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FRANÇOIS BOUCQ (né en 1955)
Bouche du Diable
Encre de Chine pour la couverture de l'album.
45x101 cm.
Casterman, 1990.

Quand les pages de Bouche du Diable paraissent, le mur de Berlin n’est pas encore tombé. Parfois justifiée, la paranoïa mondiale autour de l’espionnage est toujours de mise et le récit aborde justement ce sujet à travers le parcours d’un infiltré, depuis sa formation en URSS jusqu’à son parachutage à New York. Lorsque Boucq entame ses recherches pour adapter le texte de Jérôme Charyn, il apprend que les futurs hommes de l’ombre devaient être masqués lors de leur formation, afin qu’ils ne puissent pas se reconnaître entre eux pendant leurs missions, et éventuellement se dénoncer par la même occasion. Les masques de cuir figurant sur cette couverture, il les a inventés pour servir ce propos.
La maquette de la collection reprenant les bandes dessinées parues dans (A Suivre) imposait aux auteurs de réaliser une image panoramique courant depuis le rabat de la quatrième de couverture jusqu’à celui de la couverture elle-même. Beaucoup d’artistes en ont profité pour développer des paysages et jouer sur la profondeur de champs. François Boucq, lui, opte pour une conception toute autre, mais dont l’efficacité est redoutable. Afin de refléter le contenu de l’album, il aligne des personnages, en les positionnant à peu près à égale distance les uns des autres afin de renforcer son effet. Sa construction géométrique est imparable. Seuls les découpes dans les masques pour les yeux et les bouches donnent du volume à cette série d’uniformes. François Boucq s’explique : « Il fallait que l’illustration soit cohérente. Ce qui me plaisait dans cette image, c’était justement de refléter l’uniformisation des personnages. C’était un élément essentiel pour créer l’effet dramatique souhaité. Un autre était évidemment de singulariser un personnage à cause de son bec de lièvre, ce à quoi on voyait immédiatement que ce serait le héros de l’histoire. Cette couverture, qui me tient beaucoup à cœur, est emblématique du pouvoir d’évocation à partir de peu de moyens. Cette radicalité est volontaire car elle colle exactement au sujet ».

Brought to you by

Pauline Coulon
Pauline Coulon

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