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Francis Picabia (1879-1953)
ƒ: In addition to the regular Buyer’s premium, a c… Read more Provenant d'une collection européenne
Francis Picabia (1879-1953)

Espagnole ou Femme à la mantille bleue

Details
Francis Picabia (1879-1953)
Espagnole ou Femme à la mantille bleue
signé 'Francis Picabia' (en bas à droite)
huile sur carton
76.2 x 57.2 cm.
Peint vers 1941-43

signed 'Francis Picabia' (lower right)
oil on board
30 x 22½ in.
Painted circa 1941-43
Provenance
Vente, Mes Ader et Tajan, Paris, 21 juin 1990, lot 49.
Vente, Sotheby's, Londres, 28 juin 2000, lot 215.
Waddington Galleries Ltd., Londres.
Collection particulière, Europe (acquis auprès de celles-ci, en 2000); vente, Christie's, Londres, 4 février 2008, lot 156.
Acquis au cours de cette vente par le propriétaire actuel.
Special Notice

ƒ: In addition to the regular Buyer’s premium, a commission of 5.5% inclusive of VAT of the hammer price will be charged to the buyer. It will be refunded to the Buyer upon proof of export of the lot outside the European Union within the legal time limit. (Please refer to section VAT refunds)

Brought to you by

Anika Guntrum
Anika Guntrum

Lot Essay

Le Comité Picabia a confirmé l'authenticité de cette oeuvre.


Tout au long d'une carrière marquée par une indépendance d'esprit et une innovation esthétique permanente, l'espagnole est le seul thème auquel Francis Picabia retourna systématiquement. Né en France de père espagnol et de mère française, celui qui changeait d'idées comme de chemise, comme il se plut à le déclarer, exposa ses premiers portraits d'espagnoles à la galerie Danthon à Paris en mai 1923, quelques mois seulement après la fin officielle du mouvement Dada. Picabia, qui fut l'un des plus radicaux au sein du mouvement, en s'essayant à toutes les audaces, semble retourner avec ses portraits d'espagnoles à une certaine tradition picturale qui s'étend de Velásquez à Matisse, en passant par Goya et Manet. Ce 'retour à l'ordre', qui dans le cas de Picabia revêt un ton caustique, fut mal compris par la critique. Animé par l'insolence qui le caractérise, Picabia répondit: "Je trouve qu'il en faut pour tous les goûts. Il y a des gens qui n'aiment pas les machines: je leur propose des espagnoles. S'ils n'aimaient pas les espagnoles, je leur ferai des françaises... Oui, je fais la peinture pour la vendre. Et je suis étonné que ce soit ce que j'aime le mieux qui se vende le moins" (cité in O. Revault d'Allonnes et D. Bouissou, Picabia : Ecrits, 1921-1953, Paris, 1978, vol. 2, p. 173-174).
Dans Espagnole ou Femme à la mantille bleue, Le spectateur est face à une femme élégamment vêtue d'une mantille bleue. Les yeux légèrement baissés, la main relevée sur son épaule, celle-ci semble capturée dans un moment de rêverie. Le fond uni, sobre, est subtilement dynamisé par une bande verticale plus sombre sur le long du bord droit. D'apparence inoffensive, l'oeuvre révèle l'indépendance d'esprit totale de Picabia, qui n'hésite pas à traiter une imagerie populaire et presque archaïsante, à contre-pied des provocations esthétiques auxquelles il avait habitué l'avant-garde. C'est à un nouveau défi auquel s'attèle ici Picabia: celui de la provocation par le retour à l'académisme formel. En ce sens, les portraits d'espagnoles annoncent également de vingt ans les oeuvres figuratives réalistes des années 1940, peintes d'après des photographies de magazines. La présente oeuvre, peinte au début de cette période, souligne l'attachement très personnel que l'artiste voue à notre sujet, alors qu'il entre dans la dernière partie de sa vie. Dans Espagnole ou Femme à la mantille bleue , Picabia exprime tout autant son intimité, que son refus d'être enfermé dans un mouvement précis.

During the span of a career marked by an independence of spirit and a permanent aesthetic innovation, the Spanish woman is the only theme to which Picabia returned systematically. Born in France to a Spanish father and a French mother, as one who renewed his ideas like changing his shirt, as Picabia himself put it, he showed his first portraits of Spanish woman at the Danthon gallery in May 1923, only a few months after the official end of the Dada movement. Picabia, who was one of its most radical members, experimenting endlessly, seems to return to a certain pictorial tradition with his portraits of Spanish ladies, which extends from Vélasquez to Matisse, not forgetting Goya and Manet. This 'return to order', which takes a caustic turn in Picabia's case, is misunderstood by critics. With his typical humour, Picabia answered: "I think it's important to satisfy all sorts of tastes. Some people do not like machines: I propose Spanish ladies. If they didn't like Spanish ladies, I would paint them French ones. Yes, I make art that is meant to be sold. And I am amazed that it is what I like the most that sells the least" (quoted in O. Revault d'Allonnes and D. Bouissou, Picabia: Ecrit, 1921-1953, Paris, 1978, vol. II).
In
Espagnole or Femme à la mantille bleue, the viewer faces a woman elegantly dressed with a blue mantilla. Her eyes slightly dimed, her right hand reaching to her shoulder, she seems to be captured in a moment of dreamy thoughts. The sober background is subtly vitalized by the darker vertical stripe along the right border. Apparently unoffensive, the work reveals Picabia's complete freedom, and doesn't hesitate to use popular and almost dated imagery, aesthetically at the opposite end of the avant-garde scale. Picabia here engages in a new challenge: provocation by returning to formal academism. In that sense, portraits of Spanish ladies also anticipate the realist figurative works of the 1940s, painted after magazine illustrations. Our work, painted at the beginning of that period, reinforces Picabia's great personal attachment to this subject, while he is entering the final chapter of his life. Espagnole or Femme à la mantille bleue expresses the artist's intimacy, as well as his refusal to be categorized in a single movement.

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