Hans Hartung (1904-1989)
Artist's Resale Right ("droit de Suite"). If the … Read more Provenant d'une important collection privée, Europe
Hans Hartung (1904-1989)

T1948-43

Details
Hans Hartung (1904-1989)
T1948-43
signé 'Hartung' (en bas à droite)
huile sur toile
81 x 100 cm.
Peint en 1948

signed 'Hartung' (lower right)
oil on canvas
31 7/8 x 39 3/8 in.
Painted in 1948
Provenance
Roberta Gonzàlez, Paris.
Galerie de France, Paris.
Collection particulière, France (acquis auprès de celle-ci); sa vente, Christie’s, Paris, 2 avril 2003, lot 9.
Collection particulière (acquis au cours de cette vente).
Galerie Applicat-Prazan, Paris.
Acquis auprès de celle-ci par le propriétaire actuel.
Special notice

Artist's Resale Right ("droit de Suite"). If the Artist's Resale Right Regulations 2006 apply to this lot, the buyer also agrees to pay us an amount equal to the resale royalty provided for in those Regulations, and we undertake to the buyer to pay such amount to the artist's collection agent.
Post lot text
À la lumière de la récente rétrospective que consacre le Musée d’Art Moderne de la Ville de Paris à l’ensemble de l’œuvre de Hans Hartung, il est essentiel de comprendre à quel point la période de l’immédiate "après-guerre" fut déterminante pour l’artiste. Peinte en 1948, T1948-43 est à ce titre particulièrement représentative de ce moment décisif où Hartung connaît enfin sa première reconnaissance tant critique que publique. En effet, contrairement à la plus jeune génération montante des "Pierre Soulages" ou "Georges Mathieu", Hartung possède plus de quinze années d’expérience et une recherche plastique déjà très aboutie. Néanmoins, la Seconde Guerre mondiale a brutalement mis un coup d’arrêt à sa carrière tandis que, immigré allemand installé en France, il choisit de s’engager dans la Légion Etrangère. S’ensuit alors une période difficile où Hartung combat puis trouve refuge chez les Gonzàlez : Julio - le père - immense sculpteur qui lui ouvre son atelier et qu’il admire et Roberta – sa fille – artiste également et qu’il épouse en 1939. T1948-43 fera d’ailleurs partie de la collection de cette dernière. S’il a pu continuer à travailler à sa peinture, l’armistice permet à Hartung de retrouver une pleine liberté de création. Rapidement, il peut à nouveau peindre sur toile et son œuvre évolue. Ses lignes noires tracées avec vigueur se superposent sur des fonds colorés où il expérimente des juxtapositions de tonalités. T1948-43 reflète ici parfaitement la recherche d’équilibre qu’Hartung entreprend entre la vivacité de la ligne et son dynamisme et des aplats de couleurs qui illuminent la toile. Surtout, elle rappelle la forte impression laissée par la découverte en 1926 des artistes français modernes tels que Léger, Braque, Picasso ou encore Matisse, exposés à Dresde et qui provoque chez lui une prise de conscience : « Plus une peinture était pure, dans son concept, plus elle était forte. Tout paraissait être sacrifié à la pureté de la ligne, des formes et des couleurs. Tout ce que j’avais appris me parut soudain dérisoire ».
Hartung, en partant d’une juxtaposition pure des formes et des couleurs, y introduit néanmoins une dynamique, un mouvement qui se veut toujours maitrisé. « C’est cette envie qui me pousse : l’envie de laisser la trace de mon geste sur la toile, sur le papier. Il s’agit de peindre, de dessiner, de griffer, de gratter. » explique-t-il. Cependant, si le geste premier est un élan, le passage sur la toile est un acte réfléchi. Sur les conseils de son ami Jean Hélion, Hartung transcrit sur toile à l’aide d’une mise au carreau les compositions qui naissent dans un premier temps sur papier. Ainsi, au premier jet initial cède la place à un travail minutieux d’élaboration afin d’obtenir l’équilibre le plus réussi possible loin d’un simple débordement lyrique de couleurs. Chaque tracé, chaque ligne est alors validée par l’artiste sans que pour autant la force de l’œuvre s’éteigne. Au contraire, le rapport à la matière est toujours bien présent et comme il le résume lui-même : « Peindre a donc toujours supposé pour moi l’existence de la réalité, cette réalité qui est résistance, élan, rythme, poussée, mais que je n’appréhende totalement qu’autant que je la saisis, que je la cerne, que je l’immobilise pour un instant que je voudrais voir durer toujours ». Dans la peinture encore fraîche de T1948-43, il est d’ailleurs venu saisir cet instant en grattant la surface par une diagonale qui traverse la composition tel un des éclairs qui le fascinait dans son enfance et qu’il s’exerçait à reproduire sur ses cahiers d’école : « J’éprouvais devant les orages une terreur ensorcelante, je vibrais sous leur force, sous leur puissance. […] Mes éclairs enfantins ont eu, j’en suis sûr, une influence sur mon développement artistique, sur ma manière de peindre. Ils m’ont donné le sens de la vitesse du trait ».
