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JOSEPH DUCREUX (NANCY 1735-1802 PARIS)
JOSEPH DUCREUX (NANCY 1735-1802 PARIS)
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‘Nul homme ne fut plus à la mode, plus recherché que le docteur Franklin : la foule courait après lui dans les promenades et les lieux publics (…).’ Elisabeth Vigée Le Brun, Souvenirs, Paris, 1986, II, p. 255-256.
JOSEPH DUCREUX (NANCY 1735-1802 PARIS)

Portrait de Benjamin Franklin, à mi-corps, en manteau bleu et col de fourrure

Details
JOSEPH DUCREUX (NANCY 1735-1802 PARIS)
Portrait de Benjamin Franklin, à mi-corps, en manteau bleu et col de fourrure
pastel sur papier (quatre bandes de papier ajoutées le long des bords), marouflé sur toile et monté sur châssis, ovale
72 x 57,5 cm. (28 3/8 x 22 5/8 in.)
Provenance
Probablement Salon de la Correspondance, 1782; Nouvelles de la république des lettres et des arts, 19 juin 1782, p. 179, no. 16 'Le Portrait de M. Franklin, peint au pastel, par M. Ducreux. Du cabinet d'un Particulier'.
Literature
Probablement J. Ingamells, National Portrait Gallery. Mid-Georgian Portraits 1760-1790, Londres, 2004, p. 173, sans numéro.
N. Jeffares, Dictionary of Pastellists before 1800, version en ligne consultée le 22 juin 2020, no. J.285.373.
Post Lot Text
--ENGLISH TRANSLATION--


JOSEPH DUCREUX (NANCY 1735-1802 PARIS)
Portrait of Benjamin Franklin, bust-length, wearing a blue, fur-lined coat
pastel on paper (four strips of paper added along the edge), laid down on canvas, on a stretcher, oval
72 x 57,5 cm. (28 3/8 x 22 5/8 in.)

Long but erroneously attributed to Jean-Baptiste Greuze, this moving and well preserved portrait of the great American politician, diplomat and scientist Benjamin Franklin, this work can now be reidentified with the created painted in 1777 by Joseph Ducreux, one of the outstanding pastellists and portraitists of the French eighteenth century. A true polymath, Franklin, who among invented the lightning rod among other things, and who was a great defender of the French-American alliance, arrived in France in 1776, where until 1785 he represented the young Republic of the United States of America, which had just declared itself independent from the United Kingdom. His main mission was to negotiate an alliance with the French, and he became immediately and widely popular and celebrated in the salons of Paris, where the greatest portraitists of the time vied for the honour of depicting him.

Ducreux probably met Franklin thanks to his connection to his colleague Maurice-Quentin de La Tour, himself a friend and neighbor in Arcueil of Anne-Catherine de Ligniville Helvétius, whose famous salon welcomed many of the major political, philosophical and artistic figures of the day, and where Franklin had become a guest of honour. According to duke Emmanuel de Croÿ, ‘he was a very tall and handsome man, with long white hair, who wore everywhere a hat like a Quaker; in addition, he almost always wore large spectacles, without which he never had been able to see’. In the present pastel, the striking ambassador of the New World proudly displays these differences in his appearance, soberly clothed and not donning the powdered wigs worn by all courtiers at Versailles. A work of great naturalism, the coloured touches of pastel in the face subtly remind the viewer of the passage of time. It may be the only known portrait of Franklin where he is represented with his glasses, with the exception of one by Anne-Rosalie Filleul (1753-1794), which shows him leaning on a desk, with the glasses in front of him (private collection, France; see J. Ingamells, op. cit., p. 173).

