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ILIAZD, Ilia Zdanevitch dit, Guillaume de VAUX, Adrian de Monluc dit, et Pablo PICASSO. Maquette de La Maigre. [Paris], [ca. 1951]
ILIAZD, Ilia Zdanevitch dit, Guillaume de VAUX, Adrian de Monluc dit, et Pablo PICASSO. Maquette de La Maigre. [Paris], [ca. 1951]
ILIAZD, Ilia Zdanevitch dit, Guillaume de VAUX, Adrian de Monluc dit, et Pablo PICASSO. Maquette de La Maigre. [Paris], [ca. 1951]
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ILIAZD, Ilia Zdanevitch dit, Guillaume de VAUX, Adrian de Monluc dit, et Pablo PICASSO. Maquette de La Maigre. [Paris], [ca. 1951]
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« Pour appliquer mes déductions à La Maigre, j’ai choisi les majuscules d’un caractère des plus banals (bâton demi gras, corps 12) et par le moyen des espaces variables j’ai sublimé la typographie. » Iliazd
ILIAZD, Ilia Zdanevitch dit, Guillaume de VAUX, Adrian de Monluc dit, et Pablo PICASSO. Maquette de La Maigre. [Paris], [ca. 1951]

Details
ILIAZD, Ilia Zdanevitch dit, Guillaume de VAUX, Adrian de Monluc dit, et Pablo PICASSO. Maquette de La Maigre. [Paris], [ca. 1951]

EXCEPTIONNELLE MAQUETTE DE LA MAIGRE CONTENANT DES ÉPREUVES DES GRAVURES DE PICASSO, DES ÉPREUVES TYPOGRAPHIQUES, AINSI QUE DES MANUSCRITS DE TRAVAIL D’ILIAZD

PRÉCIEUX TÉMOIGNAGE DE L’ÉLABORATION DE L’UN DES CHEFS-D’ŒUVRE D’ILIAZD

In-folio (environ 405 x 220 mm). Relié, avec les feuillets montés sur onglet
Texte de la Maigre extrait d’un exemplaire des Jeux de l’inconnu, Rouen, Jean Osmont, 1637. In-8 (165 x 105 mm).
1 f. de papier fibre
Premier plat de la couverture de parchemin illustrée non rempliée. Couverture partiellement décollée de l’onglet.
2 ff. de papier kraft dont un porte le titre
2 ff. de papier courant dont 1 f. portant les collages des épreuves typographiques pour la page de justificatif. Une adresse est écrite à la main, il s’agit de celle de Louis Barnier, directeur de l’imprimerie l’Union et Pataphysicien. Page d’un exemplaire numéroté 1
2 ff. de papier chine de justificatif d’un exemplaire numéroté 32
2 ff. de papier japon avec la mention imprimée en rouge « Exemplaire de compagnon imprimé pour Françoise Gilot » (alors la compagne de Picasso)
1 f. de papier courant collé sur papier kraft, justificatif annoté au crayon bleu, rouge et violet. Exemplaire numéroté 1.
6 ff. de travail pour l’avis au lecteur sur papier courant collés sur papier kraft pour 2 d’entre eux, avec : une version corrigée manuscrite non définitive de 3 pp. sur 1 bifeuillet ; une épreuve typographique sans correction de 2 pp. sur 2 ff. ; une épreuve typographique avec corrections manuscrites de la première page d’ « Iliazd au lecteur » ; projet manuscrit de carton d’invitation 2 pp. sur 1 f. ; une maquette avec épreuves non corrigées collées sur d’anciennes épreuves corrigées de 2 pp. sur 2 ff.
6 ff. d’épreuves des pages 1 et 2 de La Maigre avec 2 pp. sur 2 ff. annotées de maquette sur papier millimétré avec texte et ozalids, les 2 pp. restantes comportent la pagination et l’ordre des illustrations avec la mention manuscrite « par Philippe Molinier la veille de sa retraite » (Philippe Molinier est celui qui a tiré les planches de La Maigre), ainsi que divers calculs et mentions des lignes ; un double feuillet sur japon tel que paru ; un double feuillet sur chine sans gravure
2 pp. sur un double feuillet collé sur papier millimétré de la maquette des pages 3 et 4 avec les ozalids et les épreuves typographiques, celles-ci sont collées sur plusieurs précédentes épreuves typographiques
2 pp. sur un double feuillet collé sur papier kraft de la maquette des pages 5 et 6 avec les ozalids et les épreuves typographiques, celles-ci sont collées sur une précédente épreuve typographique
2 pp. sur un double feuillet collé sur papier kraft, de la maquette des pages 7 et 8 avec les épreuves typographiques et les ozalids ; un double feuillet sur japon tel que paru
2 pp. sur un double feuillet collé sur papier kraft de la maquette des pages 9 et 10 avec les épreuves typographiques et les ozalids
3 pp. sur 3 ff. d’épreuves typographiques annotées des pages 7 et 8, 9 et 10 (2 fois), 11 et 12, 13, le dernier feuillet contrecollé sur feuillet de papier kraft. Quelques restaurations aux déchirures
6 ff. de travail pour les pages 9 et 10 de La Maigre, avec 2 pp. sur 2 ff. de vergé de Hollande bleuté XVIIIe siècle avec un tirage d’essai des gravures sans le texte ; 2 ff. de calque comportant des croquis et des indications au graveur ; un double feuillet sur japon tel que paru
2 pp. sur 2 ff. annotés, collés sur papier kraft de la maquette des pages 11 et 12 avec épreuves typographiques et ozalids
2 pp. sur 2 ff. collés sur papier kraft de la maquette des pages 13 et 14 avec les épreuves typographiques et ozalids
2 pp. sur 2 ff. collés sur papier kraft de la maquette des pages 15 et 16 avec les épreuves typographiques et ozalids
2 pp. sur 2 ff. collés sur papier kraft de maquette des pages 17 et 18 avec les épreuves typographiques et ozalids
1 f., carton « à paraître »
1 f., carton d’invitation
Affiche de l’exposition imprimée en rouge
Quatrième plat de la couverture illustrée de parchemin non rempliée
1 f. papier fibre
Premier plat de la couverture illustrée de parchemin non rempliée
Planche de l'illustration de la couverture sur vergé avec des traces d'empreintes digitales, il s’agit vraisemblablement d’une épreuve
EXEMPLAIRE DE LA MAIGRE TEL QUE PARU, IMPRIMÉ SUR CHINE POUR FRANCOISE GILOT NUMÉROTÉ 2, et signé par Picasso au justificatif. Les feuillets d’Iliazd au lecteur, des pages 5 et 6 et de l’achevé d’imprimer sont manquants.

