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KAZUO SHIRAGA (1924-2008)
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KAZUO SHIRAGA (1924-2008)

Chigakusei Tekkyoshi

Details
KAZUO SHIRAGA (1924-2008)
Chigakusei Tekkyoshi
signé en Japonais et daté '1961' (en bas à droite); signé, daté et titré en Japonais 'Shiraga 1961' (au revers)
huile sur toile
130.5 x 194 cm.
Peint en 1961

signed in Japanese and dated '1961' (lower right); signed, dated and titled in Japanese 'Shiraga 1961' (on the reverse)
oil on canvas
51 3/8 x 76 3/8 in.
Painted in 1961
Literature
Shiraga, Dominique Lévy et Axel Vervoordt Gallery, Vérone, 2015, no. 25 (illustré en couleurs, pp. 92-93).
Exhibited
Labège, Centre national d'Art Contemporain Midi-Pyrénées; Toulouse, Musée d'Art Moderne et de la Création Contemporaine, Kazuo Shiraga, juin-septembre 1993, no. 15, p. 57.
New York, Dominique Lévy Gallery, Body and Matter: The art of Kazuo Shiraga and Satoru Hoshino, janvier-avril 2015.
Special Notice

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Brought to you by

Tudor Davies
Tudor Davies Responsable de le vente, Directeur du département Art Moderne

Lot Essay

« Je n’oublierai jamais ce jour d’automne où j’ai rencontré Shiraga dans le jardin du temple de Kyoto, et où il m’a donné deux objets que je conserve comme un trésor très cher : l’un pour contenir l’eau nécessaire à l’artiste, l’autre pour l’aider à concentrer son esprit. Avec ses pieds et ses traces de pas, ce sont là autant de symboles qui, dans le monde de l’art actuel, me semblent être d’une opportunité et d’une valeur essentielle. »

“I shall never forget that autumn day when I met Shiraga in the garden of the Kyoto temple, he gave me two objects that I keep as a precious treasure: one to hold the water the artist needs, the other to help concentrate the mind. With his feet and traces of footsteps, they are as many symbols, which seem essentially useful and opportune in the art world today.”

Antoni Tàpies

Les giclures et empâtements de peinture qui rythment la surface de Chigakusei Tekkyoshi sont les vestiges d’un combat opiniâtre, celui de Kazuo Shiraga face à la toile. Elle n’est plus posée sur un chevalet, mais à même le sol, et l’artiste ne peint plus au pinceau, mais avec ses pieds. Car ses mains, trop habiles, ne peuvent fournir l’énergie brute, violente et spontanée que recherche l’artiste japonais : « Je voulais que l'être humain que je suis dégage une énergie si considérable qu'elle ne saurait être celle d'un seul individu. Faire une déchirure unique et totale dans l'éther où rien n'existe. Quelque chose où tout art et toute matière soient invisibles » (cité in Y. Atsuo, M. Tiampo et F. de Mèredieu, GUTAI, Moments de destruction, Moments de beauté, Paris, 2002, p. 82).
Alors, depuis 1954, Shiraga s’adonne à une danse qui prend des airs de rixe. Arrimé à une corde suspendue au plafond, l’artiste imprime sur la toile les mouvements endiablés de ses pieds nus glissant sur la matière. Dans Chigakusei Tekkyoshi un noir de cendres s’élance vers le coeur de la toile, balancé par une déclinaison de teintes chaudes, du carmin au jaune-orangé terreux. Les pieds valsent et la matière s’agglutine, se mélange, forme un paysage de cimes et de sillons. Aux extrémités, des éclaboussures entachent le tissu immaculé, signalant l’empressement et la violence du geste.
Plus qu’une danse, Shiraga semble être entré dans une transe où l’esprit s’abandonne et ne contrôle plus rien. Un dialogue du spirituel et de la matière qui répond à l’esprit Gutaï (‘concret’ en japonais), groupe que le peintre a rejoint un an après sa création, en 1955. Son Manifeste incite à ‘faire vivre la matière afin de donner vie à l’esprit’. Membre actif de Gutaï à ses débuts, Shiraga demeure le plus connu des peintres de cette avant-garde esthétique. En cause, sans nul doute, la modernité d’une démarche pourtant mûrie dans l’isolement du Japon de l’après-guerre : primauté de l’acte de peindre, à l’image d’un Pollock outre-Atlantique ou d’un Georges Mathieu en France ; jeu du corps comme outil, à l’image des ‘pinceaux vivants’ d’Yves Klein – son contemporain. Repéré dès 1958 par le critique et découvreur Michel Tapié, Shiraga expose à partir de 1962 à la Galerie Stadler, à Paris. Chigakusei Tekkyoshi, qui provient directement de la collection Stadler, est le marqueur d’un tournant décisif pour la carrière de l’artiste novateur : le début d’une longue collaboration et d’une amitié pérenne avec le galeriste Rodolphe Stadler, qui le hisse par-delà les limites du pays du Soleil- Levant.

The splatters and daubs of paint punctuating the surface of Chigakusei Tekkyoshi are the traces of an unrelenting battle, that of Kazuo Shiraga against the canvas. It is no longer placed on an easel, but directly on the floor, and the artist no longer paints with a brush, but with his feet. This is because his hands, being too skilful, cannot provide the raw, violent, spontaneous energy sought by this Japanese artist: “I wanted the human being that I am to release an energy so immense that it could not be the energy of just one individual. I wanted to make a unique, total rip in the ether where nothing exists. Something in which all art and all matter are invisible.” (Quoted in Y. Atsuo, M. Tiampo and F. de Mèredieu, GUTAI, Moments de destruction, Moments de beauté, Paris, 2002, p. 82).
And so, from 1954 onwards, Shiraga gave himself over to a dance that took on the semblance of a brawl. Secured to a rope suspended from the ceiling, the artist printed on the canvas the frenetic movements of his bare feet sliding across the material. In Chigakusei Tekkyoshi a cindery black hurtles towards the heart of the canvas, balanced by a range of warm hues, from carmine to earthy yellowish-orange. The feet dance and the material clumps, blends, and forms a landscape of peaks and troughs. At the outer edges, splatters sully the immaculate fabric, signalling the haste and violence of the movement.
Rather than dancing, Shiraga seems to be in a trance in which the mind opens up and is no longer in control of anything. This dialogue between mind and matter is very much in the spirit of Gutai (“concreteness” in Japanese), the group the artist joined a year after it was set up, in 1955. His Manifeste is an exhortation to “bring the material
to life in order to give life to the mind”. An active member of the Gutai group in its early days, Shiraga remains the best known of the artists of this aesthetic avant-garde. This doubtless had something to do with the modernity of an approach developed in the isolation of post-war Japan: the primacy of the act of painting, as with Pollock in the United States or Georges Mathieu in France; and the use of the body as a tool, as with the “living paintbrushes” of Shiraga’s contemporary Yves Klein. First spotted in 1958 by the critic and talent scout Michel Tapié, Shiraga exhibited from 1962 onwards at the Galerie Stadler, in Paris. Chigakusei Tekkyoshi, of direct provenance from the Stadler, marks a decisive turning point for this innovative artist’s career: the start of a long collaboration and lasting friendship with gallery owner Rodolphe Stadler, who hoisted him out of the confines of the Land of the Rising Sun.

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