiel, soutenu par le roi Louis-Philippe qui l'envoie en Algérie en 1840 pour suivre la campagne militaire du duc d'Aumale. Assez curieusement, cette remarquable peinture présentée ici, met en scène les membres de la résistance luttant contre l'occupation de leur pays par la France. Une fois encore, le peintre nous livre un compte-rendu d'une réalité historique. Frederick Arthur Bridgman, très apprécié de la haute société française et américaine en son temps, visite, quant à lui, l'Algérie par ses propres moyens. Trois exceptionnelles peintures de l'artiste sont présentes dans cette collection, remarquables par leur sens du pittoresque dont l'une représentant une rare scène des membres de la confrérie des Aïssaoui, connus pour leur rituels où ils s'auto infligent des blessures lors de ferveurs extatiques. Contrairement aux représentations imaginaires ou recrées par de nombreux artistes orientalistes, ces oeuvres nous laissent entrevoir un passé disparu à travers l'angle privilégié d'observateurs de l'intérieur. This exceptional collection is, above all, a homage to Etienne Dinet. His paintings and drawings are well-known, but never before have so many of his works been offered in a single auction. Dinet made his first visit to Algeria in 1884; like many other Orientalist artists, he was at first attracted by the luminosity of the desert light. However, his style and palette evolved to encompass all aspects of Algerian rural life, revealed in paintings notable for a sense of authenticity and emotion that was born of the artists deep experience of the country. This journey of discovery led him in 1905 to settle in Bou-Sâada, an oasis town inhabited by the Ouled-Nail tribe, where he shared in the family life of his friend and invaluable collaborator, Sliman Ben Ibrahim. In 1913, he converted to Islam, sealing his position as an inside observer of Islamic and Algerian culture. His subject matter encompassed everyday life, focussing especially on children, religion, and the intimate moments of family life ranging from the joyous to the sad. The sale also includes tattooed and bejewelled naked beauties about to bathe in the wadi and men listening with attention and pleasure to a flute player in a nocturnal desert encampment. Beyond the everyday, Dinets religious and political engagement with his adopted country is revealed in two scenes rarely recorded by a Westerner : young boys in a Coranic school attentively following the instructions of their teacher, and a procession of rebels. Félix Philippoteaux, on the other hand, was more an artist of the establishment, much appreciated by King Louis-Philippe, who sent him to Algeria in 1840 to follow the Duc d'Aumale's military campaign. Curiously enough, the remarkable painting in this sale represents members of the resistance who fought against the occupation of their country by France. Once again, it is a striking account of historical reality. The American painter, Frederick Arthur Bridgman, who was extremely appreciated by French and American high society in his own lifetime, visited Algeria by his own means. Three quintessential pictures by the artist are to be seen here, all notable for their sense of the picturesque, including another rarely recorded scene of a member of the Aïssaoui, a brotherhood known for rituals which combined self-inflicted injuries, an imperviousness to pain, and ecstatic fervour. Unlike the staged or imagined creations of so many Orientalist artists, these pictures thus provide a glimpse into a vanished past seen from the privileged angle of inside observers. ETIENNE DINET (1861-1929) PAR KOUDIR BENCHIKOU, extrait d'une monagraphie monumentale en préparation sur l'oeuvre d'Etienne Dinet : Perdre du temps à recopier les anciens de la Villa Médicis n'est pas du goût d'Etienne Dinet. Alors que ses maîtres de l'Académie Julian, William Bouguereau et Tony-Robert Fleury le poussent à prendre part à l'examen en vue du concours pour le Prix de Rome, son ami Lucien Simon le persuade au printemps 1884 de se joindre à une excursion au sud algérien en compagnie d'une petite équipe de savants entomologistes. L'attrait de ce pays fut tel que l'année suivante, ses amis d'atelier, Edouard Michelin et Gaston Migeon, le rejoignent pour un plus long séjour. Dinet ne se doutait pas encore de l'impact que ce pays aurait sur lui, mais après une pause en 1886, la nostalgie des grands espaces le reprend. Dorénavant ce sera un séjour annuel agrémenté de randonnées en caravanes à travers les immensités sablonneuses du Sahara algérien ; ce qui le mène de Ouargla et Ghardaia à Laghouat et Biskra sans oublier le point de repère de l'incontournable oasis de Bou Sâada qu'il choisit en 1905 pour élire domicile avec l'aide d'un jeune guide du nom de