Lot Content

Global notice COVID-19 Important notice
JEAN-MICHEL BASQUIAT (1960-1988)
JEAN-MICHEL BASQUIAT (1960-1988)

Henry Geldzahler

Details
JEAN-MICHEL BASQUIAT (1960-1988)
Henry Geldzahler
mine de plomb, huile et collage de papier sur panneau
60.6 x 25.5 cm. (23 7/8 x 10 in.)
Réalisé vers 1981.
Provenance
Contemporary Art from the Estate of Henry Geldzahler, Christie's New York, 8 mai 1996, lot 108
Acquis lors de cette vente par le propriétaire actuel
Literature
R. D. Marshall, J.-L. Prat, Jean-Michel Basquiat, Paris, 1996 (illustré en couleur p. 228).
R. D. Marshall, J.-L. Prat, Jean-Michel Basquiat, Turin, 2000 (illustré en couleur p. 94).
Exhibited
Kaohsiung, Kaohsiung Museum of Fine Arts; Taichung, Taichung Museum; Seoul, Gallery Hyundai, Jean-Michel Basquiat, janvier-août 1997 (illustré au catalogue d'exposition p. 23).
Vancouver, Art Beatus, Jean-Michel Basquiat, septembre-octobre 1997 (illustré au catalogue d'exposition p. 13).
Tokyo, Mitsukoshi Museum; Marugame, MIMOCA, Jean-Michel Basquiat, octobre-novembre 1997; avril-mai 1998 (illustré au catalogue d'exposition p. 13).
Post Lot Text
'HENRY GELDZAHLER';GRAPHITE, OIL AND PAPER COLLAGE ON PANEL.

Brought to you by

Alexandre Carel
Alexandre Carel

Lot Essay

Cette oeuvre est accompagnée du certificat d'authenticité No. 60332 de l'Estate of Jean-Michel Basquiat.

Le portrait de l'influent critique new-yorkais et ambassadeur de la culture Henry Geldzahler contient toute la rudesse et la frénésie graphique qui ont fasciné le monde de l'art et imposé Basquiat comme l'un des artistes les plus doués de sa génération. Peint en 1981, année où l'artiste a explosé sur la scène artistique, ce mélange de signes exécutés à la va-vite dresse le portrait du puissant personnage qu'était Geldzahler. Il respecte l'art traditionnel du portrait tout en présentant une collection de marques distinctives et de symboles qui, une fois combinés, produisent un tableau encore plus "métaphorique" de l'homme.
Ce large éventail de symboles reflète l'univers quotidien de Basquiat et évoque avec justesse la cacophonie visuelle urbaine du New York des années 70 et 80, deux décennies marquées par la crise économique. Entre le portrait physique de Geldzahler qui domine la partie supérieure du tableau et les détritus de la vie urbaine et la représentation du badge officiel du Commissaire du Département des Affaires Culturelles de la Ville de New York (la fonction de Geldzahler), Basquiat brosse le portrait de son modèle à partir des éléments qui le constituent. On retrouve aussi les mots mis au hasard "tin", "gold", "lead" ou "asbestis" (sic) désignant les matières qui sautaient aux yeux de Basquiat pendant ses longues journées de marche dans les rues de la ville. De plus, Basquiat inclut de nombreux exemplaires de sa signature "S" - l'initiale de SAMO (contraction de "SAMe Old Shit"), surnom dont il paraphait la plupart de ses premiers graffitis.
Pendant cette période, l'influent critique d'art Henry Geldzahler était aussi conservateur d'art contemporain. Il est surtout connu pour son travail au Metropolitan Museum of Art, où il a organisé en 1969 la célèbre exposition New York Painting and Sculpture 1940-1970, mais aussi pour son rôle social au sein du monde artistique et ses relations étroites avec de nombreux artistes contemporains. Basquiat a rencontré Geldzahler en 1978. Ce dernier dînait dans un restaurant de SoHo en compagnie d'Andy Warhol quand Basquiat l'a abordé. Impressionné par le travail de cet artiste de dix-huit ans seulement, Warhol lui a acheté un petit dessin pour 1 dollar, mais Geldzahler n'était pas convaincu et jugeait Basquiat "trop jeune". Néanmoins, il a rapidement changé d'avis et est devenu l'un de ses plus grands défenseurs : "Dès le départ, son travail consistait à assembler de manière conceptuelle et énigmatique des mots et des symboles exécutés avec la simplicité brusque d'une inscription de la fin de l'Empire Romain" (H. Geldzahler, "From the Subways to SoHo", Interview, janvier 1983).
En 1981, année exceptionnelle pour Jean-Michel Basquiat, l'artiste a quitté la rue pour l'atelier. Au début de l'année, il peignait encore sur des objets trouvés, notamment des fenêtres, des portes, des morceaux de bois et de métal: les débris de New York. A la fin de l'année, il était devenu une véritable star du monde de l'art. Il s'est installé dans un vaste atelier au sous-sol de la galerie d'Annina Nosei dans Prince Street et son oeuvre a été présentée dans de grandes expositions internationales. A cette époque, la radio et la télévision diffusaient une forme édulcorée de culture populaire; l'art en général s'était affaibli en perdant son sens de l'avant-garde et de l'innovation. C'est dans ce contexte que Basquiat est apparu comme la figure de proue d'une nouvelle créativité underground. Un "anti-âge d'or" se développait dans les quartiers et les immeubles abandonnés; de jeunes artistes de la rue, des écrivains et des musiciens commençaient à transformer cette communauté oubliée en redonnant vie à l'environnement urbain dans une combustion spontanée de culture punk et new wave. Réalisé pendant les années décisives du début de sa carrière, le portrait d'Henry Geldzahler par Basquiat reflète la bravade de cette jeunesse qui a contribué à faire du peintre l'enfant terrible de l'art, mais aussi la sagacité artistique que l'on ne trouve que dans ses meilleures oeuvres.