According to Neil Jeffares, two other versions of the present portrait exist: one, on canvas, considered a replica by Ducreux at the American Philosophical Society in Philadelphia (inv. 58.P.2, previously attributed to Amédée Van Loo; see Jeffares, op. cit., no. J.285.375), the other considered a copy, at the Metropolitan Museum of Art (inv. 83.2.467, previously attributed to Greuze; see Jeffares, op. cit., no. J.285.376). Apart from Ducreux, Joseph-Siffred Duplessis and Jean-Baptiste Greuze are the two other major pastellists who portrayed the famous American. Duplessis did so on two occasions, the first time in a pastel titled ‘Portrait au collier de fourrure’ (portrait with fur collar), made and exhibited at the Salon in 1778, is closest to the present example; also of oval format, it shows its subject wearing a red coat lined with fur (fig. 1; Metropolitan Museum of Art, New York, inv. 32.100.132; see K. Baetjer, French Paintings in the Metropolitan Museum of Art from the Early Eighteenth Century Through the Revolution, New York, 2019, no. 59, ill.). The second is a pastel on vellum, drawn in 1779 and depicting Franklin in more modest attire, a grey coat against a grey background (New York Public Library, inv. 260052; see Baetjer, op. cit., fig. 59.2). Greuze’s pastel, made in preparation for an oil painting on canvas (Sotheby’s, New York, 30 January 1998, lot 120), is also oval and made in 1777, and show the sitter in clothes similar to that in Ducreux’ work (American Philosophical Society, Philadelphia; see Ingamells, op. cit., p 173).

Benjamin Franklin was also represented in sculpture by Jean-Antoine Houdon. A terracotta version, now at the Musée du Louvre (inv. RF349), was shown at the Salon of 1779, while the version in marble is at the Metropolitan Museum of Art (inv. 72.6). This bust inspired Jean-Honoré Fragonard for his portrait in brush and brown ink at the Art Institute de Chicago (inv. 1933.806). Portraits of Franklin became widespread from 1777 onward, mostly based on the pastel on vellum by Duplessis, such as the miniatures on ivory in delicate greytones by François Dumont (Ingamells, op. cit., p. 171, n. 7) and Lorenz Sparrgren (Christie’s, London, 18 December 1990, lot 65), or the painting by Joseph Wright of Derby (Royal Society, London; see Jeffares, op. cit., s.v. Dupplesis, p. 1). In addition, countless medals, prints, or snuff boxes and other depictions found an enthusiastic public (Visiteurs de Versailles. Voyageurs, princes, ambassadeurs 1682-1789, exhib. cat., Versailles, Château de Versailles, and New York, The Metropolitan Museum of Art, 2018, p. 216).

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Lionel Gosset
Lionel Gosset

Lot Essay

Longtemps attribué à tort à Jean-Baptiste Greuze, cet émouvant portrait du diplomate américain Benjamin Franklin, d’une grande fraîcheur, retrouve aujourd’hui sa paternité. En effet, il fut peint en 1777 par Joseph Ducreux, grand virtuose du pastel et portraitiste du XVIIIe français. Philantrope, illustre scientifique – il invente le calorifère et le paratonnerre – et défenseur de l’alliance franco-américaine, Franklin arrive en France en 1776, où il représente jusqu’en 1785 la jeune République des Etats-Unis d'Amérique, qui tente de se libérer de la domination anglaise. Franklin a pour mission de négocier une alliance avec la France. Très populaire dès son arrivée, véritable coqueluche des salons parisiens, les plus grands artistes de l’époque s’empressent de le portraiturer.
Ducreux rencontre Franklin probablement grâce à ses relations avec Maurice-Quentin de La Tour, lui-même ami et voisin à Auteuil d’Anne-Catherine de Ligniville Helvétius, dont le célèbre Salon compte les plus importantes personnalités politiques, philosophiques et artistiques de l’époque et où Franklin a une place d’honneur. D’après le duc Emmanuel de Croÿ, ‘c’était un très grand homme, de la plus belle figure, aux longs cheveux blancs, portant partout dehors un bonnet de peau, avec la tournure d’un quaker ; de plus ayant presque toujours sur le nez de grosses bésicles, sans lesquelles il n’avait jamais pu voir’. Dans le présent pastel, ce délégué du nouveau monde cultive semble-t-il sa différence, sobrement vêtu et toujours avec sa chevelure libre à l’inverse des perruques poudrées qui coiffaient tous les courtisans de Versailles. Œuvre d’un grand naturalisme, les touches de pastels multicolores sur son visage permettent de représenter les signes de son âge avancé avec beaucoup de subtilité. C’est sans doute l’un des seuls portraits connus où le diplomate porte ses lunettes, hormis le tableau d’Anne-Rosalie Filleul (1753-1794), qui le représente accoudé devant son bureau, avec ses lunettes posées sur la table (collection particulière, France ; voir Ingamells, op.cit., 2006, p. 173).