Sliman Ben Ibrahim devenu son collaborateur littéraire. Peintre de prédilection de l'Algérie des profondeurs, ses débuts sont d'abord axés sur la recherche de l'effet lumineux sous un ciel torride où le soleil généreux de son rayonnement embrasse tout, ne laissant aucune place à l'ombre. Cest ce que Léonce Bénédite, conservateur de l'ancien musée du Luxembourg, qualifie de 'période analytique' transcrite avec acuité dans de petits formats sous la fournaise des rayons incendiaires. Pour une meilleure étude de la mentalité de ses modèles, Dinet recourt à l'aide précieuse de son collaborateur et aborde une nouvelle phase nettement plus figurative où la personne humaine est saisie dans ses moindres aspects expressifs et psychiques. Puis avec l'appétit du savoir qui l'aiguillonne, il scrute dans le menu détail les us et coutumes de sa patrie d'adoption ; une sympathie s'instaure entre lui et la société qui l'entoure, allant progressivement jusqu'à l'intégration de son âme dans le dogme musulman pour aboutir au Pélerinage à la Mecque où il a le privilège d'être convié à dîner parmi les hôtes de marque du Roi Abdel Azziz Ibn Soud. Résumer sa vie de peintre et lithographe, écrivain et illustrateur en quelques lignes n'est pas chose aisée. L'essentiel est de dire que, loin des influences d'école et du message conventionnel, Etienne Dinet garde ses distances et sa liberté pour transmettre son message passionnel par un dessin ferme et savant, avec le souci d'un psychologue averti où l'honnête analyste de la 'Vie arabe' demeure toujours précis et volontairement descriptif pour rendre l'émotion ressentie. Dinet a entrepris la conquête d'un pays, ébloui par sa lumière et la beauté de ses sites. Les merveilles de la nature sud algérienne, la pureté des traditions locales magnétisent son attention ; il trouve chez le nomade et le semi-nomade, simplicité et labeur, hospitalité et honnêteté avec un sens profond des réalités et un sentiment de gravité, de dignité et de grandeur d'âme au point qu'en abordant ce pays en conquérant, il se retrouve lui-même très vite conquis. Son oeuvre très sélective, dotée d'un grand raffinement dans le choix du coloris, est qualifiée d'inclassable par certains muséologues car elle ne se fond pas dans le creuset de l'Orientalisme tel quil est perçu dans sa globalité, mais relève d'un cas d'espèce particulière ; c'est de ce point de vue qu'elle tire toute son originalité. La transcription sincère de la réalité prend une grande part dans la traduction du message de l'artiste envers lui-même et envers ses modèles. En conclusion, l'ensemble présent ici est le reflet d'une oeuvre hautement descriptive, voire même diserte, excluant tout mensonge de la pose avec emphase et se donnant pour but, en paraphrasant Léonce Bénédite 'd'extraire tant de beautés de la seule vérité' sur la vie quotidienne de l'environnement cher à l'artiste, loin des théories d'école et avec le respect qu'il se devait à ses modèles. C'est en cela que Dinet a choisi de représenter sincèrement les choses de son temps, contraint pour bien respecter l'exactitude des événements, de tenir compte scrupuleusement des faits et gestes du milieu où il a vécu. Son oeuvre globale, d'une profonde intensité d'analyse et d'une très grande justesse d'expression, le classe parmi les meilleurs peintres ethnologues de son époque, le terme venant de son propre langage. Personne ne niera la sureté de son pinceau ; sa franchise et sa vivacité font de lui un artiste d'une singulière particularité parmi les peintres orientalistes, toutes générations confondues, et reflète un vécu particulier dans la cité oasienne qui lui a donné tant de bonheur et de joie. Although his masters from the Julian Academy, William Bouguereau and Tony Robert Fleury, were pushing him to take part in the exam for the Prix de Rome, Etienne Dinet had no taste for wasting time copying the old masters of the Villa Medici. However, visiting Italy, to travel around, was very much on his mind when his friend Lucien Simon convinced him, in the spring of 1884, to join a small group of entomologists on an excursion to southern Algeria. The attraction of that country was such that the following year he was joined for a longer stay by his studio friends Edouard Michelin and Gaston Migeon. Dinet did not yet have an inkling of the impact that Algeria would have on him, but after a break in 1886, nostalgia for the countrys vast spaces pulled him back once again. Henceforth, he would undertake an annual trip enlivened by caravan excursions in the sandy immensity of the Algerian Sahara. This led from Ouargla and Ghardaia to Laghouat and Biskra, via the oasis of Bou Sâada -a central locus where he chose to settle in 1905 with the help of Sliman Ben Ibrahim, the young guide