Jean-Michel Basquiat's portrait of the influential New York art critic and cultural ambassador Henry Geldzahler displays all the rawness and frenetic graphic energy that captured the attention of the art world and established Basquiat as one of the most influential artists of his generation. Executed in 1981, the year the artist exploded onto the art-world stage, the mix of rapidly executed marks builds up a portrait of the powerful figure of Geldzahler both in the form of traditional portraiture and also by depicting a collection of signs and signifiers that when combined together build up a further 'metaphorical' portrait of the man.
This wide range of symbols reflects the world that Basquiat experienced on a daily basis and expertly conjures up the visual cacophony of the urban experience of New York during the economically troubled decades of the 1970s and 1980s. From the physicality of Geldzahler's portrait which dominates the upper portion of the canvas to the detritus of city life and the depiction of the official badge of the Commissioner of New York City's Department of Cultural Affairs (Geldzahler's office), Basquiat builds up a portrait of his subject from its constituent parts. Also present are the random words tin, gold, lead, asbestis (sic) etc. that would have shouted their presence to Basquiat as he spent his days walking the city's streets. Additionally Basquiat includes many examples of his signature tag-the 'S' taken from SAMO (standing for 'SAMe Old Shit')-the moniker with which he signed many of his early graffiti works.
Henry Geldzahler was an influential art critic and curator of contemporary art during the period. He was best known for his work at the Metropolitan Museum of Art, where he staged the landmark 1969 exhibition New York Painting and Sculpture 1940-1970. He was also known for his social role within the art world and the close relationships he developed with many contemporary artists. Basquiat first met Geldzahler in 1978, he approached the critic in a SoHo restaurant while Geldzahler was having dinner with Andy Warhol. Warhol was impressed by the eighteen-year-old's work and bought a small drawing off him for $1, but Geldzahler remained unconvinced however and dismissed Basquiat as being "too young." However this viewpoint soon changed and soon, Geldzahler became one of Basquiat's biggest champions, "His work from the first consisted of conceptual, enigmatic combinations of words and symbols, executed with the curt simplicity of a late Roman inscription" (H. Geldzahler, 'From the Subways to SoHo," Interview, January 1983).
1981 was a remarkable year for Jean-Michel Basquiat, marking his transition from the streets to the studio. At the beginning of the year, he had been painting on found objects, discarded windows, doors, pieces of wood and metal; the debris of New York City. By the end of the year, he had become an incumbent art star, installed in a spacious studio in the basement of Annina Nosei's Prince Street gallery and showcased in international exhibitions. At the same time television and radio were offering a sanitised form of easy-listening popular culture and mainstream art had gone soft losing its sense of avant-garde innovation, and it is against this background that Basquiat emerged as the pre-eminent figure of a new underground creativity. From the discarded neighbourhoods and tenement buildings grew an 'anti-golden age'; young street artists, writers and musicians began to transform the derelict community, reviving the urban environment with a spontaneous combustion of punk and new wave culture. Executed during the pivotal early years of his career, Basquiat's portrait of Henry Geldzahler combines not only the youthful bravado that helped establish the artist as the enfant-terrible of the art world but also the insightful artistic vision that is contained in only the very best examples of his work.

More from Art Contemporain (Vente du soir)

View All
View All