In light of the recent retrospective that the Musée d’Art Moderne de la Ville de Paris devoted to the entire body of work of Hans Hartung, it is critical to understand the extent to which the immediate post-war period was determining for the artist. Painted in 1948, T1948-43 is particularly representative of that decisive moment when Hartung finally received recognition from both critics and the public. Indeed, unlike the up-and-coming younger generation that included "Pierre Soulages" and "Georges Mathieu", Hartung had more than fifteen years of experience and a very mature approach to plastic forms. Nevertheless, World War II brought an abrupt halt to his career and, as a German immigrant living in France, he chose to enlist in the Foreign Legion. What followed was a difficult period during which Hartung went to war, then found refuge with the Gonzàlez family: Julio – the father – a great sculptor who welcomed him into his studio and whom he admired, and Roberta – his daughter – also an artist and his wife from 1939. T1948-43, in fact, was held in Roberta's personal collection. Though he was able to continue painting, the armistice enabled Hartung to once again enjoy total freedom to create. He quickly returned to painting on canvas and his work evolved. His energetically drawn black lines were layered on coloured backgrounds where he experimented with the juxtaposition of tones. T1948-43 perfectly reflects Hartung's quest for balance between the liveliness and energy of the lines and the flat blocks of colour that illuminate the canvas. Above all, it calls to mind the strong impression made by his discovery in 1926 of modern French artists such as Léger, Braque, Picasso and Matisse, who were exhibited in Dresden and which triggered an awakening in Hartung: 'The more pure a painting was in its concept, the stronger it was. Everything appeared to be sacrificed to the purity of the line, shapes and colours. All that I had learned suddenly seemed pathetic to me'.
Though working with the pure juxtaposition of shapes and colours, Hartung still introduces an energy, a movement that is always meant to be under control. 'That is the desire that drove me: the desire to leave a trace of my gestures on the canvas, on the paper. It was about painting, drawing, scraping, scratching.' he explained. However, while the first line may be a casual gesture, the movement over the canvas is a carefully considered action. On the advice of his friend Jean Hélion, Hartung used the grid technique to transfer to canvas the compositions that he first brought to life on paper. Thus, the first impetuous swoop gives way to a painstaking creative process to achieve the best possible balance, far from a mere lyrical explosion of colours. Every trace, every line is confirmed by the artist, but does not diminish the power of the work. To the contrary, the relationship to the material is still just as present and, as the artist himself summarised: 'For me painting has always assumed the existence of reality, that reality which is resistance, momentum, rhythm, thrust, but which I do not entirely grasp no matter how much I capture it, flesh it out, immobilise it for an instant that I wish could last forever'. Indeed, in the still-fresh paint of T1948-43, he sought to seize that moment by scratching the surface in a diagonal pattern that traverses the composition like the lightning bolts that captivated him as a child and which he used to sketch in his school notebooks: 'Thunderstorms plunged me into a bewitching terror, I was shaken by their strength and their power. […] The lightning of my childhood, I'm certain of it, influenced my development as an artist and my painting style. They gave me a sense of speed in the lines'.
Sale room notice
Veuillez noter que ce lot est soumis au Droit de Suite.

Please note that this Lot is subject to the Artist's Resale Right.

Brought to you by

Paul Nyzam
Paul Nyzam Senior Specialist, Head of Evening Sale

Lot Essay

Cette œuvre est enregistrées dans les archives de la Fondation Hans Hartung et Anna Eva Bergman, Antibes et sera reproduite au catalogue raisonné de l'œuvre de Hans Hartung, actuellement en préparation.

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