Selon Neil Jeffares, il existerait deux autres versions du présent portrait, l’une sur toile considérée comme une réplique de Ducreux et conservée à l’American Philosophical Society de Philadelphie (inv. 58.P.2, anciennement attribué à Amédée Van Loo ; voir Jeffares, op. cit., consulté le 22 juin 2020, no. J.285.375). Et l’autre mentionnée comme une copie au Metropolitan Museum of Art de New York (inv. 83.2.467, anciennement attribué à Greuze ; voir Jeffares, op.cit., no. J.285.376). Avec Ducreux, Joseph-Siffred Duplessis et Jean-Baptiste Greuze sont les deux autres grands pastellistes français à avoir portraituré le célèbre patriote américain. Duplessis à deux reprises, le premier pastel, appelé Portrait au collier de fourrure, exécuté et présenté au Salon en 1778, est sans aucun doute le plus proche du présent portrait : également de format ovale, il représente le modèle vêtu d’un manteau rouge orné d’un col de fourrure (Fig. 1 ; The Metropolitan Museum of Art, inv. 32.100.132 ; voir K. Baetjer, French Paintings in The Metropolitan Museum of Art from the Early Eighteenth Century through the Revolution, New York, 2019, no. 59). Le second, un pastel sur parchemin, dessiné en 1779, représente l’homme politique vêtu beaucoup plus simplement d’un habit gris sur un fond gris (New York Public Library, inv. 260052 ; voir Baetjer, op. cit., fig. 59.2). Quant au pastel de Greuze, préparatoire à une huile sur toile (Sotheby’s, New York, 30 Janvier 1998, lot 120), également de forme ovale et réalisé en 1777, il présente le modèle dans un costume similaire à celui de Ducreux, manteau bleu ourlé de fourrure et chemise blanche au jabot (American Philosophical Society, Philadelphie ; voir Ingamells, op. cit., p 173).

Benjamin Franklin figure également dans la galerie des grands hommes portraiturés par Jean-Antoine Houdon. La terre cuite conservée au musée du Louvre (inv. no. RF349) fut présentée au Salon de 1779 et le marbre se trouve aujourd’hui au Metropolitan Museum of Art (inv. no. 72.6). De ce buste sculpté, Jean-Honoré Fragonard s’inspira pour réaliser un délicat portrait dessiné au pinceau et lavis brun conservé à l’Art Institute de Chicago (inv. 1933.806). Dès 1777, son iconographie est assez largement diffusée. Les portraits de Benjamin Franklin sont le plus souvent réalisés en prenant modèle sur le pastel sur parchemin de Duplessis, réalisé dans un délicat camaïeu de gris, à l’image des miniatures sur ivoire de François Dumont (Ingamells, op. cit., p. 171, n. 7) et Lorenz Sparrgren (Christie’s, Londres, 18 décembre 1990, lot 65) et du tableau de Joseph Wright of Derby (Royal Society, Londres ; voir Jeffares, op. cit., version en ligne, s.v. Duplessis, p. 1), sans compter les médailles, les gravures ou encore les tabatières en écaille de tortue qui furent diffusées dès le XVIIIe siècle (Visiteurs de Versailles. Voyageurs, princes, ambassadeurs 1682-1789, cat. exp., Versailles, Château de Versailles, New York, Metropolitan Museum of Art, 2018, p. 216).

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