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GERRIT THOMAS RIETVELD (1888-1964)
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Artist's Resale Right ("droit de Suite"). If the … Read more PROPRIÉTÉ D'UNE COLLECTION PRIVÉE EUROPÉENNE
GERRIT THOMAS RIETVELD (1888-1964)

FAUTEUIL, LE MODÈLE CRÉÉ EN 1919, CELUI-CI RÉALISÉ ENTRE 1920-1925

Details
GERRIT THOMAS RIETVELD (1888-1964)
Fauteuil, le modèle créé en 1919, celui-ci réalisé entre 1920-1925
Hêtre teint, peint et verni, contreplaqué verni / stained, painted and varnished beechwood, painted and varnished plywood
86,5 x 64,5 x 82,5 cm / 34 1/8 x 25 3/8 x 32 ½ in
Numéroté 11 sur une étiquette et 932 à la craie, portant la marque du fabricant H.G.M. G.A.v.d. GROENEKAN DE BILT NEDERLAND ainsi que l'inscription manuscrite Ce fauteuil est un merveilleux cadeau de mon cher ami Bram Hammacher. C'est un original de Gerrit Rietveld et il a été restauré par son menuisier M. van de Groenekan au revers de l'assise
Provenance
Abraham Hammacher, acquis directement auprès de Gerrit Rietveld, vers 1920-25.
Literature
Pour notre exemplaire :
P. De Ruiter, A.M. Hammacher, Kunst als Levensessentie, De Prom, Baarn, 2000, p. 89-90, cité.
M. Küper, L. Reitsma, De stoel van Rietveld / Rietveld’s Chair, Nai010 uitgevers, Rotterdam, 2011, p. 170-183, 185, cité.
Pour le même modèle :
M. Kuper, I van Zijl, Gerrit Th. Rietveld, The Complete Works, Centraal Museum, Utrecht, 1992, p. 74-75.
P. Vöge, The Complete Rietveld Furniture, 010 publishers, Rotterdam, 1993, p. 11, 19, 35, 59, n. 46.
M. Küper, I. van Zijl, Gerrit Rietveld, Phaidon, New York, 2010, p. 34-35, 65-66, 81, 203.
Special notice

Artist's Resale Right ("droit de Suite"). If the Artist's Resale Right Regulations 2006 apply to this lot, the buyer also agrees to pay us an amount equal to the resale royalty provided for in those Regulations, and we undertake to the buyer to pay such amount to the artist's collection agent.
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Flavien Gaillard
Flavien Gaillard Head of Department

