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MASQUE LUBA
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MASQUE LUBA

RÉPUBLIQUE DÉMOCRATIQUE DU CONGO

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MASQUE LUBA
RÉPUBLIQUE DÉMOCRATIQUE DU CONGO
Haut. 51 cm (20 in.)
Provenance
Odette (1925-2012) et René (1901-1998) Delenne, Bruxelles
Lance et Roberta Entwistle, Londres
Collection Michel Périnet (1930-2020), Paris, acquis en 2006
Literature
Debbaut, J. et al., Utotombo. Kunst uit Zwart-Afrika in Belgish privé-bezit, Bruxelles, 1988, n° 215
Herreman, F. et Petridis, C., Face of the Spirits: Masks from the Zaire Basin, Anvers, 1993, plat recto et n° 162
Herreman, F., De vrienden van het etnografisch museum Antwerpen, Anvers, 1993, vol. 20, n° 2-3, 3e trimestre, n° 1
Petridis, C. et al., Fragments of the Invisible. The René and Odette Delenne Collection of Congo Sculpture, Cleveland, 2013, p. 13, fig. 4
Exhibited
Bruxelles, Palais des Beaux-Arts, Utotombo. Kunst uit Zwart-Afrika in Belgish privé-bezit, 25 mars - 5 juin 1988
Anvers, Etnografisch Museum, Het Gelaat van de Geesten: maskers uit het Zaïrebekken - Face of the Spirits: Masks from the Zaire Basin, 18 septembre - 31 décembre 1993
Washington, D.C., National Museum of African Art - Smithsonian Institution, Face of the Spirits: Masks from the Zaire Basin, 20 avril- 25 septembre 1994
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LUBA MASK, DEMOCRATIC REPUBLIC OF THE CONGO

Brought to you by

Alexis Maggiar
Alexis Maggiar African & Oceanic Art

Lot Essay

LE MYSTÈRE DU MASQUE D’HOMME-FAUVE
MASQUE LUBA (RÉGION DE MALEMBA-NKULU)
par Bernard Dulon

Selon la classification du Dr Julien Volper, ce chef-d’oeuvre de l’art luba relève de la catégorie des masques dits « d’homme-fauve » dont moins d’une dizaine d’exemplaires sont parvenus jusqu’à nous. Plusieurs hypothèses s’affrontent concernant leur fonction encore énigmatique.

Certains masques au visage peint ont pu jouer un rôle lors des initiations masculines. En effet, chez les Luba-Samba, différents protagonistes intervenaient lors des cérémonies d’initiation du mukanda. L’un d’entre eux, le kimungu, aux yeux cernés de rouge et de blanc, pouvait parfois porter un masque.

[…] Julien Volper replace ces masques dans le contexte rituel de la confrérie mbudye, que l’on peut définir comme gardienne de la mémoire et des traditions. En effet, grâce à d’anciennes photos de terrain, il put établir de troublantes similitudes entre les peintures faciales arborées par des membres de la société mbudye (appelée également mbulye ou mbuli) et les motifs incisés visibles à la surface du masque de la collection Périnet ainsi que sur un exemplaire analogue ayant appartenu à l’ancien Africana Museum de Johannesburg1.

Peu d’informations sont parvenues jusqu’à nous quant au rôle des masques au sein du mbudye, mais on sait par diverses sources qu’ils ont existé comme en témoignent des clichés de terrain pris à Kinda en 1951.

Pour Van Malderen et Tastevin, un masque représentant ou évoquant un « génie protecteur » est lié au mbudye. Ce masque, parfois nommé Kalilu Kanongo, était porté par le kikungulu, grand maître d’une loge du mbudye. Le kikungulu arborait son masque lors de l’initiation de nouveaux membres ou bien lorsque des anciens accédaient à un grade supérieur. Assis sur une peau de fauve il tenait en main une statuette dévolue à un autre esprit répondant au nom de Kalulu. Il faisait alors respirer aux postulants une poudre médicinale afin de les faire tomber en syncope et subir ainsi une mort symbolique.