RELIURE SIGNÉE DE C. ET J.-P. MIGUET en maroquin marron, des sillons dessinent une enveloppe sur les plats, dos lisse comportant le titre

PROVENANCE : Collection Hélène Iliazd

La maquette de La Maigre est un précieux témoignage de la précision d’Iliazd dans la conception de ce livre. Louis Barnier, le maître-imprimeur travaillant avec lui écrit à ce sujet : « L’architecture de La Maigre est d’une rigueur et d’une pureté toute classique. Aucun ornement, aucune guirlande, aucune prolifération n’en viennent charger les lignes, aucune courbe ne vient en rompre la tenue. L’angle droit et le rectangle sont les maîtres et la symétrie. » Passionné par l'art byzantin après un long séjour en Turquie, Iliazd pense effectivement la mise en page de La Maigre comme une architecture homogène que l’on pourrait rapprocher des structures symétriques des édifices chrétiens turques. Chaque mot est minutieusement disposé comme en témoignent les nombreuses épreuves typographiques et les calculs recouvrant certains feuillets. Ils s'insèrent dans une composition parfaitement régulière dont le point d’orgue est le folio 7 (pages 9 et 10), couvert de deux colonnes de texte sans retour à la ligne sous lesquelles se développent les courbes de l’assaut gravées par Picasso. À la manière d’une basilique byzantine, cette mise en page épurée ne peut en effet être comprise sans les ornements de Picasso qui agissent comme des contrepoints à cette structure rectiligne. Iliazd suit d’ailleurs de près le tirage des planches : des annotations sur les croquis des gravures portant sur les barbes et le gras des traits nous indiquent qu’aucun détail n’échappe au regard de l’éditeur. Les formes féminines osseuses et les joutes équestres de Picasso réapparaissent comme des leitmotivs entrant en correspondance avec l’architecture rectiligne posée par Iliazd. L’éditeur joue aussi sur la répétition, en traitant les lettres comme 26 motifs qu’il répète avec des espacements savamment calculés au sein de mots eux-mêmes compris dans le tout que forment les colonnes de texte. « C’est dans ce livre que j’ai introduit pour la première fois l’emploi exclusif des espaces variables intercalés entre les lettres, afin de les équilibrer et d’alléger les lignes. Cette invention a démontré l’erreur que commettaient les artistes de la Renaissance dans leur recherche de proportions de la lettre ronde, quand ils étudiaient chaque lettre séparément au lieu d’envisager les ensembles » écrit ainsi Iliazd. La Maigre est donc un livre qui marque le passage à la maturité de son œuvre : il définit son style typographique et met en lumière pour la première fois un auteur qui deviendra l’un de ses préférés, Adrien de Monluc.

Cette maquette nous permet surtout de nous éclairer sur le processus de création d’Iliazd. A travers les superpositions d’épreuves typographiques, collées les unes sur les autres jusqu’à former une sorte de palimpseste, nous suivons le rythme des essais méticuleux d’Iliazd pour « sublimer la typographie ». Ces essais typographiques évoluent en regard des ozalids sur les feuillets millimétrés, montrant ainsi que les colonnes de texte rectangulaires sont conçues pour répondre aux courbes des pointes sèches, créant une géométrie harmonieuse. Les annotations de la main de l’éditeur témoignent de ses différents essais pour trouver une formule : il passe ainsi de « nouvellement édité » à « nouvellement mis en lumière » avant d’aboutir à « mis en lumière et en page », formule qu’il gardera dans plusieurs de ses livres à venir.

La Rencontre Iliazd-Picasso. Musée d’Art Moderne de la Ville de Paris, 1976 ; Baer, Picasso peintre-graveur, Paris et Zurich, Galerie Kornfeld, 1988, IV, pp. 877 à 886 ; Goeppert-Cramer, Picasso, 63

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Adrien Legendre
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