Lot Essay

Le fauteuil emblématique de Gerrit Rietveld appartient à un chapitre bref mais extrêmement créatif de son développement en tant qu'architecte et designer, capturant le tumulte intellectuel et artistique d'un monde en mutation. Objet central de l’histoire du design de mobilier moderne, la chaise de Rietveld a été publiée pour la première fois dans le magazine De Stijl à l’automne 1919. Sa conception révolutionnaire élude les formes massives pour décrire une composition de grilles, de lignes, de plans et de surfaces, dans laquelle les vides sont aussi pertinents que la structure. Rietveld a dématérialisé l'apparence d'une chaise et créé un langage esthétique dans lequel le message intellectuel principal est un message de concept et de détermination réductrice. 
S'inspirant à la fois du suprématisme russe et du cubisme européen, le collectif néerlandais De Stijl a été fondé en 1917, et rejoint par Rietveld en 1919. Le groupe préconisait une abstraction simplifiée guidée par l'utilisation graphique de la ligne, du plan et de la couleur. L'imagerie ambiante et déconstruite des peintres Theo van Doesberg, Bart van Der Leck et Piet Mondrian, entre autres, trouva une synergie matérielle avec les abstractions expérimentales du mobilier de Rietveld et, ensemble, un environnement unique et avant-gardiste d'expression créative, sur tous les supports, du mobilier à la typographie, était désormais établi. 
La chaise publiée dans De Stijl en 1919 était le tout premier exemplaire de la forme et comportait des panneaux latéraux inclinés sous les accoudoirs. Les surfaces en bois semblent légèrement teintées ou cirées. Vers 1920-1921, Rietveld enleva les panneaux latéraux, fit le premier de plusieurs ajustements aux dimensions des barreaux et commença à expérimenter des surfaces teintées et peintes, pour inclure le blanc, le gris, le noir et le rouge, dont certaines étaient accentuées de couleurs, souvent blanches ou jaunes, jusqu'aux sections des barreaux. Dans la première moitié des années 20, Rietveld commença à utiliser des planches de contreplaqué pour l'assise et les dossiers des chaises, les planches pleines utilisées sur les exemplaires précédents étant susceptibles de se déformer et de se fissurer (Kuper, op. cit., p 84). Tous les exemplaires des chaises exécutés avant 1925 furent fabriqués par Rietveld lui-même assisté de trois techniciens, dont l'un était Gerard van de Groenekan, qui prit en 1925 le contrôle de la production de l'atelier, Rietveld étant lui-même désormais trop pris par des projets architecturaux (Kuper, op. cit., p. 32). Les premiers exemplaires documentés de la chaise à présenter les couleurs primaires rouge, bleu et jaune De Stijl désormais emblématiques furent produits vers 1923-24, mais il convient de noter que le titre « Chaise rouge et bleue » n'a apparemment pas été utilisé avant le Rétrospective de 1958 au Centraal Museum d’Utrecht.
La preuve d'une étiquette manuscrite sur le dessous de cet exemplaire révèle que la chaise appartenait à l'origine au Dr Abraham Hammacher (1897-2002), célèbre historien de l’art et plus tard directeur (1947-1963) du Kroller-Muller Museum. Selon sa biographie, Hammacher fut présenté à Rietveld par Truus Schröder-Schräder à la fin de 1920. Peu de temps après cette rencontre, il acheta à Rietveld un exemplaire de la « chaise rouge et bleue », qu'il décrivit comme étant « en contraste étrange avec le salon banal » de sa maison d'Utrecht (de Ruiter, op. cit., p. 89-90). Dans cette description, on ne sait pas si Hammacher se réfère aux couleurs réelles de sa chaise, ou, par le nom, au type de chaise par lequel ce modèle est désormais communément connu. Hammacher resta étroitement lié à Rietveld et au groupe De Stijl plus largement, organisant l'une des premières rétrospectives sur Charley Troop en 1951. Il publia également de nombreux articles sur Van Gogh, Magritte, et fut au départ un partisan du célèbre faux « Les Disciples d’Emmaüs » de Vermeer copié par Han van Meegeren, 1937. En tant que directeur du musée, il commanda le parc de sculptures du musée Kroller-Muller, pour lequel Rietveld conçut des sièges d'extérieur. Comme presque tous les exemplaires des années 20 de cette conception, la chaise a subi des rénovations structurelles à la suite de son utilisation quotidienne et les surfaces ont été repeintes. Un rapport détaillé du restaurateur indépendant est disponible sur demande. Il semble que la chaise soit restée en possession de Hammacher jusqu'en 1978 (Kuper, op. cit., p. 185), date à laquelle elle a très probablement été offerte à un propriétaire ultérieur. La chaise d’Hammacher était jusqu'à récemment considérée comme perdue et elle est ici présentée publiquement pour la première fois. 
Les recherches entreprises par Marijke Kuper en 2012 enregistrent un total de 17 exemplaires d'avant-guerre de cette conception conservés dans les collections de musées internationaux. Le Museum of Modern Art de New York fut en 1953 le premier musée à obtenir un exemplaire, provenance Philip Johnson, et il en acquit un deuxième exemplaire en 1983. En 1962, le Stedelijk Museum d’Amsterdam fut le premier des musées européens. Kuper enregistre le plus grand nombre, 6 chaises, comme étant conservés dans les musées japonais (Osaka City Museum of Modern Art (4), Toyota Municipal Museum of Art, Ustonomiya Museum of Art) ; 5 chaises sont dans les collections des musées américains (MoMA New York (2), Brooklyn Museum of Art, High Museum of Art, Atlanta, St Louis Art Museum) ; 4 aux Pays-Bas (Central Museum d’Utrecht [2], Stedelijk et Rijksmuseum, tous deux à Amsterdam). En dehors des Pays-Bas, en Europe, seuls le Victoria & Albert Museum de Londres et le Vitra Design Museum de Weil am Rhein, en Allemagne, en détiennent chacun un exemplaire. 
Simon Andrews
Independent Expert Consultant, Andrews Art Advisory
Nous remercions Jurjen Creman pour son aide à la rédaction de cette notice.