Si le chercheur demeure circonspect quant à son exacte fonction rituelle, l’esthète ne peut qu’admirer cette oeuvre exceptionnelle qui toise le monde des simples humains avec une morgue insolente. L’acuité de son regard, le dédaigneux rictus de ses lèvres, le somptueux décor incisé rehaussé de kaolin blanc, l’élégance même de son gorgerin et sa superbe patine lui confèrent un rang premier dans le corpus très restreint des anciens masques du pays luba. Sans altermoiement et sans mystère enfin, la rareté insigne et les indéniables qualités plastiques de ce joyau de la collection Delenne lui firent prendre avec bonheur sa place au sein de l’admirable ensemble réuni par Michel Périnet.

1On doit ici remarquer que les motifs ornant le masque de Johannesburg diffèrent quelque-peu de celui de la collection Périnet et dénotent des influences iconographiques plus méridionales. Ainsi les motifs carrés sont très similaires à ceux que les Tshokwe et groupes voisins appellent manda a mbaci (l’écaille de la tortue). Ce détail n’est en soit pas surprenant car, comme l’a demontré Julien Volper, l’origine ou l’inspiration de ces masques d’homme-fauve luba serait à rechercher en dehors de leur aire culturelle, notamment en Zambie (cf. bibliographie)1

THE MYSTERY OF THE BEAST-MAN MASK
LUBA MASK (MALEMBA-NKULU REGION)
by Bernard Dulon

According to the classification of Dr Julien Volper, this masterpiece of Luba art belongs to the category of “beast-men” of which fewer than ten examples have been recovered. Several theories clash over their enigmatic function.

Certain masks with painted faces could have played a role in men’s initiatory rituals. Indeed, the Luba-Samba held mukanda initiation ceremonies involving various protagonists. One of them, the kimungu, with red-and-white rings around the eyes, could sometimes wear a mask.

[…] Julien Volper prefers to place these masks in the ritual context of the mbudye fraternity, which can be considered the guardian of memory and traditions. Indeed, thanks to ancient photos taken in the field, he has been able to establish disconcerting similarities between the facial painting worn by members of the mbudye society (also called mbulye or mbuli) and the chiselled designs visible on the surface of the mask from the Périnet collection, as well as on an analogous example that belonged to the former Africana Museum of Johannesburg1.

We have little information about the role of masks among the mbudye, but we know through various sources that they did exist, as shown in photographs taken in the field, in Kinda, in 1951.

For Van Malderen and Tastevin, a mask representing or evoking a “protective genie” is related to the mbudye. The mask, sometimes referred to as Kalilu Kanongo, was worn by the kikungulu, the great master of a mbudye lodge. The kikungulu would wear his mask during the initiation of new members or when existing members were promoted to higher ranks. Seated on an animal skin, he would hold a statuette in his hand dedicated to another spirit named Kalulu. He would then have the applicants inhale a medicinal powder that would make them faint, thus dying a symbolic death.

While researchers remain cautious about its exact ritual function, aesthetes can only admire this exceptional work, which frowns down on mortal humans with insolent arrogance. The severity of its gaze, the disdainful grimace of its lips, and its opulent chiselled decoration adorned with white kaolin - the very elegance of its throat piece and its superb patina - place it among the foremost pieces of the very limited corpus of ancient masks from Luba country. Without hesitation and at last without mystery, the signature rarity and undeniable plastic qualities of this treasure from the Delenne collection earn it a deserving place in the admirable collection assembled by Michel Périnet.

1It must be said that the designs adorning the Johannesburg mask are somewhat different from the one from the Périnet collection, denoting more southerly iconographic influences. Indeed, the square designs are very similar to the ones that the Tshokwe and neighbouring groups call manda a mbaci (tortoiseshell). This detail is not surprising in itself, because as Julien Volper demonstrated, the origin or inspiration of these Luba “beast-man” masks could be found outside their cultural area, and namely in Zambia (cf. bibliography)1

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