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Joan Miró (1893-1983)
Provenant de la collection d'un amateur européen
Joan Miró (1893-1983)

Sur la verte prairie au lever du soleil

Details
Joan Miró (1893-1983)
Sur la verte prairie au lever du soleil
signé, daté et titré 'MIRÓ. 22/V/68 SUR LA VERTE PRAIRIE AU LEVER DU SOLEIL' (au revers)
huile et graphite sur toile
41.3 x 24 cm.
Peint le 22 mai 1968

signed, dated and titled 'MIRÓ. 22/V/68 SUR LA VERTE PRAIRIE AU
LEVER DU SOLEIL' (on the reverse)
oil and pencil on canvas
16 1/8 x 9½ in.
Painted on the 22nd of May 1968
Provenance
Pierre Matisse Gallery, New York.
Galería Theo, Madrid.
Galería Guillermo de Osma, Madrid.
Galerie di Meo, Paris.
Acquis auprès de celle-ci par le propriétaire actuel, le 22 décembre 1997.
Literature
J.J. Sweeney, Joan Miró, Barcelone, 1970, p. 54 (illustré en couleurs; titré 'In the green meadow at sunrise').
M. Tapié, Joan Miró, Milan, 1970, p. 24, no. 151 (illustré en couleurs).
J. Dupin et A. Lelong-Mainaud, Joan Miró, Catalogue raisonné. Paintings, Paris, 2002, vol. IV, p. 246, no. 1311 (illustré en couleurs).
Exhibited
Saint-Paul de Vence, Fondation Maeght, Miró, juillet-septembre 1968, no. 148.
Barcelone, Recinto del Antiguo Hospital de la Santa Cruz, Miró, novembre 1968-janvier 1969, p. 70, no. 152.

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Anika Guntrum
Anika Guntrum Art moderne

Lot Essay

En septembre 1966, Joan Miró se rend pour la première fois au Japon. Fasciné par les techniques de calligraphie nippone, ses méthodes de travail en sont profondément et durablement influencées. Peint en mai 1968, Sur la verte prairie au lever du soleil est nettement imprégné de cette expérience, d'une part par son format vertical évoquant les rouleaux japonais, et d'autre part par le tracé d'un noir intense, qui n'est pas sans rappeler l'harmonie gracieuse des idéogrammes extrêmes orientaux. Dans la présente oeuvre, les taches de pigments purs répondent à l'application vibrante et délayée de la matière dans la partie basse, tandis que la finesse de la ligne fait pendant aux aplats bruts de couleurs qui divisent la composition. Ces derniers rappellent les grandes toiles des expressionnistes abstraits exécutées à la même époque par des artistes tels que Marc Rothko et Robert Motherwell, et auxquelles Miró est sensibilisé dès son premier voyage aux Etats-Unis en 1947. La découverte de la démarche esthétique de l'école américaine est pour le peintre catalan une révélation. Il est à souligner que cette admiration est réciproque, puisque de nombreux jeunes peintres outre-Atlantique, parmi lesquels Jackson Pollock, revendiquent l'influence de Miró.
A partir des années 1950, la peinture de Miró fait ainsi sans nul doute échos aux nouvelles tendances vibrantes et fascinantes de l'abstraction. Toutefois, les oeuvres des années 1960 et 1970, à l'instar du présent tableau, témoignent aussi de l'assurance d'un peintre conscient de sa maîtrise et convaincu de la justesse de sa démarche artistique. Son travail, pétri d'inspirations diverses comme celles évoquées plus haut, qui en assurent l'évolution, n'en demeure pas moins fidèle à une vision et une esthétique constantes, sans cesse perfectionnées. Comme le formule le célèbre biographe de l'artiste Jacques Dupin à l'occasion de la grande rétrospective de 1974 au Grand Palais: "Miró n'a pas renouvelé un style, il l'a approfondi et dépouillé avec parfois une insolente économie de moyens. [...] La palette restreinte, la thématique immuable ont favorisé, semble-t-il, la diversité des oeuvres dans leurs dimensions, leur proportion, leurs rythmes et sonorités, leur écriture. Elles ont en commun une note de gravité dans l'exubérance, et cette concentration d'énergie est toute aussi sensible dans les séries de toiles minuscules que dans un immense tableau" (Joan Miró, catalogue d'exposition, Paris, Grand Palais, 1974, p. 21). Sur la verte prairie au lever du soleil, exposé à la Fondation Maeght à Saint-Paul et à l'Antic Hospital de la Santa Creu à Barcelone, au sein de la rétrospective organisée à l'occasion des soixante-quinze ans du peintre, possède toute la puissance, la simplicité et la magie qui nous sont contées par Dupin.


In September 1966, Joan Miró made his first trip to Japan. He was fascinated by Japanese calligraphy techniques, which deeply and lastingly influenced his working methods. Sur la verte prairie au lever du soleil (On the green meadow at sunrise) is clearly steeped in this experience, both with its vertical format reminiscent of Japanese scrolls and the intense black lines evoking the gracious harmony of Far East ideograms. In this work, the strokes of pure pigments respond to the vibrant and diluted application of the medium in the lower section, while the fine lines contrast with the solid colours dividing the composition. These solid colours evoke the abstract expressionists' large canvases painted at the same period, by artists such as Mark Rothko or Robert Motherwell, which Miró had discovered during his first trip to the United States in 1947. The discovery of the American school's aesthetic approach was a revelation for the Catalan painter. It should be noted that this admiration was reciprocal, as many young American artists, among them Jackson Pollock, acknowledge Miró's influence on their own work.
From 1950 onwards, Miró's painting undoubtedly echoes the new, vibrant and fascinating trends of abstraction. However, the works of the 1960s and 1970s, as in the case of the present work, testify to the confidence of a painter aware of his command of his art and convinced of the relevance of his artistic approach. His work, with its multiple inspirations, as those mentioned above, which contributed to its evolution, still remains true to his consistent vision and the aesthetic approach which he ceaselessly perfected. As the artist's celebrated biographer Jacques Dupin wrote for the groundbreaking retrospective at the Grand Palais in Paris: "Miró hasn't renewed a style, he has explored it in depth and simplified it with a sometimes insolent economy of means [...] The limited palette, the unchanging themes have apparently favored the diversity of the works in their dimensions, their proportions, their rhythms and tones, their style. They all have a note of gravity in their exuberance, and this concentration of energy is as perceptible in the series of tiny canvases as in an enormous painting" (
Joan Miró, exhibition catalogue, Paris, Grand Palais, 1974, p. 21). Sur la verte prairie au lever du soleil, exhibited at the Fondation Maeght in Saint-Paul de Vence and at the Antic Hospital de la Santa Creu in Barcelona, during the retrospective organised for the artist's seventy-fifth birthday, has all the power, the simplicity and the magic described by Dupin.

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