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JEAN FAUTRIER (1898-1964)
JEAN FAUTRIER (1898-1964)

All alone

Details
JEAN FAUTRIER (1898-1964)
All alone
signé et daté 'fautrier 57' (en bas à droite); titré et daté 'ALL ALONE 57' (sur le châssis)
huile sur papier marouflé sur toile
89 x 146 cm. (35 x 57½ in.)
Peint en 1957.
Provenance
Galerie Sami Tarica, Paris
Collection privée, Paris
Vente anonyme, Sotheby's Londres, 29 juin 2000, lot 30
Acquis lors de cette vente par le propriétaire actuel
Literature
M. Francesi d'Oggi (éds.), Fautrier, Paris et Milan, 1957.
P. Bucarelli, Jean Fautrier, Pittura e materia, Milan, 1960, No. 352 (illustré p. 353).
Jean Fautrier: 1898- 1964, catalogue d'exposition, Harvard University, Fogg Art Museum; Columbia University, Mirian and Ira D. Wallach Art Gallery; Marquette University, Haggerty Museum of Art, 2002.
Exhibited
Fribourg-en-Brisgau, Kunstverein, Jean Fautrier, mai-juin 1958, No.19 (illustré au catalogue d'exposition).
Milan, Galleria Apollinaire, Jean Fautrier, octobre-décembre 1958 (illustré au catalogue d'exposition).
Venise, XXXème Biennale de Venise, Pavillon central, Jean Fautrier, juin-octobre 1960.
Stockholm, Moderna Museet; Oslo, Kunstnernes Hus, Jean Fautrier, septembre-octobre 1963, No. 31 (illustré au catalogue d'exposition).
Post Lot Text
'ALL ALONE'; SIGNED AND DATED LOWER RIGHT, TITLED AND DATED ON THE STRETCHER; OIL ON PAPER LAID DOWN ON CANVAS.

Brought to you by

Valentine Legris
Valentine Legris Administration

Lot Essay

L'authenticité de cette oeuvre a été confirmée par le comité Jean Fautrier.
Cette oeuvre sera reproduite dans le catalogue raisonné actuellement en préparation par Madame Marie-José Lefort.



"Seul, c'est l'angoisse d'une vie, - c'est cet état obscur auquel on n'ose cependant toucher de peur d'y apporter quelques braises de lumière. Oui seul, bien seul - mais justement c'est parfois dans cette solitude, où le durcissement est tel, que l'on pourra puiser dans cet état toute force véritable - c'est elle qui nous fera entrer en profondeur en nous-mêmes pour y trouver toute la source d'une vie. Seul mais c'est enfin un élargissement total que d'être seul - c'est en tout cas ce qui nous donnera les solutions les plus pures et les plus absolues" Jean Fautrier (cité in Jean Fautrier, catalogue d'exposition, Biot, Musée national Fernand Léger, 1996, p. 11).

Pour l'artiste, la peinture est tout autant un refuge qu'une remise en cause permanente, un engagement total qui ne peut se faire que seul, tout seul face à la toile et dont All alone est sans doute l'un des plus beaux manifestes. Fautrier ne s'appuie sur aucun courant, aucun mouvement artistique. Il traverse en solitaire depuis les années 1930 le paysage artistique français à la recherche d'une vérité qui lui corresponde. Lorsqu'il peint All alone, en 1957, l'artiste se trouve à un tournant. Les récents événements de la révolution hongroise de 1956 ont pris corps dans tout un ensemble de travaux intitulé Les Partisans, lointaine résurgence de ses Otages de 1942-1945. En parallèle, il renoue avec les nus, qui étaient déjà venus contrebalancer la dureté des sujets liés à la guerre en 1943-1946. Ici, All alone semble être l'écho de cette exploration de la chair que l'artiste a déjà amorcée, à l'image par exemple de La juive de 1943.

Fautrier donne corps à la matière, il crée sur la toile une chair qui palpite sous ses mains. Elle s'offre ainsi seule, dans tout ce qu'elle peut avoir de plus saisissant, de plus percutant. Cependant, à la différence des nus des années 1940, le peintre a approfondi sa propre technique. De fait, la surface de All alone se colore de rose et de vert, pigments bruts qui animent cette pâte travaillée en épaisseur. Sur la toile viennent donc se mêler aux carnations les éclats de couleurs caractéristiques des paysages et végétaux auxquels se confronte l'artiste. De cette alchimie parfaite qui s'opère dans l'oeuvre, All alone tire toute sa présence, comme si le peintre nous livrait, dans son entireté, la propre réalité de son existence à fleur du tableau: 'La réalité doit subsister dans l'oeuvre, elle est la matière première, 'l'oeuvre vive' qui est sous la forme, qui la soutient et la fait aller. (...) On ne fait jamais que réinventer ce qui est, restituer en nuances d'émotion la réalité qui s'est incorporée à la matière, la forme, la couleur, produits de l'instant, changé en ce qui ne change plus.' (in Fautrier 1898-1964, catalogue d'exposition, Paris, Musée d'art moderne de la Ville de Paris, 1989, p. 13).



'Alone, that is the anguish of a life - it is the darkened state which we don't dare touch for fear of bringing a few pinpoints of light. Yes alone, very alone, but it is sometimes in this solitude, when the intensity is such that we could find all genuine strength in this state - it is this solitude which will allow us to enter the depths of ourselves to find the full source of a life. Alone, but ultimately there is a total expansion of being in solitude - it is in this state which in every case offers the purest and the most absolute solutions.' Jean Fautrier (quoted in Jean Fautrier, exhibition catalogue, Biot,Musée national Fernand Léger, 1996, p. 11).

For the artist, painting is as much a refuge as a permanent questioning, a total commitment which can only be undertaken alone, alone before the canvas. All Alone is undoubtedly one of the finest manifestations of this belief. Fautrier did not rely on any artistic movement. From the 1930s he travelled a solitary path through the French artistic landscape searching for a truth to which he could relate. When he painted All Alone in 1957, the artist had reached a turning point. The recent events of the Hungarian revolution in 1956 had been embodied in a whole series of works called Les Partisans (Partisans), with distant links to his Otages (Hostages) of 1942-1945. At the same time, he returned to painting nudes, which he had previously used to counterbalance the harshness of war-related subjects between 1943 and 1946. Here, All Alone seems to echo that exploration of flesh already initiated by the artist, for instance in 1943's La Juive.

Fautrier gives the materials life, on the canvas he creates flesh which pulsates beneath his fingers. It therefore presents itself alone, in its most striking, compelling form. However, unlike the nudes of the 1940s, the painter has refined his own technique. The surface of All Alone is therefore coloured with pink and green, natural pigments which animate this intensely worked paint. The canvas therefore combines the flesh tones with dashes of colour characterising the landscapes and plants surrounding the artist. All Alone achieves its full presence from this perfect alchemy wrought in the work, as if the painter were delivering to us the complete, specific reality of his existence through the surface of the painting: 'Reality must be present in the work. It is the raw material, the 'living work' beneath the form, which supports it and transports it. (...) We do no more than reinvent what already exists. We restore, with hints of emotion, the reality that is embodied in material, in form, in colour, products of that instant, changed into something that can no longer change.' (in Fautrier 1898-1964, exhibition catalogue, Paris, Musée d'Art Moderne de la Ville de Paris, 1989, p. 13).
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