who had become his literary collaborator. Instinctively drawn towards the Algerian hinterlands, Dinet focused at first on exploring the lighting effects of a scorching sky, under which the suns blazing embrace left no room for shadow. This is what Léonce Bénédite -curator of the former Musée du Luxembourg, Paris- called the analytical period, during which Dinet acutely transcribed the furnace-like environment in small studies painted under the suns burning rays. To achieve a better insight into the mind of his subjects, Dinet sought the invaluable help of his collaborator, and began a new and much more figurative phase which sought to capture the subtlest psychological and expressive characteristics of the individual. As he delved into the finest details of the habits and customs of his adopted country, Dinet's quest for knowledge bred in him such a natural affinity for the people around him that he eventually pledged his soul to Islam. Dinet's conversion was consummated with a pilgrimage to the Holy Cities of his new religion, where he was honoured to be included among the dignitaries invited to dinner by King Abdul-Aziz ibn Saud. Summarising Dinet's life as a painter, lithographer, writer and illustrator which would, as has been written, 'inspired a Balzac'-in just a few lines is not an easy task. But the key point is that, far from Academic influences and the masks of convention, Etienne Dinet preserved the distance and freedom to convey an impassioned message. His means were a confident and skilled sense of draftsmanship, combined with the concern of an experienced psychologist. As an honest analyst of Arab Life, he felt that the best way to render emotion was through a precise and purposefully descriptive approach to his subject. Ultimately, dazzled by the light and the beauty of its sites, Dinet undertook the conquest of a country. The natural environment of southern Algeria and the purity of its local traditions transfixed his attention. In the nomad and the semi-nomad he found simplicity and hard work, hospitality and honesty, together with a profound sense of lifes realities and a feeling of gravity, of dignity and generosity of spirit; the conqueror quickly found himself conquered. Particularly notable for its refined choice of colouring, Dinet's very selective oeuvre is deemed to defy categorization by some art historians because it doesn't fit a traditional Orientalist mould. His originality derives from a unique perspective based on a sincere translation of the reality of his surroundings, and which communicates both a personal artistic vision and a message of empathy towards his subjects. The collection presented here reflects a highly descriptive, eloquent oeuvre, which emphatically excludes any artistic license in the representation of human gesture and which strives, to paraphrase Léonce Bénédite, to extract so many beauties from a single truth. This quest was rooted in the daily life and environment that the artist held so dear, far from the world of academic theory, and in the respect he felt he owed to his models. That is why Dinet chose to sincerely represent his time, and why in order to accurately record the events around him, he felt obliged to scrupulously take account of the facts and the gestures of the milieu in which he lived. Overall, his output is notable for its intensity of analysis, and for its accuracy of expression, which places him -to use a term coined by Dinet himself among the most accomplished ethnological painters of his era. Nobody can deny the poise of his brush; his honesty and liveliness of touch make him a singular artist among Orientalist painters of all generations and reflect his own unique experience in the oasis city that gave him so much joy and happiness.
ETIENNE DINET (1861-1929)

Le marché de Brezina, Algérie

Details
ETIENNE DINET (1861-1929)
Le marché de Brezina, Algérie
signé 'E. DINET' (en bas à gauche)
Huile sur toile
39 x 24,5 cm. (15 x 9¾ in.)
Peint en 1885.
Provenance
Ancienne collection Djillali Mehri, Paris.
Collection particulière, Paris.
Literature
K. Benchikou et D. Brahimi, La vie et l'oeuvre de Etienne Dinet, Paris, 1991, p. 290, no. 100-1 (illustré) et reproduit en couleur, p. 104.
Post Lot Text
THE MARKET AT BREZINA, OIL ON CANVAS, SIGNED BY ETIENNE DINET

Brought to you by

Capucine Tamboise
Capucine Tamboise

Lot Essay

Cette toile date du second voyage de Dinet dans le sud algérien, Dinet. Elle représente un jour de marché à Brezina, une petite localité non loin de l'immense plaine désertique. K.B.

This canvas dates from Dinet's second journey to southern Algeria. It shows a market day at Brezina, a small settlement on the edge of the desert plain. K.B.
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