Gerrit Rietvelds iconic armchair belongs to a brief yet explosively creative chapter in his development as an architect and designer, capturing the intellectual and artistic tumult of a world now in change. A pivotal object in the history of modern furniture design, Rietvelds chair was first published in De Stijl magazine, autumn 1919. His revolutionary design dispenses with massing to describe a composition of grids, lines, planes and surfaces, in which the voids are as relevant as the structure. Rietveld has de-materialised the appearance of a chair, and created an aesthetic language in which the primary intellectual message is one of concept, and of reductive purposefulness.
Taking inspiration both from Russian Suprematism and from European Cubism, the Dutch De Stijl collective was founded in 1917, with Rietveld joining in 1919. The group advocated a streamlined abstraction that was guided by graphic use of line, plane and colour. The ambient, deconstructed imagery of the painters Theo van Doesberg, Bart van Der Leck, and Piet Mondrian, amongst others, found material synergy with Rietvelds own experimental abstractions of furniture, and together a unique and pioneering environment of creative expression, across all medium, from furniture to typography, was now established.
The chair published in De Stijl of 1919 was the earliest example of the form, and featured angled side panels beneath the armrests. The wooden surfaces appear to be lightly stained, or waxed. Around 1920-21 Rietveld removed the side panels, made the first of several adjustments to the dimensions of the billets, and began to experiment with stained and painted surfaces, to include white, grey, black and red, some of which were accented with colours, often white or yellow, to the tips of the billets. In the first half of the 1920s Rietveld began to employ plywood boards for the seat and backs of the chairs, the solid boards being used on earlier examples being susceptible to warping and cracking (Kuper, op. cit., p.84). All the examples of the chairs executed before 1925 were made by Rietveld himself assisted by three technicians, one of whom was Gerard van de Groenekan and who in 1925 assumed control of workshop production, with Rietveld himself now too busy with architectural projects (Kuper, op. cit., p.32). The earliest documented examples of the chair to feature the now-iconic De Stijl primary colours of red, blue and yellow were produced around 1923-24, however it should be noted that the title Red-Blue Chair was apparently not applied until the 1958 retrospective at the Centraal Museum, Utrecht.
The evidence of a hand-written label to the underside of this example reveals that the chair originally belonged to Dr. Abraham Hammacher (1897 - 2002), the celebrated art historian and later Director (1947-1963) of the Kroller-Muller Museum. According to his biography, Hammacher was introduced to Rietveld by Truus Schröder-Schräder in late 1920, and relates that soon after this meeting he purchased from Rietveld an example of a Red Blue chair, that he described as being in strange contrast to the banal living room of his Utrecht home (de Ruiter, op. cit., pp. 89-90). In this description, it is unclear if Hammacher is referring to the actual colours of his chair, or by name to the type of chair by which this model is now commonly known. Hammacher remained closely connected to Rietveld and the broader De Stijl group, curating one of the earliest retrospectives on Charley Troop in 1951. He also published extensively on Van Gogh, Magritte, and was initially a supporter of the notorious Vermeer Emmaus forged by Han van Meegeren, 1937. As museum Director he commissioned the Kroller-Muller Museums sculpture park, for which Rietveld designed outdoor seating. As with almost all 1920s examples of this design, the chair has undergone structural renovations as a consequence of daily use, and the surfaces overpainted. A detailed independent conservator report is available upon request. It appears that the chair remained in Hammachers possession until 1978 (Kuper, op. cit., p. 185), when it was most likely gifted to a subsequent owner. The Hammacher chair was until recently considered lost, and is here publicly presented for the first time.
Research undertaken by Marijke Kuper in 2012 records a total of 17 early, pre-war examples of this design preserved in international museum collections. The Museum of Modern Art, New York, was in 1953 the first museum to secure an example, provenance Philip Johnson, and in 1983 acquired a second example. In 1962 the Stedelijk Museum, Amsterdam was the first of the European museums. Kuper records the largest number, 6 chairs, as being held in Japanese museums (Osaka City Museum of Modern Art (4), Toyota Municipal Museum of Art, Ustonomiya Museum of Art); 5 chairs are in American museum collections (MoMA New York (2), Brooklyn Museum of Art, High Museum of Art, Atlanta, St Louis Art Museum); 4 in the Netherlands (Central Museum, Utrecht (2), Stedelijk, and Rijksmuseum, both Amsterdam). Outside of the Netherlands, in Europe, only the Victoria & Albert Museum, London, and the Vitra Design Museum, Weil am Rhein, Germany, both each hold one example.
Simon Andrews
Independent Expert Consultant, Andrews Art Advisory

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