MASQUE LIGBI, YANGALEYA 
A LIGBI MASK
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MASQUE LIGBI, YANGALEYA A LIGBI MASK

CÔTE D'IVOIRE

Details
MASQUE LIGBI, YANGALEYA
A LIGBI MASK
CÔTE D'IVOIRE
Hauteur : 29 cm. (11 ½ in.)
Provenance
Samir Borro, Bruxelles
Emile Deletaille, Bruxelles
Collection Musée Barbier-Mueller, Genève, inv. n° 1006-56
Collection princière privée, acquis auprès de ce dernier
Literature
Bravmann, R.A., Islam and Tribal Art in West Africa¸ Cambridge, 1974, p. 163, n° 76
Lehuard, R., Arts d'Afrique Noire, n° 13, Arnouville, printemps 1975, publicité Deletaille
Lehuard, R., Arts d'Afrique Noire, n° 36, Arnouville, hiver 1980, publicité Deletaille
Berjonneau, G. et al., Rediscovered Masterpieces of African Art, Boulogne, 1987, p. 133, n° 82
Berjonneau, G. et al., Chefs-d'œuvre inédits de l'Afrique Noire, Boulogne, 1987, p. 133, n° 82
Berjonneau, G. et al., Onbekende meesterwerken uit Zwart Afrika, Tielt, 1987, p. 133, n° 82
Schmalenbach, W.A., Afrikanische Kunst aus der Sammlung Barbier-Mueller, Genf, Munich, 1988, p. 93, n° 33
Meyer, L., Afrique noire. Masques, Sculptures, Bijoux, Paris, 1991, p. 72
Barbier, J.P. et al., Arts de la Côte d'Ivoire dans les collections du Musée Barbier-Mueller, Genève, 1993, vol. I, pp. 126-127 n° 132-133 et vol. II, p. 55, n° 78
Hahner-Herzog, I. et al., L'autre visage. Masques africains de la collection Barbier-Mueller, Genève, Paris, 1997, pp. 248-249, n° 57
Exhibited
Bruxelles, Palais des Beaux-Arts, XXe Foire des Antiquaires de Belgique, 30 avril - 15 mai 1975
Düsseldorf, Kunstsammlung Nordrhein-Westfalen, Afrikanische Kunst aus der Sammlung Barbier-Mueller, Genf, 27 février - 10 avril 1988
Francfort-sur-le-Main, Schirn Kunsthalle Frankfurt, Afrikanische Kunst aus der Sammlung Barbier-Mueller, Genf, 4 juin - 14 août 1988
Munich, Haus der Kunst, Afrikanische Kunst aus der Sammlung Barbier-Mueller, Genf, 17 décembre 1988 - 19 février 1989
Genève, Musée Rath, Afrikanische Kunst aus der Sammlung Barbier-Mueller, Genf, 15 mars - 15 mai 1989
Munich, Haus der Kunst, L'autre visage. Masques africains de la collection Barbier-Mueller, Genève, 14 février - 27 avril 1997
Allemagne, Bielefeld, Kunsthalle Bielefeld, L'autre visage. Masques africains de la collection Barbier-Mueller, Genève, 15 mai - 3 août 1997
Luxembourg, Banque Générale du Luxembourg (BGL), L'autre visage. Masques africains de la collection Barbier-Mueller, Genève, 1er septembre - 30 octobre 1997
Tervuren, Musée royal de l'Afrique centrale, L'autre visage. Masques africains de la collection Barbier-Mueller, Genève, 29 mai - 13 septembre 1998
Paris, Mona Bismarck American Center, L'autre visage. Masques africains de la collection Barbier-Mueller, 21 septembre - 28 octobre 1999

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Victor Teodorescu
Victor Teodorescu Head of Sale, Specialist

Lot Essay

Inoubliable et unique en son genre, ce masque Ligbi se distingue comme étant l’un des masques les plus raffinés de la région de Bondoukou en Côte d’Ivoire. Un visage humain dépourvu de nez est surmonté d’un grand bec d’oiseau, créant une juxtaposition spectaculaire presque surréaliste d’éléments anthropomorphes et zoomorphes qui s’épousent harmonieusement. D’un point de vue anthropologique, ce masque exceptionnel se distingue par le fait qu’il ait été utilisé exclusivement par des groupes musulmans mandéens dans la région de Bondoukou, réfutant l’hypothèse largement répandue selon laquelle l’aniconisme de l’Islam, notamment l’interdiction de représentations figuratives, excluait l’existence des traditions du masque.

L’explorateur français Louis Tauxier fut l’un des premiers à décrire les cérémonies Do dans son livre Le Noir de Bondoukou publié en 1921. Selon Tauxier, des Diula de Bondoukou célébraient la fin du Ramadan par des danses masquées publiques tous les soirs durant sept jours après la rupture du jeûne. René A. Bravmann a observé des performances similaires parmi les groupes Ligbi voisins en 1966-1967, partageant la même atmosphère festive et le même caractère public où les femmes et les enfants étaient présents pendant les danses (Bravmann, R., Islam and Tribal Art in West Africa, Cambridge, 1974, pp. 147-172). La fin du jeûne, long et difficile, était attendue avec impatience. L’apparition des masques Do, tenus à l’écart par les dirigeants musulmans le reste de l’année, symbolisait de façon dramatique la rupture du jeûne et marquait une période de gaieté et de soulagement au sein de la communauté.

Cet élégant masque combine harmonieusement un visage humain et le bec pointu et puissant du calao (Yangaleya). Parmi les masques les plus populaires, les calaos comme celui-ci se manifestaient à la toute fin des célébrations, seuls ou en couple. Les spectateurs appréciaient l’élégance des mouvements du danseur et étaient rassurés par le caractère bienveillant et positif symbolisé par ces beaux oiseaux. Yangaleya a été honoré à travers des formes délicates car c’était un oiseau que les Diula et les Ligbi admiraient. L’oiseau, par son comportement et sa vie familiale, était considéré comme exemplaire et comme un paradigme de l’existence humaine. Les Ligbi attachaient une grande importance à cet oiseau, le considérant comme l’un des premiers animaux mythiques à avoir été créés au temps primordial. Ce sont de grands oiseaux qui avaient tendance à se promener, comme les hommes, lorsqu’ils sont apparus à la périphérie du village. Le sens de la famille manifesté par les calaos s’affirmait à chaque fois que le Yangaleya jouait en binôme car ils dansaient si près l’un de l’autre, dans une harmonie absolue, qu’on était constamment conscient du lien intime qui existait entre eux.

Soigneusement peint, à la patine superbe, ce masque particulier de calao faisait autrefois partie de l’ensemble des masques de la ville de Bondo-Dioula au Nord-Ouest de Bondoukou. René A. Bravmann a photographié ce masque dans le village Ligbi en 1967. Il a été repeint peu de temps après, comme c’était généralement le cas. Les masques devaient être constamment rafraîchis car la peinture protégeait la surface tout en participant à son embellissement. René A. Bravmann (op. cit., p. 163, fig. 75) a photographié un second masque de calao Bondo-Dioula, durant l’année 1967. Ce masque, qui a disparu de la circulation, a été de toute évidence sculpté par le même artiste ; la seule différence étant que les oreilles et les décorations latérales sont bouchées. Les décorations gravées sur le visage de ces masques Do sont constituées de trois scarifications autour de la bouche. Les représentations de scarifications se retrouvaient couramment sur les hommes adultes Mandé de la région. Une combinaison frappante de teintes rouges, bleues et blanches remplissent les incisions présentes sur le masque. Des pigments identiques décorent également le bec, les oreilles, les yeux et les joues. Le plan du visage a une patine noire lustrée et lisse. Ce masque mythique fut longtemps une des icônes du musée Barbier-Mueller en Suisse. La forme inattendue de ce masque ivoirien, faisant référence à un oiseau, et ses couleurs (prédominance du noir rehaussé de couleurs vives) lui confèrent un aspect mystique qui participe à sa beauté.

One-of-a-kind and unforgettable, this Ligbi mask stands out as one of the most exquisite masks to come out of Ivory Coast’s Bondoukou region. A noseless human face is surmounted by an enormous bird’s beak, creating a spectacular, almost surrealist juxtaposition of human and zoomorphic elements harmoniously blending together. As well from an anthropological point of view this exceptional mask stands out, as it was used exclusively by Muslim Mande groups in the Bondoukou region, refuting the wideheld assumption that the aniconic attitudes of Islam, especially the prohibition of representational imagery, excluded the existence of mask traditions.

The French explorer Louis Tauxier was one of the first to describe the do masquerade in his 1921 book Le Noir de Bondoukou. According to Tauxier, the Diula of Bondoukou celebrated the conclusion of Ramadan with public and festive masked dances every evening for seven days after the breaking of the fast. René A. Bravman would observe similar performances among the neighboring Ligbi groups in 1966-67, sharing the same festive atmosphere and public character, women and children being present during the dances (Bravmann, R., Islam and tribal art in West Africa¸ Cambridge, 1974, pp. 147-172). The end of the month-long vast, a most difficult time, would be anxiously awaited. The appearance of the do masks, which were kept away by Muslim leaders the rest of the year, dramatically symbolized the breaking of the fast and signaled a period of gaiety and relief within the community.

This elegant do mask effortlessly blends a human face with the sharp and powerful beak of the hornbill (yangaleya). Among the most popular of do masks, hornbills such as this one were often called upon to perform at the very end of the celebrations, either alone or in a pair. Spectators appreciated the elegance of the dancer’s movements and were reassured by the affirmative benevolent essence symbolized by these beautiful birds. Yangaleya was honored in exquisitely shaped masks for it was a bird that the Diula and Ligbi admired, a bird whose behavior and familial life were regarded as exemplary and a paradigm for human existence. The Ligbi attached great importance to this bird, considering it one of the mythical animals, as they were one of the first beings created in primordial times. These are large birds tended to stroll side by side, like people, when they appeared on the outskirts of town. The sense of family exhibited by hornbills was affirmed whenever yangaleya performed in pairs, for they danced so close to one another, and in such absolute harmony, that one was constantly aware of the intimate bond that existed between them.

Carefully painted, richly patinated, this particular hornbill mask once formed part of the suite of do masks at the town of Bondo-Dioula northwest of Bondoukou. René A. Bravmann photographed the mask in this Ligbi village in 1967. It was repainted not long after as was generally the case, for do masks had to be constantly renewed as the painting protected the surface but also beautified it. Bravmann (op. cit., p. 163, fig. 75) in 1967 photographed a second hornbill mask in Bondo-Dioula. This mask, whose present whereabouts are unknown, was clearly sculpted by the same artist, the only difference being the ears and side decorations being closed. Incised decorations on the face of these do mask consist of triple scarification patterns at the corners of the lips – a representation of the scarification marks commonly found on adult Mande males in the region. A striking combination of earth reds, blues, and whites fill in these incisions on the mask. Identical pigments also decorate the beak, ears, eyes and cheek decorations. The facial plane has a lush and smooth black finish.
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